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DEVELOPPEMENT: Etablir des flux environnementaux dans le Zambèze

    By Nebert Mulenga

    HARARE, 27 juin (IPS) – Quand Jose Chiburre était un garçon grandissant au Mozambique, il invitait souvent ses amis à une partie de nage dans le fleuve Incomati. C'était dans les années 1970, lorsque le fleuve était large de 300 mètres pendant la saison sèche: aujourd'hui, la compétition serait terminée avant qu'elle ne commence.

    "A l’époque, nous rivalisions les uns avec les autres en natation, mais ce n’est plus le cas. Le fleuve ne peut pas permettre une quelconque nage pendant la saison sèche, parce que les niveaux sont très bas", déclare Chiburre.Il y a 40 ans, Incomati coulait à travers le district de Magudi, à Maputo, où Chiburre a grandi, dans une splendeur majestueuse, plus de 700 mètres de large au cours de la saison des pluies. Aujourd’hui, sauf pendant les crues extrêmes, le fleuve s'élargit d’un peu plus de la moitié de cette dimension pendant les pluies, et se réduit à un filet pendant la saison sèche.Chiburre, qui travaille maintenant comme un environnementaliste dans le bassin du Zambèze, attribue les faibles niveaux d'eau dans le fleuve Incomati à la croissance des demandes en amont, où des milliers de nouveaux arrivants puisent l'eau pour l'irrigation, l'utilisation domestique et le bétail.Ce fleuve réduit ne peut plus supporter la vie diversifiée de plantes et d’animaux aquatiques comme il en avait l’habitude. Le 'Raphia australis', un palmier qui se retrouve naturellement uniquement le long du côté mozambicain du fleuve Incomati, est sur le point d'extinction, tandis qu'un certain nombre d'espèces d'oiseaux, notamment la grue caronculée, le turnix nain, l’hirondelle bleue et le pique-boeuf à bec jaune ont été tous classées comme des espèces en voie de disparition.Alors que les autres espèces s'accrochent à la vie ailleurs, Incomati est le seul habitat pour le raphia australis.L’antilope rouanne (Hippotragus equines) et les chiens sauvages (Lycaon pictus) sont parmi les animaux en voie de disparition dans le bassin d’Incomati.Chiburre travaille pour le Fonds mondial pour la nature à Lusaka, en Zambie, en tant que chef de projet pour le Programme conjoint sur les flux environnementaux du bassin du fleuve Zambèze.L’entretien des flux environnementaux – la quantité, la qualité et les cycles annuels de l'eau nécessaires pour entretenir l'écosystème d'un fleuve – figure parmi les priorités de la Commission du cours d'eau du Zambèze (ZAMCOM), l'organisation chargée de coordonner la gestion de l'eau dans tout le bassin du fleuve Zambèze, qui est partagé par l'Angola, le Botswana, la Zambie, le Zimbabwe, le Malawi, la Tanzanie et le Mozambique."Pour le moment, nous essayons d’amener tous les acteurs à voir s’il est possible d'établir des flux environnementaux dans le bassin du fleuve Zambèze", indique-t-il à IPS.La première phase du programme, qui prendra fin ce mois, s’est focalisée sur l'établissement des données de base pour seulement trois des huit Etats du Zambèze: la Zambie, le Zimbabwe et le Mozambique. La seconde phase sera étendue à d'autres Etats membres."Nous accordons vraiment très peu d'attention à l'environnement (en tant qu’utilisateurs de l'eau) par rapport à d’autres usagers", a déclaré Chiburre.L’un des effets immédiats de cette inattention dans le Zambèze a été le tarissement de certains marécages, en particulier dans les marais du bas Zambèze au Mozambique."Ils tarissent à cause du manque d’eau", a-t-il expliqué.Chiburre ajoute que les gens dans les plaines inondables du Zambèze ont également signalé une baisse des récoltes, puisque des inondations saisonnières réduites affectent la quantité d'eau et la vase riche en éléments nutritifs déposée chaque année."La nature veut de l'eau pour son intégrité, en particulier pour les écosystèmes qui dépendent directement de l'eau", a indiqué Chiburre à IPS."Alors, si vous n'appliquez pas des flux environnementaux, vous endommagez le tissu social. Les gens ont recours à des pratiques non viables pour la survie, et cela engendre des conflits – soit avec la nature ou avec d'autres êtres humains."Pourtant, ce sont les espèces qui font l'équilibre écologique dans l'écosystème. Elles constituent la base pour la vie des populations; les gens vivent de ces plantes, de ces animaux et interagissent avec eux dans l'équilibre de la nature".Michael Mutale, secrétaire exécutif du secrétariat de la ZAMCOM à Gaborone, au Botswana, affirme que le programme sur les flux environnementaux du bassin du Zambèze est une partie intégrante de l'accent de la commission sur l'amélioration de la gestion efficace des ressources naturelles pour un développement durable."Nous cherchons à gérer les fonctions écologiques et économiques des marécages, à contrôler la pollution de l'eau à partir des sources ponctuelles, à maîtriser les mauvaises herbes aquatiques, ainsi qu’à promouvoir la gestion durable des pêches vers la sécurité alimentaire régionale; c’est là où le programme sur les flux environnementaux devient très efficace".Il existe plusieurs facteurs – les barrages, l'agriculture, l’exploitation minière – qui ont un impact sur les flux du puissant Zambèze, mais il n'a pas encore été transformé au même degré que Incomati. Et les souvenirs d'un garçon qui a grandi dans le district de Magudi, à Maputo, peuvent être l’une des clés pour protéger l'intégrité de ce fleuve de 3.000 kilomètres.

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