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CHANGEMENT CLIMATIQUE: La ville construite par l'apartheid devient verte

    By Lee Middleton

    ATLANTIS, Afrique du Sud, 16 déc (IPS) – Quelque chose d’inhabituel se produit à Atlantis. Créée dans les années 1970 pour répondre au programme du régime d’apartheid pour expulser les Sud-Africains "de couleur" du Cap, Atlantis a toujours été connue comme la ville construite par l'apartheid.

    Mais dans cette nouvelle ère d’inquiétude sur le changement climatique, cette création sud-africaine, à cet endroit, d’abord écologique et à haut rendement énergétique sur le développement des logements sociaux, peut finalement remplacer cet héritage obscur.Initiée par la Ville du Cap, le projet vise à construire des "maisons écologiques" pour 2.400 familles à Witsands, le quartier le plus pauvre d'Atlantis, et des maisons pour la majeure partie de la minorité des gens d’Atlantis qui parlent la langue Xhosa. La ville espère que le projet deviendra une référence nationale pour une vie durable dans les développements de logements sociaux.Etant une partie du Programme national de reconstruction et de développement (RDB) qui a promis des logements pour chaque Sud-Africain, une collaboration avec la société d'ingénierie 'PEER Africa', les universités du Cap et de Johannesburg, Eskom (une société d’électricité), et plusieurs ONG, a permis de livrer 800 maisons écologiques depuis son démarrage en 2005.Aménagées sur une grille orientée vers le nord, les maisons à haut rendement énergétique utilisent le "Energy and Environmentally Cost Optimized" (Modèle de développement d’installations humaines à coût optimisé sur les plans énergétique et environnemental), conçu par 'PEER Africa'.Selon cette conception, toutes les unités disposent d'une grande fenêtre orientée vers le nord (permettant au faible soleil d'hiver d’apporter de la chaleur), un toit surplombant qui protège contre le fort soleil d'été, et l'isolation, en particulier au niveau des plafonds, qui conservent les températures plus chaudes ou plus froides à l'intérieur.

    Ramenez ce que vous avez emporté

    "Au début, il était très difficile de le faire comprendre aux gens", a rappelé Fundiswa Makeleni, 34 ans et membre de la communauté, embauchée par 'PEER Africa' pour informer ses voisins sur le nouveau concept. "Mais quand je les ai amenés dans les maisons témoins pour le sentir… ils ont tous aimé".L’adhésion de la communauté était vitale pour la réussite, puisque les plans vont au-delà de l’orientation nord-sud et des grandes fenêtres. D'autres actions "d’écologisation", comme la fourniture d’arbres, d'arbustes et de couverture végétale, seraient également de la partie, mais elles nécessitent un entretien continu."Nous devons ramener ce que nous avons emporté", a déclaré Beth Basset, membre des Communautés vertes, l'ONG qui aménage des paysages pour la construction des maisons, ainsi que des jardins alimentaires et d’autres espaces verts comme les parcs et les terrains de jeux.Comme beaucoup de développements de logements du Cap occidental, Witsands a été construit sur des dunes de sable. Des vents forts et des températures extrêmes – exacerbés dans un environnement défriché – constituent la norme."Ils avaient enlevé tout un écosystème, construit des maisons là, et sont partis. Il n'y avait aucun tablier de compactage autour des maisons. Les vents viendraient enlever tout le sable et laisser les fondations exposées jusqu'à un mètre", a observé Basset à propos des autres développements du RDB.Avec un retard national de plus de deux millions de maisons RDB, l'impact de la création d'un modèle à haut rendement énergétique qui promeut les moyens de subsistance durable pourrait être énorme."De la perspective du changement climatique, il s'agit de remplacer les écosystèmes, la stabilisation des sols, la conservation de l'eau et le recyclage. Nous avions besoin de construire un modèle pour livrer immédiatement de l’écologisation", a affirmé Basset.Existence durable, sauver des vies

    "Nous sommes ici les plus pauvres des pauvres. Mais nous utilisons la nature pour refroidir et réchauffer notre maison. Nous avons des panneaux et des geysers solaires, nous économisons donc de l’énergie. Chaque ménage n'utilise maintenant pas plus de 50 rands pour l’électricité par mois", a déclaré Makeleni.La deuxième phase du projet, qui a débuté en 2010 et qui vise à construire 1.835 unités (350 ont déjà été livrées), a ajouté des geysers solaires, des modules photovoltaïques pour l'éclairage et la charge des téléphones portables, et des systèmes de récupération des eaux de pluie.Makeleni appartient à un groupe de femmes créé sur la base des économies qu'elles font à partir de l'énergie et du carburant. "Chaque mois, nous nous réunissons et nous rassemblons toutes nos économies sur la table et nous les mettons à la banque. Puis après un an, nous partageons cet argent pour acheter ce dont nous avons besoin".

    De son côté, Makeleni envisage d'investir sa part dans les semences pour le tunnel alimentaire que la Communauté verte aide à mettre en place.

    "Nos ancêtres avaient l’habitude de planter leur nourriture, ils ne vont pas dans les boutiques tous les jours pour acheter à manger. Mon souhait est de revenir en arrière. Nous avons des jardins alimentaires, de l'électricité à partir du soleil. Nous pouvons réussir dans cette manière de vivre avec ou sans argent. Même si vous avez de l'argent, vous pouvez vivre ainsi. Même si vous êtes une mère célibataire, vous pouvez vous permettre de vivre".Maisons construites, communautés renforcées

    Bien que les avantages financiers soient évidents, les avantages que fournissent les maisons écologiques s'étendent à d'autres domaines de la vie. Plusieurs mères citent la plus grande sécurité des maisons.

    Hormis les chaleurs du pétrole, des lampes à pétrole, et des feux ouverts, l'énergie propre aide à prévenir des incendies accidentels, des électrocutions du câblage illégal de mauvaise qualité, et des problèmes de santé qui sont liés à la combustion d'autres sources de chauffage et de combustible."Dans les cabanes, ils utilisent la paraffine et des appareils de chauffage. Ceci est dangereux et salit la maison, et ils peuvent dépenser plus de 200 rands par mois", a commenté Vuyokazi Damane, 31 ans.

    Enfin, il y a le sens de la communauté qui s’établit dans des endroits où il y a des parcs et des espaces verts publics. "Ce n'est pas seulement la construction des maisons, c'est le renforcement de la communauté", a déclaré Basset.

    "Nous avons construit un parc et une aire de jeux. C'est la première fois que certains de ces enfants ont marché dans des herbes. Cette écologisation complète a bien démarré et donne un nouvel élan à la santé du peuple. Tous les enfants peuvent se retrouver dans le parc. Les personnes âgées viennent s'asseoir sur les bancs. Cela favorise le voisinage", ajoute Basset.

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