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DEVELOPPEMENT: L’Inde et l’Afrique du Sud – des relations toujours plus renforcées

    By Louise Redvers

    JOHANNESBURG, 20 avr (IPS) – Beaucoup a été dit concernant l’empreinte de la Chine en Afrique, mais qu’en est-il de l’Inde, sa concurrente au sein des marchés émergents?

    En tant que quatrième plus grande économie mondiale, et avec une classe moyenne de plus de 400 millions d’habitants (supérieure à toute la population des Etats-Unis), l’Inde est un acteur de plus en plus important sur le plan mondial et, comme la Chine, elle a fermement l’Afrique dans son radar.Bien que des entreprises indiennes aient une présence significative à travers une grande partie de l’Afrique orientale, en raison de la migration historique des travailleurs, le pays considère l’Afrique du Sud comme la porte d’entrée du continent en termes de gros investissements.Avec l’Afrique du Sud qui fait partie du forum de dialogue entre l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud (IBSA) et adhère au groupe des économies émergentes, BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), des analystes croient qu’une coopération économique entre les deux pays se renforcera.En visite à Mumbai (Bombay), en Inde, début avril, la vice-ministre sud-africaine du Commerce et de l’Industrie, Elizabeth Thabethe, a déclaré que le commerce bilatéral devrait atteindre 15 milliards de dollars d’ici à la fin de l’exercice budgétaire, en hausse par rapport à une estimation initiale de 10 milliards de dollars.Tata, 'Reliance and Mahindra' et 'Mahindra' font partie des 96 entreprises indiennes qui investissent actuellement en Afrique du Sud. Plusieurs banques indiennes y font également leur entrée, avec la 'State Bank of India' (Banque d’Etat de l’Inde), la 'ICICI Bank' et la 'Bank of Baroda' déjà installées.En Inde, pendant ce temps, 'SABMiller' d’Afrique du Sud est maintenant le deuxième plus grand producteur de bière dans le pays avec 38 pour cent des parts du marché; 'First Rand Group' a été la première banque africaine à obtenir une licence; les sociétés d’assurance sud-africaines telles que 'Old Mutual' et 'Sanlam' sont également en train de faire leur percée.L’Afrique du Sud, qui a démontré ses capacités en génie civil au cours de la période précédant la Coupe du monde 2010, espère obtenir des contrats de construction lucratifs dans le cadre du plan quinquennal du gouvernement indien de dépenser 800 milliards de dollars sur la réalisation d’infrastructures.

    La société 'Airports Company South Africa' (ACSA) a déjà gagné l’appel d’offres pour la rénovation de l’Aéroport international Chattrapathi Shivaji à Bombay, et il y a des espoirs que d’autres marchés suivront.Abdullah Verachia, directeur de 'Frontier Advisory', une société spécialisée en stratégie et en recherche, basée à Johannesburg, voit la coopération entre l’Inde et l’Afrique du Sud sur une trajectoire fermement ascendante."L’Inde considère l’Afrique du Sud comme une porte d’entrée dans le reste de l’Afrique", a expliqué Verachia."Elle dispose de solides infrastructures, de structures gouvernementales stables, d’une architecture financière et de systèmes bancaires très forts ainsi qu’une bourse des valeurs mondialement reconnue", a-t-il ajouté.La relation entre l’Inde et l’Afrique du Sud, a indiqué Verachia, était basée sur un héritage partagé du colonialisme et la lutte, toujours fortement influencée par Mahatma Gandhi qui a passé plusieurs années de formation en Afrique du Sud, et sur les liens ultérieurs entre le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain, et le Parti du congrès de l’Inde."L’Afrique du Sud occupe une place spéciale dans les cœurs et l’esprit des Indiens", a-t-il souligné.Par ailleurs, "en renforçant les relations traditionnelles développées pendant la période coloniale, l’Inde est très bien placée pour tirer parti de ses liens politiques durables en vue d’un positionnement commercial sur le continent."Les multinationales émergentes de l’Inde sont accueillies dans les économies africaines et ne sont pas obligées de répondre d’un passé politique d’être une ancienne puissance coloniale".L’année dernière, la communauté indienne en Afrique du Sud a commémoré le 150ème anniversaire de l’arrivée des premiers ouvriers indiens en Afrique coloniale.Aujourd’hui, il y a près de 1,3 million d’Indiens vivant en Afrique du Sud, la plupart étant de la quatrième ou de la cinquième génération, et Verachia croit que cette grande diaspora constitue une autre raison des investissements indiens dans le pays."Culturellement, les liens sont forts", a-t-il expliqué. "Les films de Bollywood sont tournés au Cap et à Durban, et le tournoi de la première Ligue indienne de cricket, en Afrique du Sud l’année dernière, a réellement fait la promotion de l’Afrique du Sud en Inde".Bien que le marché sud-africain ait été favorisé par des multinationales plus grandes comme le constructeur automobile Tata, il y a maintenant l’arrivée d’une deuxième vague de petits investisseurs.La plupart des investissements indiens en Afrique du Sud se font à travers le secteur privé, qui les distingue également de l’engagement de la Chine sur le continent, qui est essentiellement dirigé par l’Etat et, souvent, dans les cas de pays comme l’Angola, lié aux lignes de crédit gouvernementales.L’approche du secteur privé de l’Inde, a suggéré Verachia, a adouci la critique du néo-colonialisme souvent faite à la Chine, avide de ressources, même si les besoins énergétiques de l’Inde constituaient également une raison majeure de son expansion économique en Afrique.

