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CUBA: L’ouragan Sandy a suscité la sensibilisation sur les risques dans l’est

    By Patricia Grogg

    SANTIAGO DE CUBA, 21 nov (IPS) – Près d’un an après le passage de l'ouragan Sandy, la pire catastrophe à avoir frappé la ville de Santiago de Cuba, dans l'est de Cuba, depuis des décennies, les habitants affirment qu'ils sont désormais mieux préparés aux catastrophes.

    "Nous avons plus d'informations maintenant, et plus de conscience de ce qui s'est passé, ce qui était très difficile à accepter", a déclaré à IPS, Melly Álvarez, une musicienne de 31 ans qui vit dans le centre de Santiago, durement touché.

    "Nous n'avions jamais pensé que quelque chose du genre pourrait nous arriver. Depuis [le passage de] Sandy, nous restons vigilants aux mises en gardes météorologiques et nous prenons les précautions, pour éviter d'autres surprises", a-t-

    elle indiqué.

    Les experts disent que toutes les villes de cette nation insulaire des Caraïbes devraient prendre des précautions contre les ouragans, en particulier des endroits comme Santiago de Cuba, qui se trouve sur un terrain montagneux et possède des immeubles résidentiels densément peuplés.

    "L’éducation doit être renforcée dans les régions du pays qui ne souffrent pas de ces choses fréquemment ou qui ont une forte densité, afin d’accroître la sensibilisation sur les risques", a souligné dans une récente interview accordée à IPS, José Rubiera, un météorologue.

    L'effondrement d'un immeuble adjacent a causé de graves dégâts sur la maison d’Álvarez, encore seulement partiellement reconstruite malgré un énorme effort de sa famille. "Au début, il y avait de la corruption dans la distribution des matériaux, mais les autorités ont pris des mesures et le processus de reconstruction a été accéléré. C’est plus organisé maintenant", a-t-elle affirmé.

    Le secteur du logement a sans doute reçu la grande partie des vents d’une vitesse atteignant 200 kilomètres par l'heure qui ont balayé la ville dans les premières heures du 25 octobre 2012.

    Selon les chiffres officiels, 15.888 unités de logement ont été complètement détruits et 22.000 se sont partiellement effondrés. Le nombre total de bâtiments touchés équivaut à la moitié du parc de logements dans cette ville située à 847 km de La Havane.

    Plusieurs bâtiments ont perdu leurs toits, et les familles sont impatientes à cause des retards dans leur remplacent. "Nous avons besoin de six millions de mètres carrés de toiture et le pays produit à peine un million", a déclaré aux journalistes étrangers, Madeleine Cortés, vice-

    présidente du conseil d'administration de l'Etat, dans la province de Santiago.

    Les personnes dont les maisons ont été endommagées bénéficient auprès de l’Etat d'une réduction de 50 pour cent sur le coût des matériaux de construction et des prêts bancaires à faible taux d'intérêt avec des plans de remboursement à long terme. Dans le cas des familles qui se sont retrouvées sans maison, l'Etat paie le coût des prêts bancaires, tandis qu'il subventionne également les familles à faible revenu.

    Cortés a déclaré que dans le cadre de la stratégie de relance, un programme a été conçu pour construire 21.400 unités de logement pour les personnes touchées par l'ouragan Sandy, ainsi que pour les familles des quartiers les plus pauvres d’ici à 2019.

    Selon les autorités, tout nouveau bâtiment doit prendre en compte le risque d'ouragans et de tremblements de terre.

    A Mar Verde, une communauté côtière à l'ouest de la ville de Santiago, à proximité de l'endroit où l'ouragan Sandy a touché la terre, plus de 40 familles attendent la construction de nouveaux logements pour remplacer leurs maisons, qui ont été ravagées par la mer. En attendant, elles vivent dans des cabanes qui étaient louées aux vacanciers.

    "Ils cherchent des terres solides loin de la côte, comme cela avait été décidé avant la catastrophe", a déclaré Heriberto Téllez, 53 ans, un gardien d'une coopérative agricole qui, comme ses voisins, espère que les nouvelles maisons seront équipées des appareils électriques qui ont été emportés par les vagues.

    "Nous sommes un pays pauvre, ce n’est pas tout qui peut être fait à la fois. Ce sera bientôt notre tour", a-t-il déclaré à IPS.

    Les Campesinos (petits agriculteurs) de la côte sud de la province de Santiago ont indiqué que les conséquences de l'ouragan constituaient la pire chose dans cette région.

    "Généralement, vous êtes heureux parce que les cyclones amènent la pluie", a déclaré à IPS, Carlos Arias, président d'une coopérative agricole dans la région. "Mais Sandy n'a pas atténué la sécheresse intense dans ces zones. Il a plu à peine au cours de ces derniers mois".

    Cet agriculteur a ajouté qu'à cause du stress post-catastrophe, les lapins, cochons et autres animaux de la ferme ont cessé de se reproduire, les poules pondent moins d'œufs, les vaches ont donné moins de lait et même les abeilles n'ont pas produit du miel pendant un certain temps. "Nous ressentirons les effets de la catastrophe pendant plusieurs années", a-t-il affirmé.

    Le gouvernement du président Raúl Castro a annoncé, à la fin du mois de juillet, que les dégâts causés par Sandy aux logements, routes et aux services publics comme l'électricité et les lignes de téléphone dans les trois provinces les plus durement touchées – Santiago de Cuba, Holguín et Guantánamo – et par les fortes pluies et les inondations dans la région centrale du pays étaient estimés à sept milliards de dollars.* La place Carlos Manuel de Céspedes au centre de Santiago a perdu un nombre important d'arbres, dont le remplacement durera des années. Crédit: Jorge Luis Baños/IPS

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