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DEVELOPPEMENT: Des réfugiés soudanais meurent de soif

    By Jared Ferrie

    JUBA, 23 juin (IPS) – Des réfugiés soudanais ont commencé à mourir puisqu’un camp au Soudan du Sud a manqué de l'eau il y a deux semaines après qu’un afflux massif de personnes ont fui par la frontière pour échapper à la guerre et à la faim.

    Les réfugiés fuient l’Etat du Nil Bleu, au Soudan, où des insurgés se battent pour renverser le gouvernement soudanais.'Human Rights Watch' (HRW) a indiqué plus tôt dans un rapport publié en avril que les civils souffrent d'une campagne de bombardement aérien aveugle.Voitek Asztabski, un coordinateur des situations d’urgence à Médecins sans frontières (MSF), a affirmé que certains réfugiés sont morts alors qu'ils marchaient pendant sept à 10 heures pour se rendre à un nouveau site à la recherche de l'eau après que le camp Kilomètre 48, dans l'Etat du Haut-Nil au Soudan du Sud, en a manqué le 11 juin.L'agence mène encore une enquête sur la mortalité pour savoir combien d'adultes et d'enfants sont morts et quelles en sont les causes. Toutefois, MSF estime qu'en moyenne cinq à 10 personnes mouraient tous les jours depuis que l'eau manquait au camp Kilomètre 48.MSF a déclaré dans un communiqué publié le 13 juin que "les 15.000 réfugiés qui restaient dans cette localité ont marché en masse sur 25 km avant d’atteindre l’endroit le plus proche ayant de l'eau disponible".De fortes pluies ont empêché les agences de les déplacer par camion sur les routes inondées."Nous avons observé des gens qui mouraient de soif, de déshydratation", a indiqué Asztabski par téléphone satellite depuis le camp Kilomètre 18, le nouveau site ayant de l'eau disponible limitée. "C’était vraiment une activité horrible à laquelle nous avons assisté ici".Certaines personnes étaient si faibles pour répondre aux soins médicaux."Nous sommes allés tôt le mardi matin (12 juin) pour fournir une assistance médicale et des points de réhydratation le long de la route", a expliqué Dr Erna Rijnierse de MSF dans le communiqué."C'était un spectacle vraiment choquant puisque nous avons été témoins de la mort de certaines des personnes les plus faibles pendant qu’elles marchaient – trop déshydratées même pour les soins médicaux les plus urgents en vue de les sauver".Il y a maintenant 105.000 réfugiés soudanais provenant de l’Etat du Nil Bleu dans l'Etat du Haut-Nil au Soudan du Sud, selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), tandis que 15.000 autres étaient en route.Asztabski a souligné que les réfugiés arrivent malnutris, déshydratés et malades après avoir marché depuis leurs maisons dans le Nil Bleu. Les conditions fréquentes comprennent la pneumonie et d’autres infections respiratoires contractées en dormant en plein air sans aucun abri, ainsi que la diarrhée après avoir bu de l'eau contaminée.Il a appelé à une approche "proactive" à la crise, indiquant que les agences réagissent plutôt à la situation d'urgence sans mettre en place des plans d'urgence. Par exemple, il n'existe aucun plan pour ce qu’il faut faire après une pénurie d'eau au camp Kilomètre 18, qui se reproduirait probablement après environ deux semaines et demie.Les agences humanitaires préviennent depuis des mois que les réfugiés devaient être déplacés avant la pénurie d'eau potable et le début de la saison des pluies, rendant le transport extrêmement difficile. En mars, Andrew Omale, un coordonnateur des situations d'urgence à 'Oxfam International', avait déclaré à IPS que la situation des réfugiés dans le Haut-Nil était une "urgence oubliée" et avait appelé à davantage de soutien.Asztabski a indiqué que les agences continuent d'être entravées par un manque de capacité et de ressources. Il a comparé l'ampleur de la crise à une région en Ethiopie où il était basé l'année dernière quand la famine en Somalie avait envoyé des réfugiés par la frontière dans ce pays ainsi qu’au Kenya. Environ 10 millions de personnes étaient touchées par la sécheresse dans la Corne de l'Afrique. Mais il a dit qu’il y a moins de ressources disponibles pour cette situation d'urgence."Tout le monde est débordé dans cette situation", a déclaré Asztabski. "Cette crise a besoin de plus d'attention, de plus d'investissement".Les réfugiés ont commencé à quitter en masse le Nil Bleu pour le Soudan du Sud et l’Ethiopie au début de septembre 2011 après que le Soudan a destitué le gouverneur élu de l'Etat du Nil Bleu, Malik Agar, et l'a remplacé par un militaire. Les forces d’Agar combattent le gouvernement depuis ce temps, et HRW affirme que les civils ont fait les frais des exactions de l'armée.Dans son rapport publié en avril, HRW a enquêté sur des cas de violations rapportés contre les civils, notamment la détention arbitraire, les exécutions extrajudiciaires, les bastonnades et la torture. HRW a affirmé que les forces gouvernementales ciblaient des gens qu'elles soupçonnaient d’avoir des liens avec le groupe dirigé par Agar, qui est appelé Mouvement de libération du peuple du Soudan-Nord (SPLM-N).Le SPLM-N est actif dans le Nil Bleu ainsi que dans l’Etat voisin du Sud-Kordofan, où l'ONU affirme que 47.000 réfugiés ont fui à travers la frontière pour se rendre dans l'Etat d'Unity au Soudan du Sud.Les rebelles faisaient partie du Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM), qui a mené une guerre civile de deux décennies contre Khartoum, qui a abouti à la sécession du Soudan du Sud. Lorsque le sud a proclamé son indépendance le 9 juillet 2011, le SPLM au Sud-Kordofan et au Nil Bleu a ajouté le "Nord" à leur nom et se sont déclarés un parti politique distinct au Soudan. Mais le SPLM-N a repris les armes après avoir accusé Khartoum de sévir contre lui.Le Soudan a nié, à plusieurs reprises, de cibler les civils au cours de ses combats contre le SPLM-N. Mais des groupes de défense des droits humains ainsi que les gouvernements britannique et américain ont demandé à Khartoum de cesser de bombarder les civils.Asztabski a déclaré que les réfugiés disent aussi avoir fui les bombardements avec très peu de biens et avoir été obligés de marcher jusqu'à deux mois avant d’atteindre la frontière. "Ils nous racontent des histoires horribles", a-t-il dit. "C'est un voyage très dangereux et épuisant".

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