    Elizabeth Sidiropoulos, directrice de l’Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA), estime que le désir de l’Inde de "ne pas perdre du terrain" face à la Chine était un motif clé de ses priorités d’investissement plus centrées sur l’Afrique.Dans un article publié le mois dernier par le groupe de réflexion 'Chatham House', basé à Londres, Sidiropoulos demande si l’Afrique du Sud et l’Inde pourraient être "des partenaires au développement en Afrique" et conclut que, bien qu’elles partagent des aspirations économiques similaires, il existe des différences clé dans leurs politiques et la manière dont elles se positionnent sur l’échiquier international.L’engagement croissant des deux pays a été un produit des "changements de pouvoir au plan mondial" et les deux partageaient "le désir d’être vus en train de jouer un rôle positif de développement et d’assumer des responsabilités au niveau mondial".

    L’Afrique du Sud est confrontée à un exercice constant "d’équilibrisme entre soutenir la solidarité africaine et se distinguer comme une puissance régionale et un marché émergent", souligne Sidiropoulos, expliquant que le pays pense souvent qu’il doit prendre "la voie africaine" lorsqu’il agit sur le plan mondial. L’Inde n’a pas ce problème.

    Beaucoup suivront de près la manière dont leur relation évoluera, spécialement avec la Chine, le plus grand partenaire commercial bilatéral de l’Afrique du Sud, assises dans la même salle à la réunion de BRICS.

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    DEVELOPPEMENT: L’heure de l’Afrique a sonné

      By Sanjay Suri

      MADRID, 27 nov (IPS) – Il y a une image de l’Afrique qui est pire que l’Afrique ne l’est, et il y a ensuite l’Afrique dont une grande partie est meilleure que son image. C’est le continent dont l’heure a sonné, ont souligné les responsables africains de la société civile lors d’une rencontre à Madrid, jeudi.

