Home » Developpement, Economie et Travail, Environnement, Headlines, Internationale »

CLIMAT-CARAIBES: Certains hôtels s’éloignent des côtes ravagées

    Desmond Brown

    BASSETERRE (St-Kitts), 17 novembre (IPS) – Les cartes postales présentent le sable, la mer et le soleil, mais les acteurs clé de l'industrie du tourisme dans les Caraïbes préviennent qu'il est temps de délaisser les côtes menacées de la région et de promouvoir plutôt des attractions intérieures comme la biodiversité.

    "Les changements climatiques constituent l'une des choses qui touchent l'industrie hôtelière, et le fait que la plupart de nos hôtels soient sur les plages [signifie] qu’ils sont soumis à de violentes tempêtes, dont la fréquence a été prévue pour augmenter en raison des problèmes de changements climatiques", a déclaré à IPS, Valmiki Kempadoo, un hôtelier et entrepreneur social.

    "En dehors de l’île de la Trinité et peut-être d’un grand pays comme la Jamaïque, le tourisme est de loin le plus important moteur économique de ces petites îles… et nous devons chercher de nouvelles solutions, de nouveaux modèles d’affaires qui pourraient mener cette chose au 21ème siècle", a-t-il indiqué.

    Kempadoo exhorte ses homologues régionaux à déplacer leurs propriétés des plages, notant que compte tenu des effets des changements climatiques, "disposer d’un hôtel à 500 ou 1.000 pieds au-dessus du niveau de la mer peut aider en gros dans cette direction".

    Bien que la région des Caraïbes soit mieux connue pour ses plages, a-t-il dit, il existe aussi beaucoup d'autres expériences que les différentes îles peuvent offrir.

    "Loin des plages, le climat est beaucoup mieux. C'est un endroit incroyablement fertile où nous pouvons cultiver tous ces fruits et légumes exotiques extraordinaires dont nous disposons d’une collection de première classe", a-t-il souligné.

    "Nous pouvons offrir de belles randonnées, nous pouvons offrir de belles vues et une belle expérience sans la forte humidité et les autres choses qui accompagnent le fait d'avoir un hôtel au bord de la mer", a ajouté Kempadoo.

    Le ministre dominicain du Tourisme, Ian Douglas, connaît trop bien les effets dévastateurs des changements climatiques sur les économies dépendantes du tourisme dans les Caraïbes.

    En fait, il a confié à IPS que la République dominicaine est probablement l'une des îles les plus touchées par ce phénomène mondial.

    "Les îles sont touchées par des ouragans chaque année et cela leur coûte des millions [de dollars] au point où les gouvernements sont obligés de considérer un certain type de fonds de risque de catastrophes pour atténuer les dégâts", a-t-il indiqué.

    "Au moins l'une des îles est touchée tous les ans et la République dominicaine n’est pas une exception. En effet, nous assistons à un nouveau phénomène en République dominicaine actuellement où nous avons des inondations massives, quelque chose qui n'a jamais été vu auparavant; et l'année dernière cela a causé d’importants dégâts à certains de nos bâtiments et équipements touristiques".

    Douglas a noté que la République dominicaine, avec la plupart de ses hôtels situés sur la côte ouest de la mer des Caraïbes, est touchée chaque année.

    Et il a expliqué que l'île est maintenant aux prises non seulement avec la montée du niveau de la mer, mais aussi avec de graves inondations dans ses 365 cours d'eau.

    "Nous avons environ trois de nos fleuves, dans la zone de Canefield à Layou, qui connaissent des inondations massives et des villages ont dû être évacués. Des berges ont été inondées, des ponts et des maisons ont été détruits au point où le gouvernement était en réalité obligé de donner des subventions aux familles pour des remplacements à court terme".

    "Je dis tout cela pour vous montrer comment les changements climatiques continuent d'affecter la République dominicaine. C’est un problème auquel nous continuons d’être confrontés. En réalité nous disposons d’un département spécialement créé pour répondre aux défis posés par les changements climatiques", a-t-il ajouté.

    Sam Raphael, le propriétaire de 'Jungle Bay Hotel' en République dominicaine, sourit en entendant la suggestion de Valmiki Kempadoo.

    Il a affirmé que lorsqu’il créait sa station de jungle il y a plusieurs années, "nous ne savions pas qu'il était impératif que nous opérions des changements radicaux et une amélioration de notre industrie touristique si elle devait survivre".

    "Il y a quelques années, notre industrie a accepté un mauvais choix entre le développement des entreprises et la protection de notre environnement naturel fragile. L'autonomisation et le renforcement des capacités de notre peuple pour être le moteur de l'industrie primaire de notre région, notre pain quotidien, n'étaient pas une priorité", a-t-il souligné.

    Niché dans les forêts le long de la côte orientale de la République dominicaine, le 'Jungle Bay Hotel' se concentre sur des activités reposant sur la nature et le bien-être des client(e)s.

    La Grenade est également en train de diversifier son produit touristique reposant sur le soleil, le sable et la mer. Et comme l'île se dirige vers une durabilité plus grande, le ministre du Tourisme, Dr George Vincent, souligne l'importance du secteur de l'énergie.

    "Nous travaillons avec la société d'électricité pour produire de l'énergie alternative sous forme éolienne. Nous encourageons les hôtels à utiliser l'énergie solaire pour remplacer les coûts de carburant. Mais la chose touristique durable, c’est l'endroit où nous nous dirigeons", a-t-il affirmé.

    "Je dis aux gens – il y a longtemps que des choses comme les TI (technologie de l'information) et les langues étaient importantes. Aujourd’hui, elles ne sont que des plates-formes sur lesquelles construire. Ainsi, nous construisons une plate-forme durable, et nous le ferons. Tout sur cette voie est supposée être durable, verte, respectueuse de l'environnement. Alors, nous avons l'énergie, nous disposons de la préservation, nous avons la forêt tropicale, et nous disposons d’un certain nombre de parcs marins qui sont bien préservés".

    (FIN/IPS/2012)

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa