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CONGO: Un sommet sur la gestion des trois bassins tropicaux

    By Arsène Séverin

    BRAZZAVILLE, 28 mai (IPS) – La capitale du Congo, Brazzaville, abrite du 29 mai au 3 juin un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement sur l’Amazonie, le Congo et le Borneo-Mekong, trois principaux bassins forestiers tropicaux du monde.

    Les gouvernements des pays de ces bassins envisagent de conclure un accord de gestion de ces massifs forestiers, alors que les acteurs de la société civile estiment que les vrais problèmes des populations auraient été oubliés dans l’agenda du sommet.

    "Tout est fin prêt. Nous avons pu obtenir la confirmation des chefs d’Etat et de gouvernement qui viennent avec leurs experts", a déclaré Henri Djombo, ministre congolais du Développement durable et de l’Environnement.

    Ce sommet sera un cadre de partage d’expériences et de coopération pour les Etats de l’Amazonie, du Congo et du Borneo-Mekong. "L’objetif est de demander à tous ces pays de former un bilatéralisme à travers un accord", a expliqué Djombo.

    Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, estime que ce sommet constituait la dernière "étape décisive" avant celui de Rio de Janeiro, au Brésil, en 2012. Selon les organisateurs, le sommet de Brazzaville devrait également permettre le renforcement de la coopération Sud-Sud.

    A la veille de la tenue de ce sommet, plusieurs pays se sont engagés à renforcer leurs politiques sur les forêts. Au Brésil par exemple, le gouvernement, en attendant l’adoption d’une nouvelle loi sur les forêts, a annoncé, le 18 mai, la création d’un Centre de crise contre la déforestation.

    Le gouvernement brésilien a déploré la destruction de 593 kilomètres carrés de forêts entre mars et avril 2011. Cette déforestation est l’œuvre des éleveurs et des producteurs de soja, indiquent les autorités du pays.

    En Indonésie, le moratoire sur la suspension de l’exploitation forestière est entré en vigueur depuis le 19 mai. Mais, cette mesure est critiquée par des militants écologistes qui jugent insuffisants les efforts de l’Etat. Selon Greenpeace Indonésie, si ce moratoire ne couvre que les forêts primaires, "il ne sera d’aucune d’utilité".

    Les dix pays du bassin du Congo disposent, quant à eux, d’un plan de convergence dans la gestion des écosystèmes forestiers. "Il peut y avoir certaines divergences, mais qui ne mettent pas en cause ce plan", a souligné Djombo.

    De leur côté, de nombreux groupes de la société civile estiment que ce sommet ne prend pas en compte les problèmes des communautés forestières et des populations autochtones. Dans une note de position publiée vendredi (27 mai) à Brazzaville, le 'Réseau bassin du Congo', basé au Cameroun, a manifesté son "indignation".

    "Etant donné que les conclusions de ce sommet seront très déterminantes, nos organisations attirent l’attention des chefs d’Etat de ne pas accorder la priorité au commerce du carbone par rapport au processus REDD", a déclaré à IPS, Roch Euloge N’zobo, l’un des porte-parole de ce réseau.

    "La participation et la consultation des peuples concernés ne semblent pas être pris au sérieux. Or il faut un réel accès à l’information et des campagnes de sensibilisation pour ces peuples", a souligné à IPS, Indra Van Gisbergen, membre de 'Forest European Resources Network'.

    Pour cette organisation, le sommet de Brazzaville vise plus la commercialisation du carbone que le bien des populations. "Il ressort, de la lecture du projet de déclaration et d’accord de coopération, que l’accent sera mis sur la promotion du marché de carbone et le financement de la réduction des émissions par ce marché", affirme Van Gisbergen.

    Pour Maixent Fortuné Hanimbat, membre du 'Réseau bassin du Congo', "les projets de déclaration et d’accord de coopération du sommet ne définissent pas clairement le rôle imparti à la société civile dans le suivi des recommandations dudit sommet".

    Des communautés pygmées aussi se sont plaintes: "Notre association des autochtones ne sait même pas où il faut s’inscrire. Encore une fois, nous allons assister, mais pas pour donner un point de vue. Peut-être même que nous serons les plus grands absents de cet événement", regrette Jean Nganga, président de l’Association de défense et de promotion des populations autochtones, basée à Brazzaville.

    Contactée par IPS, Rebecca Ebale-Nguma, la ministre de la Communication du gouvernement provincial de l’Equateur, en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué avoir appelé le gouvernement de Kinshasa à profiter du sommet de Brazzaville pour prendre en compte les problèmes des populations dans cette région si riche en forêts.

    "A Lisala, à Mbandaka et à Basankusu (nord de la RDC), par exemple, les populations voient sortir d’importantes richesses du bois, mais vivent dans l'extrême pauvreté", a affirmé Ebale-Nguma. Elle ajoute: "Des villes entières ici – à l'Equateur – sont sans dispensaires ni écoles".

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