      L’image prédominante d’une Afrique en proie à la pauvreté, à la maladie et à des privations de tout genre, révèle une vérité incontestable, a-t-on reconnu, mais cache la réalité d’une Afrique qui est en croissance à un taux de plus de cinq pour cent en moyenne, qui mobilise des ressources sans aide et qui réussit. L’image cachée est celle d’une vérité peu connue et moins reconnue.Le Malawi est devenu maintenant un donateur de maïs pour les pays qui sont dans le besoin, et il vend ses surplus sur les marchés mondiaux, a déclaré l’archevêque Njongonkulu Ndungane, président de 'African Monitor', une ONG basée au Cap, dans son discours d’ouverture lors de la réunion conjointement organisée par 'Agencia Española de Cooperación Internacional para el Desarrollo' (AECID – Agence espagnole de coopération internationale pour le développement) et Inter Press Service (IPS)."Cette réussite est arrivée après que le gouvernement malawite a ignoré les recommandations de certains organismes de financement demandant de ne pas subventionner les engrais et autres intrants agricoles", a ajouté Ndungane.Cela est un succès parmi tant d’autres. Les histoires mêmes d’échec deviennent des histoires de succès, a déclaré Ndungane. L’Afrique détient encore l’espérance de vie la plus courte et la pauvreté la plus étendue, mais "la bonne nouvelle, c’est que nous sommes en train de renverser la plupart de ces tendances – et c’est pourquoi nous osons affirmer que l’heure de l’Afrique a sonné".Ndungane a indiqué plusieurs aspects positifs. Le taux de l’extrême pauvreté a atteint son point culminant, à la fin des années 1990, à plus de 58 pour cent, mais en 2005, il a chuté à moins de 50 pour cent. L’Afrique sub-saharienne va contre les tendances mondiales pour pousser la croissance de 5,3 pour cent cette année à 6,0 pour cent en 2011.Dans le courant de l’année prochaine, la Banque africaine de développement dépensera 10 milliards de dollars dans des projets infrastructurels, bien que la Banque mondiale déclare que l’Afrique a besoin de 93 milliards de dollars par an pour les routes, l’eau et l’énergie. Là où elle obtient, comme aide, 40 milliards de dollars par an, elle mobilise actuellement 400 milliards de dollars à travers des contrats, des remises et autres mécanismes financiers.C’est le meilleur, mais ce n’est pas tout. Ndungane a plus que reconnu cette image prédominante et les faits qui la sous-tendent.D’autre part, les pays africains se sont engagés à dépenser 20 pour cent de leur budget dans l’agriculture, mais seuls 10 respectent cet engagement. Cela n’a pas aidé les donateurs qui n’ont respecté que 60 pour cent de leurs engagements.Mais il y a presque un accord sur le fait que l’équilibre est en train de changer – et que les médias sont très loin de signaler cette nouvelle mise en équilibre. "Il doit y avoir un changement de paradigme dans les médias parce qu’on ne fait pas de reportage sur les progrès en Afrique", a déclaré Themba James Maseko, directeur général de l’Agence de communication et d’information gouvernementale (GCIS) en Afrique du Sud, lors de la réunion, devant une salle pleine à craquer.La plupart des pays européens ont peu de migrants provenant d’Afrique et la seule image qu’ont les enfants qui grandissent dans ces pays est celle d’un continent pauvre en proie aux conflits et à la pauvreté, a-t-il déclaré. D’autre part, l’Afrique doit faire sa part de travail: bâtir le leadership, construire des industries au lieu d’exporter les matières premières, contrôler la fuite des cerveaux, assurer un environnement durable et lutter contre la corruption.Inévitablement, la rencontre sur l’Afrique en Espagne a révélé la question des sans-papiers africains qui arrivent en Europe."A travers l’histoire, il y a toujours eu de migration", a déclaré Cheriff Sy, président du Forum des éditeurs africains. "Les gens ont toujours migré pour une vie plus heureuse. Et il y a la migration à l’intérieur de l’Afrique aussi".Et il a ajouté: "Ne parlons pas de ces gens comme s’ils sont du bétail".Plutôt que de compter sur les médias, il pourrait être plus utile de les contourner, a suggéré Javier Bauluz, photojournaliste et lauréat du prix Pulitzer. Les gens ne se connaissent pas, a-t-il déclaré, et plutôt que de compter sur les médias, ils doivent partir pour des programmes d’échange. De telles actions au niveau scolaire entre l’Afrique et l’Europe peuvent conduire à une meilleure compréhension, a-t-il déclaré.Le but de la rencontre était de communiquer de pareilles idées, a déclaré le directeur général de IPS, Mario Lubetkin dans ses remarques de clôture. Il s’agissait de "prêter attention à la nouvelle réalité africaine, celle qui peut être entendue sous un nouvel angle, avec dignité, sans peur, sans même la crainte de se tromper ou de faire des erreurs".C’est maintenant, a-t-il déclaré, "une Afrique qui émerge dans un sud qui émerge, ce n’est pas seulement dans le futur, mais au présent, et à partir de cela, l’Afrique est en train de rejoindre le dynamisme de la Chine, de l’Inde et du Brésil".La capacité de l’Afrique et celle de l’Afrique du Sud, a-t-il déclaré, a été démontrée pendant la coupe du monde de football. "Plusieurs personnes avaient déclaré que ce serait un échec, mais la vie s’est révélée être autre chose. Les médias, focalisés sur le football, n’ont pas fait ressortir les dimensions de ce que l’Afrique du Sud et l’Afrique ont accompli dans l’organisation du championnat. C’était un tournant!"Reprenant à son compte l’expression "afro pessimisme" lors de la réunion, Lubetkin a déclaré que les médias aident parfois à accroître cet "afro pessimisme". La réunion, a-t-il déclaré, a ouvert les esprits à un nouvel "afro optimisme", non comme un exercice de relations publiques, mais comme une perspective pour comprendre l’Afrique.Un nouveau site web de IPS Africa a été lancé pendant la réunion. (http://www.ips.org/africa/)

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      DEVELOPPEMENT: L’investissement dans les petits fermiers, crucial en Afrique

        By Miriam Mannak

        LE CAP, 26 juin (IPS) – Des efforts pour réduire la pauvreté et la faim et pour accroître les économies africaines sont vains si les besoins et le potentiel des petits agriculteurs dans la région sont ignorés et que la question des barrières commerciales demeure irrésolue.

        Cette position a émergé au cours du Forum économique mondial (WEF) sur l’Afrique qui s’est déroulé il y a environ deux semaines au Cap, en Afrique du Sud.

        "Nous avons environ 80 millions de petits fermiers en Afrique, qui produisent très peu – non pas parce qu’ils ne veulent pas être plus productifs, mais parce qu’ils ne sont pas capables", a affirmé Florence Wambugu, une lobbyiste en faveur de la technologie de modification génétique et ancienne biotechnologue de Monsanto.Son organisation, 'Africa Harvest Biotech Foundation', qui est basée au Kenya, milite en faveur de l’utilisation de la biotechnologie. "L’accroissement de la productivité de ces fermiers est possible et c’est fondamental pour la sécurité alimentaire de l’Afrique et l’ensemble de la croissance économique", a ajouté Wambugu.

