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CLIMAT-DOMINIQUE: Adaptation, la meilleure option contre le changement climatique

    Desmond Brown

    ROSEAU (Dominique), 03 août (IPS) – Elle a été surnommée "l’Ile de la nature" des Caraïbes, ses forêts tropicales escarpées et denses, généralement recouvertes de brouillard, portent le témoignage de la façon dont les températures peuvent être basses ici.

    Mais ces derniers temps, la Dominique, une île située entre les territoires français de la Martinique et la Guadeloupe dans les Petites Antilles, et plus encore sa capitale, Roseau, enregistrent une chaleur étouffante de 31 degrés Celsius ou plus. Les responsables imputent ces températures aux changements climatiques et au réchauffement de la terre.

    "C'est probablement l'un des effets les plus évidents des changements climatiques que nous vivons quotidiennement", a déclaré à IPS, Kenneth Darroux, ministre de l'Environnement.

    "Finis les jours où les gens pensaient que les changements climatiques n'étaient qu'un produit de l'imagination de quelques scientifiques fous", a-t-il dit. "Nous commençons en réalité à ressentir les effets maintenant, et la science se révèle vraie".

    Cette île a vu un changement prononcé des températures saisonnières et des cycles de pluie. Darroux a affirmé que les changements climatiques coûtent déjà annuellement à la Dominique des millions de dollars en termes de pertes de récoltes et de réponse aux catastrophes.

    Les conclusions d'un nouveau rapport, qui a été publié au sommet de Rio+20 en juin, ont indiqué que l'Amérique latine et les Caraïbes sont confrontés à des dégâts annuels de l'ordre de 100 milliards de dollars US d’ici à 2050 du fait de la baisse des récoltes agricoles, de la disparition des glaciers, des inondations, des sécheresses et d'autres événements déclenchés par le réchauffement de la planète.

    Sur le plan positif, le coût des investissements dans l'adaptation pour faire face à ces impacts est beaucoup plus petit, dans l'ordre d'un dixième des dégâts physiques, selon l'étude conjointement produite par la Banque interaméricaine de développement (IDB), la Commission économique d'Amérique latine et des Caraïbes (CEPALC) et le Fonds mondial pour la nature (FMN).

    Cependant, l'étude note également que des réductions énergiques des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont nécessaires pour éviter certaines des conséquences potentiellement catastrophiques à long terme des changements climatiques.

    Maîtrise des fonds

    Les pays auraient besoin d'investir 110 milliards de dollars US supplémentaires par an au cours des quatre prochaines décennies pour réduire les émissions de carbone par habitant à des niveaux compatibles avec les objectifs mondiaux de stabilisation du climat, estime le rapport.

    Darroux a déclaré que la Dominique entend profiter des quelques millions de dollars disponibles pour aider les pays à faire face aux changements climatiques et ses effets.

    Il a souligné que dès que les responsables locaux sont devenus conscients de l'impact potentiellement dévastateur que les changements climatiques pourraient avoir sur l'environnement et le grand volume de fonds potentiellement disponibles pour atténuer une telle dévastation, le gouvernement a agi rapidement en créant un ministère de l'Environnement à la suite des élections générales en 2009.

    En décembre 2011, Darroux a annoncé que la Dominique était sur le point de formuler une Stratégie de développement faible en carbone et résistant au climat, qu'il a expliqué plus tard avoir adopté une approche à deux volets.

    "Alors que nous travaillons à lutter contre les impacts des changements climatiques, elle (la stratégie) considère également l'intégration des projets de lutte contre les changements climatiques dans toute la dimension du développement national", a indiqué Darroux. "Elle sert aussi comme un moyen pour attirer des financements. Nous avons entendu parler des milliards de dollars très inestimables là-bas, alors maintenant cette stratégie constitue en réalité un moyen d’exploiter ces fonds".

    Il a expliqué que la stratégie intègre de multiples documents de politique nationale du gouvernement, l'identification d'un certain nombre de domaines prioritaires que les changements climatiques et leurs effets sont les plus susceptibles d'affecter, notamment l'agriculture, la pêche, l'éco-tourisme et l'énergie verte.

    Cette stratégie particulière peut être nouvelle, mais le gouvernement combat en réalité les effets des changements climatiques depuis des années en construisant des murs de défense contre la mer et des murs de défense contre les fleuves pour protéger les villages, les routes et les propriétés côtiers contre les vagues d’orages et autres phénomènes potentiellement nuisibles tels que la montée des niveaux de la mer et les tempêtes tropicales irrégulières.

    "Notre terrain nous rend très vulnérables", a dit Darroux, notant que beaucoup d’infrastructures du pays se situent le long de la côte. Le pays est également très prédisposé aux glissements de terrain.

    Plus victime que responsable

    Bien que l'Amérique latine et les Caraïbes ne contribuent que pour 11 pour cent des émissions qui causent le réchauffement mondial, la région est particulièrement vulnérable aux effets du réchauffement de la planète, étant donné sa dépendance des ressources naturelles et la présence des points chauds bioclimatiques tels que le bassin de l'Amazone, le biome de corail des Caraïbes, les zones humides côtières et les écosystèmes fragiles des montagnes, indique le nouveau rapport qui a été publié lors de Rio+20.

    Ces effets peuvent être ressentis dans l'agriculture, l'exposition aux maladies tropicales et l’évolution des précipitations, entre autres domaines. La valeur de la perte des exportations nettes de produits agricoles est estimée pour chuter entre 30 milliards et 52 milliards de dollars US en 2050.

    (FIN/IPS/2012)

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