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COSTA RICA: Des femmes plantent des arbres pour combattre le changement climatique

    By Diego Arguedas Ortiz

    PITAL, Costa Rica, 17 avr (IPS) – Olga Vargas, une survivante du cancer du sein, est revenue à la campagne, travaillant dans un programme de foresterie, dans le nord du Costa Rica, visant à autonomiser les femmes tout en atténuant au même moment les effets du changement climatique changer.

    Sa récente maladie et un conflit communautaire au sujet de la terre que le projet exploitait précédemment – offerte par l'Institut de développement agraire, sur laquelle les femmes avaient planté 12.000 arbres – a retardé le projet de reboisement et de sensibilisation sur l'environnement depuis 2012 à Pital, dans le district de San Carlos, dans les plaines du nord du pays.

    Mais le groupe commence à prendre un nouveau départ.

    "Après le cancer, je pense que Dieu m'a donné une seconde chance, de poursuivre le projet et d’aider mes compagnons", a déclaré à IPS, Vargas, une ancienne comptable de 57 ans, dans la réserve forestière de Quebrada Grande, que son groupe aide à entretenir.

    Elle est mère de quatre enfants et grand-mère de six autres; ses deux filles adultes participent également au groupe, et son mari l’a toujours soutenue, indique-t-elle fièrement.

    Depuis 2000, l'Association des femmes de Quebrada Grande de Pital, composée de 14 femmes et présidée par Vargas, a reboisé la terre qui leur a été offerte, organisé des cours sur la protection de l'environnement, installé des aquariums pour la pêche durable du tilapia, et s’est engagée dans des initiatives de tourisme rural et d'agriculture biologique.

    Mais la première priorité a été de planter des arbres.

    Un groupe d'hommes locaux qui s'étaient opposés à l'octroi de cette terre aux femmes dès le début ont exigé que les installations et les efforts d’entreprise soient repris par la communauté.

    Les femmes ont bénéficié d’un autre lopin de terre, plus petit qu'un hectare de superficie, mais qui est au nom de l'association, et leurs installations précédentes ont été pratiquement abandonnées.

    "J'ai appris des choses sur l'importance de la gestion forestière au cours d’une rencontre à laquelle j'ai assisté au Guatemala. Après cela, plusieurs d'entre nous ont voyagé au Panama, à El Salvador et en Argentine, pour s’informer des initiatives similaires et échanger les expériences", a déclaré Vargas, qui travaillait en tant que comptable à Pital, 135 kilomètres au nord de San José.

    La plus grande somme que l'association a gagnée dans une année était de 14.000 dollars. "Peut-être 50.000 colons [100 dollars] paraît très peu. Mais pour nous, des femmes rurales qui avons l’habitude de dépendre des revenus de nos maris pour acheter des articles ménagers ou aller chez le médecin, c'est beaucoup", a souligné Vargas.

    Cette association, dont les membres sont âgés de 18 à 67 ans, n'est pas seule. Au cours de la dernière décennie, des groupes de femmes du Costa Rica qui ont trouvé des solutions à la déforestation ont émergé dans les communautés rurales à travers le pays.

    Ces groupes ont relevé le défi et ont commencé à planter des arbres et à mettre en place des serres, en réponse à l'incapacité des autorités locales à prendre des mesures face à la déforestation et aux changements de l'utilisation des terres.

    "Les changements climatiques ont eu un grand impact sur la production agricole", a déclaré Vargas. "Vous devriez voir comment il fait chaud, et les fleuves sont juste dans un état déplorable. Il y a environ trois ou quatre ans, les fleuves coulaient vraiment fort, mais maintenant il y a seulement un tiers ou un quart de cette eau".

    A San Ramón de Turrialba, à 65 km à l'est de San José, six femmes gèrent une serre où elles produisent de jeunes plants afin de planter 20.000 arbres par an.

    Depuis 2007, les six femmes du Groupe des femmes de l’agro-industrie de San Ramón ont un contrat avec la société d'électricité du Costa Rica, ICE, afin de lui fournir de jeunes plants d’acacia, de cèdre du Mexique, et d'eucalyptus.

    La coordinatrice du groupe, Nuria Céspedes, a expliqué à IPS que l'initiative est née lorsqu’elle a demandé à son mari une portion de la ferme familiale afin d’installer une serre.

    "Il y a sept ans, j’ai assisté à quelques réunions sur les corridors biologiques et j'ai été frappée par le problème de la déforestation, car ils expliquent que les changements climatiques ont été aggravés par la déforestation", a dit Céspedes, qui a ajouté que le groupe a le soutien actif de son mari, et a réussi à élargir la liste de ses clients.

    Le Costa Rica, qui est célèbre pour ses forêts, est l'un des rares pays au monde qui a réussi à corriger un taux de déforestation précédemment élevé.

    En 1987, le point faible pour les jungles de ce pays d'Amérique centrale, seulement 21 pour cent du territoire national était couvert de forêt, contre 75 pour cent en 1940.

    Cela a marqué le début d'un programme de reboisement agressif, grâce auquel les forêts couvraient 52 pour cent du territoire jusqu'en 2012.

    Le Costa Rica s'est fixé l'objectif de devenir le premier pays au monde à atteindre la neutralité carbone d'ici à 2021. Et dans la lutte contre les changements climatiques, il projette que la séquestration du carbone par ses forêts contribuera pour 75 pour cent de la réduction des émissions nécessaire pour atteindre cet objectif.

    Dans ce pays de 4,4 millions d’habitants, ces groupes de femmes ont trouvé une niche dans la conservation des forêts qui les aide également à combattre les normes culturelles sexistes et la forte concentration des terres entre les mains des hommes.

    "L'un des points forts [de la participation des femmes] est le fait d'avoir accès à l'éducation – elles ont eu la possibilité de participer à des ateliers et à des formations", a indiqué à IPS, Arturo Ureña, le directeur technique de l'Association de coordination de l'agroforesterie indigène et communautaire en Amérique centrale (ACICAFOC).* Olga Vargas à côté de la serre avec laquelle l’Association des femmes de Quebrada Grande de pital a commencé à revitaliser son activité durable, dont la priorité est le reboisement. Crédit: Diego Arguedas Ortiz/IPS

    ** A Quebrada Grande, l'Institut de développement agraire a dédié 119 hectares de terre à la préservation des forêts, dont l'Association des femmes s’occupe depuis plus d'une décennie. Crédit: Diego Arguedas Ortiz/IPS

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