        Les petits fermiers en Afrique sont confrontés à de nombreux obstacles, a-t-elle déclaré à IPS. Ceux-ci vont du manque de l’infrastructure à aucun accès au crédit et à la nouvelle technologie ainsi qu’à un appui faible ou inexistant de la part du gouvernement et des institutions financières.

        Kofi Annan, président du Conseil d’administration de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), a reconnu cela.

        "Le petit fermier africain moyen nage seul", a affirmé l’ancien secrétaire général des Nations Unies. "Elle n’a aucune assurance contre les conditions météorologiques changeantes, n’obtient aucune subvention et n’a aucun accès au crédit. Je dit 'elle' parce que la majorité des petits agriculteurs en Afrique sont des femmes".AGRA est une organisation non gouvernementale qui vise à réduire la pauvreté parmi les petites communautés agricoles d’Afrique.

        Nick Moon, co-fondateur de 'Kickstart International' – une organisation à but non lucrative qui développe des technologies de faible coût pour les agriculteurs des cultures de rente pauvres – a insisté qu’une mauvaise infrastructure d’irrigation joue un rôle important dans la souffrance des paysans et dans l’insécurité alimentaire dans la région.

        "Seulement quatre à cinq pour cent des terres agricoles en Afrique sont irriguées. Le reste est tributaire de la pluie", a-t-il indiqué. Quelques petits fermiers en Afrique subsaharienne "vivent à proximité d’une source d’eau, que ce soit l’eau du sous-sol ou de surface. Ceci est un problème, notamment à cause des changements climatiques".

        "Par conséquent, en abordant les besoins de l’agriculture à petite échelle, plus d’attention devrait aller vers l’eau et l’infrastructure d’irrigation".L’accès aux marchés est crucial quand il s’agit de rendre autonomes les communautés africaines agricoles pauvres, a ajouté Wambugu. "Beaucoup se battent pour commercialiser leurs produits agricoles", a-t-elle dit."Les barrières commerciales internationales pour protéger les fermiers dans les pays riches jouent vraiment un rôle, mais les tarifs régionaux existants constituent également des obstacles", a-t-elle souligné. "La création d’un marché régional pour les produits africains stimulera leur production puisqu’ils seront capables de vendre leur surplus et nous améliorerons la sécurité alimentaire du continent et, par conséquent, l’ensemble de l’économie".

        Des statistiques produites par Perspectives économiques africaines, qui fournissent des informations et analyses économiques sur les économies de l’Afrique, indiquent que le commerce intra-africain en 2008 s’élevait à 424,14 milliards de dollars dont 17,1 pour cent représentait l’agriculture.

        Au cours de la rencontre du WEF sur l’Afrique, il a été souligné que les gouvernements africains – en dehors de l’ouverture de leurs marchés pour les produits agricoles venus d’ailleurs sur le continent – devraient tenir leur promesse de dépenser 10 pour cent de leurs budgets sur l’agriculture.En 2003, avec la Déclaration de Maputo, les dirigeants africains se sont engagés à allouer 10 pour cent de leurs budgets nationaux à l’agriculture d’ici à 2008 comme faisant partie de leurs efforts de réaliser le premier Objectif du millénaire pour le développement – lutter contre la faim et la pauvreté.

        Six pays ont atteint cet objectif jusque-là, avec la moyenne des dépenses sur l’agriculture au sein de l’Union africaine tournant autour de cinq à six pour cent.

        L’un des pays qui sont en train de réaliser cet objectif est le Rwanda. "L’agriculture est un conducteur important du développement économique, notamment en Afrique où beaucoup de personnes dépendent de l’activité agricole", a déclaré le président rwandais, Paul Kagame."Si vous permettez aux agriculteurs d’accroître leur productivité, vous augmentez votre produit intérieur brut (PIB) et vous sortez les gens de la pauvreté. L’Afrique peut devenir le grenier du monde, mais vous devez travailler sur cela. Investir dans l’agriculture est plus facile que d’avoir des millions de personnes manquant de nourriture", a-t-il ajouté.Selon Wambugu, il est important que les gouvernements africains se concentrent plus sur le développement rural. "C’est là où la majorité des gens vivent. En ne rendant pas les zones rurales plus attractives, les gens continueront d’affluer vers les villes espérant une meilleure vie. Cela n’est pas bénéfique pour la sécurité alimentaire du continent".

        Des chiffres du Centre des Nations Unies pour les établissements humains montrent que le taux d’urbanisation de l’Afrique de 3,5 pour cent par an est le plus élevé au monde et est essentiellement provoqué par la pauvreté rurale. On estime que d’ici à 2030, plus de la moitié de la population du continent vivra dans des villes et des établissements ruraux.

        L’Afrique du Sud est l’un des pays qui ont promis de mettre plus d’énergie dans le développement rural.

