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COTE D’IVOIRE: Libération provisoire de prisonniers proches de Gbagbo

    By Fulgence Zamblé

    ABIDJAN, 7 août (IPS) – Le président du Front populaire ivoirien (FPI), principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire, Pascal Affi N’guessan et l’ancien ministre de la Défense (2000-2002), Moïse Lida Kouassi sont sortis, mardi, de la prison de Bouna, dans le nord-est du pays.

    Ils y étaient été détenus sans jugement, depuis 36 mois pour le premier et 13 mois pour le second, après la grave crise postélectorale que la Côte d’Ivoire a connue de décembre 2010 à avril 2011, qui a fait officiellement 3.000 morts.

    Affi N’guessan et Lida Kouassi font partie des 14 détenus politiques qui ont bénéficié d’une liberté provisoire accordée par la justice ivoirienne, lundi.

    D'autres bénéficiaires sont Michel Gbagbo, fils de l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo, les anciens ministres Aboudramane Sangaré, Alcide Djédjé, Alphonse Douaty, Geneviève Bro-Grébé, l'ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’ouest (BCEAO), Louis Dacoury-Tabley et le président par intérim de la jeunesse du FPI, Justin Koua.''Le parquet précise qu'il ne s'agit que de liberté provisoire et les procédures en vue du jugement poursuivront leur cours et connaîtront sûrement leur dénouement d'ici à la fin de l'année'', a déclaré à la télévision nationale, Richard Adou, procureur de la République.

    En effet, 11 des 14 prisonniers libérés doivent comparaître bientôt devant une Cour d’assises, selon une décision rendue par la justice en juillet.

    Depuis la fin de la crise postélectorale, l’opposition ivoirienne chiffre à 711, le nombre de ses partisans, détenus dans les prisons. Elle refusait de participer à tout dialogue politique avec le pouvoir en place tant que ces prisonniers n’étaient pas mis en liberté. Le régime, lui, estime leur nombre moins que cela, sans donner de chiffre précis.

    La plupart des détenus sont poursuivis pour atteinte à la sûreté de l’Etat, complot contre la défense nationale, atteinte à l’autorité de l’Etat, constitution et direction de bande armée…''Le gouvernement salue la décision des juges qui est la bienvenue. Notre pays doit sortir de l'état de belligérance et cette liberté provisoire des pro-Gbagbo va favoriser la décrispation de l'environnement politique'', estime Bruno Nabagné Koné, porte-parole du gouvernement.''Nous nous réjouissons de cette troisième vague de mise en liberté provisoire des pro-Gbagbo. Notre souhait est que ce geste fort de réconciliation posé par le chef de l’Etat (Alassane Ouattara) soit compris de tous'', ajoute à IPS, Joël N’Guessan, porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), le parti au pouvoir.

    Mais le FPI, principal parti d’opposition, ne partage pas entièrement cet optimisme. ''La libération de nos camarades, telle qu’intervenue est insuffisante. Nous attendons un acte fort qui permet la libération de tous les prisonniers et sans condition'', déclare Richard Kodjo, secrétaire général du parti.''C’est une bonne nouvelle, mais qui interroge nos libertés individuelles et notre conscience démocratique. Ce que le peuple attend aujourd’hui, c’est d’être libéré par une justice juste et une réconciliation vraie. Il faut donc en finir avec les abus de pouvoir actuels'', estime, pour sa part, Mamadou Koulibaly, président de Liberté et démocratie pour la République (LIDER), un petit parti d’opposition.

    Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), allié du RDR, a sorti une déclaration mardi, signée de son président Henri Konan Bédié: ''C’est un pas important vers la réconciliation. Cette libération renforce effectivement les chances du dialogue pour la paix et le développement''.

    La Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (LIDHO), basée à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, salue la décision de la justice, mais souhaite une accélération de toutes les procédures judiciaires dans le pays.

    ''C’est un geste d’apaisement de la situation politique. Nous avons deux blocs très opposés et cela devrait conduire à faire baisser la tension. Cependant, la justice doit accélérer les dossiers pendants tant pour les prisonniers politiques que pour les prisonniers de droit commun'', souligne à IPS, Pierre Adjoumani, le président par intérim de la LIDHO.''Cette décision doit créer les conditions d’un climat d’apaisement pour aller à une réconciliation vraie entre les Ivoiriens qui n’ont que trop souffert des différentes crises politiques'', indique à IPS, Drissa Doumbia, président du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), basé à Abidjan.

    Aurélien Kodjané, un juriste basé à Abidjan, estime qu’au-delà de cette libération, la justice doit s’activer à aller au bout de son processus. ''Si l’on considère que ces cas de détenus étaient très politiques, avec leur mise en liberté provisoire, la justice doit maintenant accélérer son travail pour que les assises annoncées se tiennent dans les plus brefs délais'', suggère Kodjané.''Il y a eu déjà des cas de mise en liberté provisoire (dont l’ex-Premier ministre Aké N’gbo) et après, ce fut le silence radio. Ce n’est pas bon signe pour la lutte contre l’impunité dans le pays. Encore qu’au plan politique, cela n’a véritablement pas fait bouger les lignes dans le processus de réconciliation'', déplore-t-il.

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