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CHANGEMENT CLIMATIQUE-CARAIBES: Besoin de mesures d’adaptation peu coûteuses

    By Patricia Grogg

    LA HAVANE, 9 mai (IPS) – En raison des événements météorologiques extrêmes dus au changement climatique comme une montée du niveau de la mer et des orages de plus en plus intenses alternant avec la sécheresse, les nations insulaires des Caraïbes sont confrontées au défi d'adopter des mesures d'adaptation qui pourraient être trop coûteuses pour leurs budgets.

    Dans les petites îles des Caraïbes, il y a des populations vulnérables qui sont confrontées aux conséquences sans précédent de ces phénomènes, a déclaré Christopher Field du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui a publié son dernier rapport le 28 mars.Un message important provenant du rapport est que des investissements coûteux ne sont pas nécessaires pour atténuer les effets des événements météorologiques extrêmes; il existe d'autres façons de faire face aux effets qui n’impliquent pas d’importantes dépenses sur les infrastructures, a-t-il dit à IPS.Cette clarification est importante parce que les fonds pour l'adaptation aux changements climatiques sont rares dans cette région, a ajouté l'expert, qui co-préside le Groupe de travail II du GIEC: Impacts, adaptation et vulnérabilité.Le GIEC, qui a été créé en 1988, a publié quatre rapports d'évaluation détaillés examinant la dernière science climatique, et a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour ses "efforts visant à renforcer et vulgariser des connaissances plus grandes sur les changements climatiques causés par l'Homme, et à jeter les bases pour les mesures nécessaires pour contrer de tels changements".Field était à La Havane pour participer à un atelier organisé pour divulguer les résultats du "Rapport spécial sur la gestion des risques d'événements extrêmes et catastrophes pour faire progresser l'adaptation aux changements climatiques" du GIEC, produit comme un outil pour l'élaboration de politiques d'adaptation au climat.Selon des statistiques fournies au cours de l’atelier organisé du 18 au 19 avril, la montée du niveau de la mer pourrait conduire à une réduction de la superficie des îles des Caraïbes et avoir un impact négatif sur les infrastructures, notamment les aéroports, les routes et les villes capitales, qui ont tendance à être situées près de la côte.Plus de la moitié de la population dans la région vit à moins de 1,5 kilomètre de la côte. Ian King, un expert originaire de la Barbade à l’Initiative de réduction des risques de catastrophes dans les Caraïbes du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD CRMI), a affirmé que le premier défi est d'évaluer les menaces, afin de décider des politiques d'adaptation les plus appropriées.King a indiqué à IPS qu’une recherche sur la gestion des zones côtières et des écosystèmes marins a été réalisée à la Barbade, et que c'est maintenant une question d'investir dans ces domaines afin de protéger non seulement les espèces, mais aussi la population et les infrastructures, facilitant l'accès aux informations qui aident à évaluer la meilleure façon de gérer les risques de catastrophe.L’une de ces manières, c’est de modeler différents scénarios de risque d'orages violents et leur impact sur les zones côtières, a expliqué King. De meilleures politiques d'adaptation peuvent être définies sur cette base plus scientifique, a-t-il ajouté, affirmant que la décision de savoir s’il faut se retirer ou non des zones à risque dépend en grande partie des communautés elles-mêmes.Même s'il est clair que l'adaptation aux changements climatiques est un besoin pressant, il y a un problème de financement pour les programmes dans des pays à économies faibles comme les îles des Caraïbes.

    "Ce sont précisément les secteurs à faible revenu qui sont les plus vulnérables à ces problèmes", a déclaré à IPS, Beat Schmid, directeur d'Oxfam à Cuba.Il a indiqué que le financement des programmes d'adaptation dans les pays en développement par ceux qui ont causé le réchauffement de la planète était une question de "justice climatique".Il y a un large consensus scientifique selon lequel l'augmentation des températures moyennes mondiales est due aux gaz à effet de serre libérés dans l'atmosphère par des activités humaines, principalement dans les pays industrialisés.Schmid a souligné que dans les négociations internationales, Oxfam et d'autres organisations préconisent la création d'un fonds mondial de 100 milliards de dollars chaque année pour financer l'adoption de mesures concrètes d'adaptation."Il existe aussi d'autres mécanismes sur la table, tels qu’une taxe sur les transactions financières et une taxe sur les billets d'avion", a-t-il indiqué.La capacité des nations en développement à entreprendre des mesures d'adaptation est limitée, a ajouté l'expert d'Oxfam, une confédération internationale de 14 organisations qui travaillent avec plus de 3.000 partenaires dans plus de 100 pays pour trouver des solutions durables à la pauvreté.Selon Schmid, Cuba est un symbole de ce qui peut être réalisé. Mais il a précisé que c'est un pays avec un Etat fort dont les politiques sociales atteignent les zones les plus reculées, et qui a constamment investi dans le capital humain.Il a également mentionné que ce pays a réalisé des programmes à grande échelle et à long terme axés sur les sources d'eau et les forêts, par exemple, qui ont commencé à être mis en œuvre il y a des années, non pas avec l'idée d'adaptation, mais pour réduire les risques tels que la pénurie d'eau et la désertification – des problèmes qui sont aggravés par les changements climatiques."Mais beaucoup de pays ne disposent pas de ces forces, ou le niveau de pauvreté est si élevé que les gouvernements ne peuvent même pas penser aux programmes d'adaptation aux changements climatiques", a-t-il souligné. "Même dans le cas de Cuba, les besoins dépassent de loin les possibilités de financement de ces programmes".

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