        Dans son premier discours sur l’état de la nation en juin 2009, Jacob Zuma, nouvellement élu président, a dit qu’en "travaillant ensemble avec nos populations dans les zones rurales, nous assurerons une stratégie de développement rural globale liée à la réforme agraire et à la sécurité alimentaire."Les gens dans les zones rurales ont un droit d’être aidés dans l’agriculture afin qu’ils puissent produire des légumes et d’autres choses, et élever le bétail afin qu’ils puissent se nourrir".Wanbugu applaudit ces promesses. "Ce changement de mentalité est nécessaire à travers le continent. Le développement des zones rurales constitue la voie à suivre pour l’Afrique".

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        DEVELOPPEMENT: L’Afrique peut connaître ‘des siècles’ de pauvreté

          By David Cronin

          BRUXELLES, 12 jan (IPS) – Une extrême pauvreté continuera par anéantir l’Afrique subsaharienne pendant encore 200 années à moins que l’action pour la maîtriser soit intensifiée, souligne un nouveau rapport.

          ‘Social Watch’, un réseau de groupes de campagne, a conçu une mesure dénommée "les indices fondamentaux de capacité" pour évaluer le niveau de pauvreté à travers le monde. Son dernier rapport indique que 80 pays — hébergeant la moitié de la population mondiale — évoluent difficilement lorsqu’on considère trois critères : le nombre d’enfants qui meurent avant leur cinquième anniversaire, la proportion des enfants qui terminent l’enseignement primaire, et la proportion de naissances qui sont suivies par des sages-femmes formées ou d’autres professionnels de la médecine.

          Seulement 16 de ces pays ont enregistré une amélioration remarquable depuis 2000. Bien que les pays faisant des progrès dont l’Inde, hébergent 1,6 milliard de personnes, une régression a été enregistrée dans d’autres avec une population combinée de 150 millions d’habitants. La dernière catégorie comprend le Tchad, le Niger, le Malawi, le Bénin et le Yémen, alors que le Bangladesh, l’Ouganda, le Nigeria, Madagascar et le Ghana ont été listés comme des pays en stagnation.

          Pendant qu’une grande partie de l’Afrique subsaharienne a enregistré une forte croissance économique au cours des dernières années, cela n’a pas été traduit en une baisse considérable des niveaux de pauvreté. Dans l’état actuel des choses, les besoins fondamentaux de millions d’Africains ne seront pas satisfaits avant le 23ème siècle, avec beaucoup de gouvernements s’efforçant d’honorer les promesses qu’ils ont faites. La Zambie, par exemple, a entrepris de fournir gratuitement des soins de santé de base à tous les citoyens. Pourtant, le pays continue de présenter l’un des taux d’espérance de vie les plus bas sur la planète.

          Roberto Bissio, coordonnateur de ‘Social Watch’, a prédit que la crise qui s’est emparée du capitalisme international en 2008, compliquera davantage les choses. "Les pays pauvres vont très vraisemblablement souffrir très sérieusement d’une crise qu’ils n’ont pas en réalité provoquée", a-t-il affirmé, indiquant que les sources d’argent cruciales telles que les envois de fonds de la part des émigrés vont probablement baisser.

          Selon Bissio, l’une des réactions les plus appropriées des gouvernements serait de développer une réponse plus cohérente à la réalisation des droits humains, notamment ceux ayant une dimension économique et sociale.

          Il a déclaré qu’au cours des 20 dernières années, des organismes internationaux ont été enthousiastes à promouvoir les ‘droits’ des entreprises à s’implanter partout dans le monde, interdisant aux Etats pauvres "de leur imposer des conditions qui contribuent au développement des pays hôtes "

          Des règles d’investissement relâchées ont souvent signifié que de grandes entreprises paient une petite taxe aux autorités des pays où elles opèrent.

          Selon la Banque mondiale, environ 800 milliards de dollars de capitaux exempts de taxes quittent chaque année des pays pauvres ou des économies en transition.Selon le Réseau pour la justice des impôts (Tax Justice Network), un système international d’échange d’informations sur comment les taxes sont payées par les entreprises devrait être mis en place. L’Union européenne (UE) dispose déjà d’un tel système pour ses 27 Etats membres, mais avec d’importantes lacunes. Les Européens souhaitant cacher de l’argent aux autorités fiscales peuvent simplement le faire dans des paradis tels que Singapour, par exemple.

          Ana Gomes, un membre socialiste portugais du Parlement européen, a déploré que le gouvernement de centre-gauche de Grande-Bretagne continue de résister aux efforts visant à mettre fin aux paradis fiscaux afin de protéger la ville de Londres, le district financier de Londres. Selon elle, les discussions prochaines sur la réforme de l’économie mondiale, telles que les rencontres du groupe G20 des économies dirigeantes du monde, doivent se débattre avec les problèmes y afférents.

