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COMMERCE: IBSA en conflit avec l’UE

    By Ravi Kanth Deverakonda

    GENEVE, 2 nov (IPS) – Lorsque les dirigeants du G20 se réuniront pour leur cinquième sommet jeudi à Cannes, en France, ils seront confrontés à l’aggravation de plusieurs questions économiques et commerciales mondiales.

    Parmi elles, figurent la façon de renforcer le système commercial international et la manière de surmonter le déficit de développement qui continue de créer un terrain de jeu inégal pour les pays pauvres.L'Union européenne (UE) et ses alliés demeurent en conflit avec les principaux pays en développement – la Chine, le Kenya et le bloc commercial appelé IBSA (Inde, Brésil, Afrique du Sud) – sur le plan pour lequel les ministres du Commerce doivent s'accorder lors de la huitième rencontre ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, en décembre prochain.Jusqu'ici, il n'y a aucun consensus parmi les membres de l'OMC sur ce qu’est ce plan pour corriger les maux endémiques qui minent l'organisation, en particulier sur la façon de tenir les promesses de développement faites dans le Programme de Doha pour le développement (PDD), déclarent des diplomates chargés du commerce.Le PDD a été lancé il y a plus de 10 ans pour corriger les déséquilibres et asymétries historiques dans le système commercial mondial et a été conçu pour permettre aux pays pauvres de s'intégrer dans le système.L'UE et ses alliés, y compris la Suisse, veulent que les dirigeants du G20 instruisent leurs ministres du Commerce d’accepter un programme "ambitieux" qui ferait de l'OMC une institution active et animée."La position de l'UE est aussi subtilement soutenue par le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, qui souhaite un programme élargi", souligne un diplomate du commerce, au courant des discussions."Certaines délégations veulent que les nouvelles approches concordent avec le mandat de Doha, suggérant que l'OMC pourrait jouer son rôle à faire face aux défis mondiaux, notamment son rôle à tenir en échec le protectionnisme", a expliqué Lamy aux membres lors de la réunion du Conseil général de l'OMC, la dernière semaine d’octobre.Bien que Lamy n'ait pas mentionné le nombre exact de délégations ou de leur composition, il faisait essentiellement allusion à un petit groupe de pays conduit par l'UE, affirme un diplomate du commerce des pays de l’IBSA.Lamy, qui participera à la réunion du G20, devrait mettre la pression sur les dirigeants pour son programme élargi visant à revitaliser l'OMC.Mais la Chine et les membres de l'IBSA ne partagent pas la nécessité d'un programme élargi. A un moment où l'OMC n’a pas encore atteint les objectifs de développement promis et définis dans le programme de Doha, ils demandent pourquoi les membres doivent abandonner l’unique engagement pris lors des négociations de Doha et se lancer dans un nouveau programme. Le principe d'engagement unique stipule que rien ne doit être convenu tant que tout n'est pas accepté dans le paquet de Doha entier.De toute évidence, il y a des perspectives différentes en jeu, en particulier entre l'UE, l'IBSA et la Chine. "Nous ne disons pas au public la vérité sur là où nous sommes et comment les membres doivent faire un effort collectif pour retrouver la crédibilité de l'organisation", affirme l'ambassadeur Roberto Azevedo, le ministre plénipotentiaire du Commerce du Brésil à l'OMC.Il n’était pas d’accord avec les demandes spécifiques de l'UE, qui comprennent un règlement rapide des questions de choix, y compris la facilitation commerciale et des améliorations dans l’Accord de règlement des différends (la procédure de l'OMC pour résoudre les litiges commerciaux)."Considérer les questions extrêmement difficiles comme des domaines de résultat potentiel pour une récolte précoce ne refléterait pas la vérité et nous prédisposerait à d’autres échecs à tenir une promesse réaliste", a déclaré Azevedo à IPS.L’IBSA et la Chine ont adopté des positions communes par rapport au PDD et d'autres questions à l'OMC. La Chine soutient la récente déclaration de l'IBSA qui a réitéré l'engagement du bloc commercial au PDD pour corriger les inégalités fondamentales et le terrain de jeu inégal, qui posent des problèmes pour les pays les plus pauvres qui tentent de s'intégrer dans le système commercial mondial. La Chine veut s'assurer qu'il y a un résultat solide sur le paquet de développement.L'émergence des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sur la scène mondiale a apporté des changements tectoniques, même à l'OMC. Bien que la Russie n’ait pas encore adhéré à l'OMC, la Chine et l'IBSA présentent des stratégies communes sur les questions de développement dans le mandat de Doha.Dans leur déclaration faite le 19 octobre, les dirigeants de l’IBSA ont affirmé que "les exigences des négociations actuelles du Cycle de Doha pour le développement reflètent un déséquilibre, puisqu’il y a trop d’ajustement des sensibilités des pays développés dans l'agriculture, avec des demandes injustes faites aux pays en développement d’ouvrir leurs marchés dans les secteurs des services et de l’industrie".Au cours des trois dernières années, les pays industrialisés ont modifié les termes des négociations de Doha, sans aborder les questions centrales. Ils semblent déterminés à extraire un prix élevé impliquant de fortes réductions des produits industriels et la suppression de l'accès au marché pour les services provenant des quatre pays en développement – Chine, Inde, Brésil et Afrique du Sud – contre de maigres concessions pour réduire leurs subventions et l'accès au marché pour les produits agricoles.A l'opposé, l'UE a émis un "non-papier" pour le Sommet du G20 à Cannes, le même jour où la déclaration de l’IBSA a été rendue publique. Ce "non-papier" de Bruxelles, parvenu à IPS, est totalement muet sur la question de corriger "les niveaux élevés de protection et les subventions à l'agriculture dans les pays développés", comme exigé par les dirigeants de l’IBSA.

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