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COTE D’IVOIRE: Aider les enfants à aller à l’école avec un extrait de naissance

    By Fulgence Zamblé

    ABIDJAN, 12 mars (IPS) – Les autorités de Côte d’Ivoire poursuivent le processus de normalisation du pays, après la longue crise post-électorale, notamment dans le monde scolaire où les demandes de jugements supplétifs se multiplient pour permettre à des centaines d’enfants d’obtenir un extrait d’acte de naissance.

    Parmi les nombreux défis qui attendent les dirigeants ivoiriens, figure la remise en marche complète de l’administration sur l’ensemble du territoire, notamment dans les zones centre, nord et ouest (CNO), longtemps bloquées dans leur fonctionnement pendant la rébellion de 2002 qui a duré près de huit ans. Ce a qui a conduit à l’absence de délivrance d’extraits d’acte de naissance pour les enfants nés, dans la période, dans les communes contrôlées par les rebelles.

    Pour l’année scolaire 2011-2012, ils sont plus de 70.000 élèves à ne pas disposer d’extraits de naissance en Côte d’Ivoire, selon le ministère de l’Education nationale.

    Bernard Kapeu, 68 ans, enseignant à la retraite à Touleupleu, dans l’ouest du pays, arrive pour la deuxième fois au tribunal de Yopougon, une commune d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Il attend impatiemment la délivrance des jugements supplétifs pour ses trois enfants scolarisés âgés respectivement de 10, sept et cinq ans."Le premier enfant est en classe d’examen. Il doit se présenter en fin d’année scolaire à l’examen du Certificat d’études primaires et élémentaires. Mais il n’a pas un extrait de naissance", raconte Kapeu à IPS. «Pendant l’occupation de la zone-ouest par l’ex-rébellion, il n’y avait plus d’administration, donc les années se sont écoulées sans que nous ne puissions établir un document administratif», ajoute-t-il.Avec la normalisation progressive, Kapeu dit avoir profité du paiement de sa pension de retraite à Abidjan pour pouvoir établir un jugement supplétif à ses enfants. A son retour à Touleupleu, il se rendra soit à la mairie soit à la sous-préfecture pour se faire délivrer les actes d’état civil. L’établissement d’un extrait de naissance ne coûte que 500 francs CFA (environ un dollar) pour le timbre, indique-t-il.A la mairie de Maféré, dans le sud-ouest du pays, les demandes de jugements supplétifs sont nombreuses également. Sur 11.292 élèves, 1.324 sont sans extrait de naissance, selon le ministère de l’Education nationale.

    Armand Kangah, 48 ans et planteur d’ananas à Maféré, a été contraint d’abandonner sa plantation pour une journée afin de faire établir un extrait de naissance pour sa fille de cinq ans, élève au cours primaire, deuxième année."J’ai été informé que cela ne va pas mettre du temps. Ce qui me rassure, c’est la gratuité, mais je reconnais avoir été très négligent sur la question. J’aurais pu le faire un peu plus tôt…", explique-t-il à IPS.

    Comme Kapeu et Kangah, ils sont nombreux les parents qui n’avaient pas fait établir à leurs enfants des extraits de naissance pour des raisons diverses. Et certains élèves, en classes d’examen, risquaient de ne pas figurer sur la liste des candidats autorisés à passer les épreuves de fin d’année, selon certains chefs d’établissements scolaires.

    A Man, dans l’ouest, sur 160.000 élèves issus des écoles primaires, la direction régionale de l’Education a répertorié 30.000 cas non déclarés à l’état civil, dont 5.005 en classes d’examen. A Ferkessedougou, dans le nord, plus de 3.000 cas ont été enregistrés sur quelque 8.000 élèves.Mais sur insistance des organisations de défense des droits des enfants, le président ivoirien, Alassane Ouattara, avait pris, début février, une ordonnance qui autorise tous les enfants nés de septembre 2002 à 2010 et pendant la crise post électorale de 2010-2011, à se faire enregistrer gratuitement à l'état civil de la mairie ou de la sous-préfecture de leur lieu de naissance."Avec les services compétents de la mairie et en collaboration avec les tribunaux, nous avons pu faciliter la délivrance d’une centaine d’extraits d’acte de naissance pour une première opération dans la commune d'Abobo (nord d'Abidjan). Certains parents manquaient surtout d’information et il fallait aller vers eux", explique à IPS, Djama N’gou, président de l’Association pour la promotion du droit à l’éducation, une organisation non gouvernementale basée à Abidjan."Si dans les zones CNO, le problème de l’absence de l’administration s’est posée pour que les naissances d’enfants ne soient pas déclarées, par contre au sud, il y avait une trop grande négligence qui domine encore chez dans des familles", déplore Martine Akadia, inspectrice de l’enseignement primaire à Abidjan."Il faut se réjouir que des initiatives multiples et multiformes permettent aujourd’hui de sensibiliser les parents, dont certains ont compris la nécessité d’établir un acte de naissance à leurs enfants. Mais il faudrait encore beaucoup insister par le porte-à-porte pour parvenir à un objectif zéro naissance non déclarée", souligne N’gou. Malgré la gratuité annoncée pour l’état civil, des parents continuent de traîner les pas, dit-il.

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