          "Les paradis fiscaux constituent une source d’inégalité", a-t-elle ajouté. "Il n’existe aucun moyen par lequel les règles (de finance internationale) vont être réécrites d’une manière sensible si les paradis fiscaux ne sont pas bannis".

          Reed Brody, un militant de ‘Human Rights Watch’, a déclaré que c’était "ahurissant" que 60 pour cent des pays du monde n’aient fait aucun progrès au cours des dernières années en élargissant l’accès des femmes à l’éducation. Il a appelé à un investissement accru dans la réalisation des droits fondamentaux comme faisant partie d’un "paquet de stimulants des droits humains".

          "Lorsque vous libérez les femmes de la discrimination et de la mauvaise santé dont elles sont victimes dans leurs vies quotidiennes, vous détachez les pouvoirs de la moitié de l’humanité à contribuer à la croissance économique", a-t-il indiqué.

          Simon Stocker de ‘Eurostep’, une alliance de groupes anti-pauvreté, a déclaré que les activités d’aide au développement de l’UE portent plus l’attention sur les opportunités d’investissement pour les entreprises occidentales dans les pays pauvres que sur les besoins de santé et d’éducation. Des 70 plans d’aide élaborés par les officiels de l’UE pour l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique, la santé et l’éducation ont été identifiées comme des priorités dans moins de 10 cas chacune."Parce que L’Union européenne est elle-même construite autour d’une approche économiquement libéralisée du développement, cela est en partie en train d’être automatiquement exporté (dans ses activités d’aide)", a-t-il dit. "Il apparaît plus comme si l’Union européenne est en train promouvoir ses propres intérêts commerciaux plutôt que le développement économique (bénéficiaire de l’aide) des pays eux-mêmes".

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          DEVELOPPEMENT: L’aide aux plus démunis est « ridicule »

            WASHINGTON, 8 november (IPS) – Selon un nouveau rapport, il faut repenser les stratégies d’aide et se débarrasser des sectarismes si on veut faire parvenir les richesses mondiales jusqu’aux plus pauvres de la planète.

            Les pays en développement ont hissé une part importante de leurs populations au-dessus du seuil de pauvreté du dollar par jour, mais peu des « ultra pauvres », 162 millions de gens vivant avec moins de 50 cents par jour, ont profité de ces mesures. Et leur nombre augmente, selon le rapport de l’International Food Policy Research Institute (IFPRI – Institut international d’Etudes sur la Politique alimentaire) publié mardi.

            Les chiffres sont inquiétants et prouvent que les mesures actuelles ne suffiront pas à combler le déficit, explique Ruth Vargas Hill, une de auteurs du rapport. Elle milite auprès des organismes d’aide pour une refonte spécialisée des efforts dans ce domaine, comme des formations à la lecture et à l’arithmétique, nécessaires pour l’usage du microcrédit, par exemple.

            Il faudra aussi mettre de côté les sectarismes ethniques ou religieux. Dans le cas de l’Inde par exemple, une écrasante majorité d’ultra pauvres proviennent de castes inférieures.

            Si on réunissait tous ces laissés pour compte dans un pays, il serait le septième foyer démographique mondial, peuplé presque entièrement d’analphabètes diminués physiquement par la malnutrition et reliés entre eux par un réseau composé uniquement de routes de campagne insalubres.
            En tout, 969 millions de gens, un homme sur six, vivent sous le dollar par jour. La moitié d’entre eux vit avec plus de 75 cents et un tiers entre 50 et 75 cents. Les 17% restants sont les ultra pauvres. Les chiffres sont parlants, Afrique sub-saharienne : 121 millions, soit 75%. Amérique latine et les Caraïbes : 12 millions, soit 7%. Asie de l’Est et du Pacifique : 8,8 millions d’ultra pauvres, dont 70% en Chine. Enfin, Asie du Sud : 20 millions, soit 12%.

            « Des actions nouvelles et différentes sont nécessaires et urgentes pour améliorer la vie des personnes les plus démunies », explique Joachim von Braun, directeur général de l’IFPRI. « On ne peut plus se concentrer uniquement sur la croissance. »

            Le rapport a salué la récente promotion de la croissance « inclusive » et du renouveau agricole, mais il souligne que les ultra pauvres auront aussi besoin de filets de sécurité sociaux et alimentaires, d’assurance pour leurs récoltes – pour contrer les dérèglements climatiques –, de formation de base et d’un accompagnement sur les marchés locaux.

            Selon von Braun, de telles expériences ont été menées avec succès, en Ethiopie et en Syrie par exemple, et il faut insister dans ce sens, avec des mesures de microfinance bille en tête. Car la pauvreté est l’affaire de tous.

            MDG8

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            DEVELOPPEMENT: L’UE ne respecte pas ses engagements en faveur des OMD

              BRUXELLES, 25 juin (IPS) – Augmenter l’aide publique européenne au développement ne suffira pas à permettre aux pays pauvres d’atteindre les objectifs en matière de développement fixés par les Nations Unies, indique un rapport du Parlement européen.

