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CHANGEMENT CLIMATIQUE: La controverse couve au sujet d’un projet d’adaptation

    By Helda Martínez

    CARTAGENA, Colombie, 1 mars (IPS) – Un ambitieux programme de travaux d'infrastructures pour maîtriser les risques de changement climatique à Cartagena de Indias, une ville sur la côte caraïbe dans le nord de la Colombie, a suscité la controverse, avec les autorités prédisant des avantages tandis qu’une partie de la population affectée émet des critiques.

    Des plans d'adaptation aux changements climatiques à Cartagena ont d'abord été présentés en 2004, et continuent d’évoluer malgré des voix qui s’étaient élevées en signe de protestation. Alors que les autorités approuvent ces plans, beaucoup d’habitants expriment leurs doutes.

    Ce que les deux côtés ont en commun, c’est leur intérêt commun pour la réduction des effets négatifs des changements climatiques, qui entraînent une montée du niveau de la mer estimée à entre deux et cinq millimètres par an.

    Les experts estiment que les eaux côtières à Cartagena de Indias ont augmenté d’un niveau situé entre 15 et 22 centimètres au cours des 100 dernières années, et que d’ici à 2100, elles monteront encore de 80 cm, voire d’un mètre.

    "Ces changements se sont produits plus soudainement il y a huit ans, lorsqu’il y avait des pluies plus fortes, des houles plus grandes, des ouragans récurrents, des inondations et des vagues de chaleur, avec des changements conséquents de l’environnement", a déclaré à IPS, Francisco Castillo, un biologiste marin et conseiller du secrétariat de la Planification de Cartagena de Indias.

    Initialement intitulé "Intégrer l'adaptation aux changements climatiques dans l’urbanisme à Cartagena de Indias", le plan bénéficie du soutien du gouvernement local et est coordonné par le ministère de l'Environnement, de l'Habitat et de l'Aménagement du Territoire, l'Institut de recherche marine et côtière (INVEMAR) et le Réseau de connaissances sur le climat et le développement (CDKN), une alliance internationale d'organisations.

    Les projets de construction pour protéger la ville des caprices du temps comprennent neuf digues, cinq brise-lames et deux barrières contre les inondations, dont plusieurs sont déjà en cours de construction.

    Mais l'initiative la plus impressionnante et la plus importante est l'élargissement de la 'Santander Avenue', qui traverse la ville, et l'installation d'un principal pipeline sous-marin d’écoulement, qui remplacera 30 canalisations d'eaux usées qui sont utilisées actuellement.

    Des avantages du tourisme?Capitale de la province septentrionale de Bolívar, Cartagena abrite près d'un million de personnes sur une superficie de 709 kilomètres carrés. Elle a un littoral de 48,7 kilomètres sur la mer des Caraïbes et son économie repose sur l’industrie des produits chimiques, le commerce, les zones franches et en particulier sur le tourisme.

    La gamme variée d'hôtels, le contraste entre le centre colonial, avec son mur défensif, et la ville moderne avec ses gratte-ciels, et son évocation par des artistes de renom comme l'écrivain Gabriel García Márquez et le peintre Alejandro Obregón, sont quelques-uns des éléments qui font de cette ville une attraction de choix pour des milliers de touristes nationaux et étrangers.

    Mais son aura en tant que centre touristique international cache en partie les disparités sociales et économiques absolues de la cité. L’extrême pauvreté d'une grande proportion de la population est en contraste choquant avec la minorité riche, qui mène un mode de vie très grande consommation.

    "Les phases de construction et d'exploitation du projet créeront des emplois pour la population à faible revenu, fournissant une meilleure qualité de vie", a affirmé Castillo.

    Des ouvriers sont maintenant nécessaires pour ces projets d'adaptation au climat. Dans beaucoup de cas, les emplois iront aux pêcheurs, qui seront formés dans les travaux de construction et recevront un salaire régulier, en principe pendant quatre ans, leur offrant une sécurité plus grande que ne peut assurer la pêche artisanale.

    Le pipeline provoque la division

    Les contradictions entre la sécurité du travail et les questions environnementales sont très visibles dans le village de Punta Canoa, à 21 kilomètres du centre-ville de Cartagena, le terminal prévu du pipeline sous-marin d’écoulement des eaux usées de la ville.

    "Depuis sept ans, la plupart d'entre nous protestent, parce que nous ne voulons pas que le pipeline d’écoulement soit installé ici, et j’éprouve toujours le même sentiment", a indiqué à IPS, Ramiro Ramírez, un pêcheur de 54 ans, dans sa maison à Punta Canoa.

    "Je proteste parce que je connais la mer, et je sais que les courants ramèneront les matières fécales sur la terre. L'odeur est déjà insupportable. Mais beaucoup de gens qui, à un moment donné, sont même devenus violents avec les travailleurs d’ACUACAR (Le Service des eaux de Cartagena), ont maintenant un emploi, ou abandonné l'une des 12 barques de pêche. Personne ne dit rien maintenant", s'est plaint Ramírez.

    IPS a confirmé la version de Ramírez au sujet de la situation. Il est le seul à avoir protesté par rapport au dernier projet. Ce portier chez ACUACAR, un homme de la région, vêtu d’un uniforme, était très direct: "Je ne peux pas parler parce que je travaille ici maintenant".* Cet article a été initialement publié par des journaux latino-américains qui font partie du réseau Tierramérica. Tierramérica est un service spécialisé d’informations produit par IPS avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement, du Programme des Nations Unies pour l'environnement et de la Banque mondiale.

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