              En 2005, quinze Etats membres de l’Union européenne se sont engagés à consacrer 0,7% de leur produit national brut à l’aide publique au développement d’ici à 2015. Leur ambition était de contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

              A l’aube du nouveau millénaire, les Etats membres de l’ONU ont en effet convenu de huit objectifs prioritaires en matière de développement à atteindre d’ici à 2015. Ils visent notamment à réduire de moitié le nombre d’individus souffrant de la faim ou vivant dans l’extrême pauvreté, à assurer une éducation primaire pour tous ou à maîtriser les pandémies comme le sida, le paludisme ou la tuberculose.

              Selon le rapport du Parlement européen, l’aide publique au développement a sensiblement diminué. En 2005, elle représentait environ 0,44% des produits nationaux bruts combinés. L’an dernier, ce pourcentage atteignait 0,43%. "Si on n’augmente pas l’aide aux pays les plus pauvres afin d’accroître leurs propres ressources domestiques, les objectifs ne pourront être atteints", indique la députée européenne Glenys Kinnock, coauteur de ce rapport.
              Pour cette parlementaire membre du parti travailliste, plusieurs pays européens ne respectent pas leur engagement. L'Italie, par exemple, accuse un important retard et n'a consacré en 2006 que 0,2% de son PNB à l’aide publique au développement.

              Presque tous les objectifs fixés en 2000 par les Etats membres de l’ONU sont liés à la santé et à l’éducation. Le nouvel instrument européen de coopération au développement prévoit qu’en 2009 au moins 20% de l’aide publique au développement devront être consacrés à des projets dans ces deux secteurs. Or, à l’heure actuelle, moins de 7% de l’aide européenne sont consacrés à la santé ou à l’éducation, indique Glenys Kinnock.

              Pour combler les dépenses en matière de santé, près de 12 milliards d’euros supplémentaires par an seraient nécessaires, estime-t-elle. Et pour atteindre les objectifs fixés dans le domaine de l’éducation, l’UE devrait augmenter son aide de 5,3 milliards d’euros par an.

              D’après ce rapport, l’aide administrée par la Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, se concentre davantage sur des projets dans le domaine des infrastructures plutôt que sur les besoins de base des populations.

              En 2005, l’aide accordée par la Commission à des projets développant les secteurs des transports ou des infrastructures atteignait 817 millions d’euros, contre 185 millions d’euros pour l’éducation et 239 millions d’euros pour les soins de santé.

              Glenys Kinnock estime par ailleurs que de nombreux Etats membres de l’UE "gonflent" leurs statistiques en incluant dans leurs chiffres de l’aide au développement les opérations de remise de la dette des pays pauvres. Le rapport cite notamment l’Autriche, la France, l’Italie, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

              Cette pratique est autorisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). "Mais les opérations d’allègement de la dette ne représentent pas un transfert de nouvelles ressources destinées au développement", rappelle Glenys Kinnock. (FIN/IPS/2007) MDG8

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              DEVELOPPEMENT: L’Afrique menacée par une pénurie d’eau

                PRETORIA, 26 avril (IPS) – Vingt-cinq pays d’Afrique pourraient être confrontés à une pénurie d’eau ou un stress hydrique au cours des vingt à trente prochaines années. Environ 230 millions d’Africains, soit 16 pour cent de la population du continent, pourraient manquer d’eau en 2025, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

                Ces chiffres ont été présentés cette semaine par Ahmed Nejjar, membre du Bureau régional pour l’Afrique de l’OMS, à l’occasion d’une conférence sur la gestion des ressources en eau qui se déroulait à Pretoria. En Afrique, a-t-il rappelé, près de 75 pour cent de la population tire ses besoins en eau potable des fleuves ou des rivières.

                Les prévisions de cet expert ont été renforcées par d’autres données présentées à cette conférence par des spécialistes du climat, qui craignent que le réchauffement climatique entraîne une diminution des précipitations et une augmentation des périodes de sécheresse sévère sur le continent. Pour certains chercheurs, la situation est déjà préoccupante.

                "Je me suis rendu à Limpopo (Afrique du Sud) en avril et le niveau du fleuve était bas alors que nous étions à la fin de la saison des pluies", a expliqué Marius Classen, spécialiste des ressources en eau auprès du Council for Scientific and Industrial Research (CSIR), l’un des plus importants instituts en matière de recherche et développement du continent.

                Le fleuve Limpopo, dont une partie du cours est située à la frontière entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, a donné son nom à une province du nord de l’Afrique du Sud où vivent près de huit millions d’habitants. "La population y dépend en majorité de l’eau du fleuve qui alimente également les sols", précise le chercheur.

                "Auparavant, les précipitations étaient meilleures, mais la pluie se fait de plus en plus rare, et nous devons nous préparer à de plus grandes périodes de sécheresse", a indiqué Kevin Scott, chercheur à l’Institute for Agricultural Engineering d'Afrique du Sud et auteur d’une étude dans la province.

                D’après la "Stern Review", une étude britannique sur les conséquences économiques du changement climatique, une augmentation du niveau des températures de l’ordre de 4 degrés Celsius pourrait entraîner une diminution de 30 à 50 pour cent des capacités en eau dans les régions les plus vulnérables, notamment en Afrique australe.

                En Afrique du Sud, les autorités ont déjà accéléré leurs efforts en vue d’atteindre l’un des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui vise à réduire de moitié, d'ici à 2015, le nombre d’individus n’ayant pas accès de façon durable à l'eau potable et à des conditions sanitaires adéquates.

                Depuis la fin de l’apartheid, 14 millions de Sud-Africains ont pu bénéficier d’infrastructures sanitaires de base, a annoncé lors de la conférence Cornelius Ruiters, responsable des infrastructures de gestion des ressources en eau au sein du Département sud-africain des eaux et forêts. "Aujourd’hui, 31 millions d’habitants ont un accès de base à une eau potable gratuite, ce qui représente environ 67 pour cent de la population", a-t-il ajouté. (FIN/IPS/2007) MDG7

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                DEVELOPPEMENT: L’UE attachée à ses subventions agricoles

                  BRUXELLES, 18 avril (IPS) – L’Union européenne consacrera cette année 35 pour cent de son budget total de 115 milliards d’euros à l’aide aux agriculteurs, alors que ceux-ci ne représentent qu’un peu moins de 5 pour cent de la main d’œuvre européenne.

                  Face à ce constat, plusieurs organisations non gouvernementales de développement s’interrogent. L’UE est-elle en bonne posture pour demander la libéralisation du commerce des denrées agricoles dans les pays pauvres, où la survie de près de 70 pour cent des populations dépend de la culture de la terre ?

                  L’agriculture est aujourd’hui l’enjeu le plus litigieux du cycle de Doha, la ronde de négociations sur le commerce international placée sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), initiée en 2001 dans la capitale qatarie.
                  Dernièrement, les quatre grands acteurs des négociations agricoles – l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Inde et le Brésil – étaient réunis à New Dehli pour rechercher un compromis. Jusqu’à présent, ce genre de rencontre n’a jamais abouti à un arrangement car les divergences entre le bloc des riches (UE et Etats-Unis) et des pauvres (Inde et Brésil) sont importantes.

                  C’est l’Inde qui dirige au nom des pays en développement membres de l’OMC les efforts en vue d’éviter une libéralisation effrénée. Des organisations non gouvernementales, dont l’ONG internationale ActionAid, l’encouragent d’ailleurs à ne pas céder aux pressions européennes ou américaines.

                  "Il faut comprendre que la protection de l’agriculture des pays pauvres est une question de vie ou de mort", explique Aftab Alam Khan, responsable de la campagne d’ActionAid. "Rien qu’en Inde, il y a 350 millions d’agriculteurs pauvres", souligne-t-il.

                  Selon cet activiste, il est évident que l’Union européenne poursuit une politique hypocrite en tentant de protéger son agriculture. "Le secteur emploie à peine 3 à 4% des travailleurs européens, tandis que dans les pays pauvres, ce sont environ 70% des populations qui sont impliquées. Le niveau de développement et les différences de pauvreté sont également fort différents", note Aftab Alam Khan.

                  Pour Michael Mann, porte-parole du Commissaire européen en charge de l’Agriculture Mariann Fischer Boel, ceux qui militent contre la pauvreté se trompent lorsqu’ils abordent la position de l’Union européenne.

                  "Les réductions tarifaires recherchées par l’UE pour l’Inde équivalent environ deux-tiers de celles proposées pour les pays riches", explique-t-il. "L’Union européenne cherche à augmenter ses exportations de biens à forte valeur ajoutée ; elle ne répercute pas les exigences américaines qui souhaitent que l’Inde réduise sa demande de produits spéciaux", ajoute-t-il.

                  L’Inde, l’Indonésie et les Philippines veulent en effet ne pas avoir à baisser les tarifs à l’importation des produits spéciaux comme le maïs, le coton ou le riz.

                  Les producteurs européens de vins et de spiritueux sont quant à eux particulièrement intéressés par le marché indien et ses nouvelles classes moyennes ou bourgeoises. L’Union européenne s’est d’ailleurs plainte auprès de l’OMC des droits de douanes excessifs appliqués par l’Inde. Ceux-ci peuvent parfois atteindre 550% sur les spiritueux et 264% pour les vins.

                  Il est probable que l’UE s’adresse à ce propos à l’organe de règlement des conflits de l’OMC lors de sa prochaine réunion le 24 avril. L’Inde a cependant annoncé qu’elle pourrait mettre en place une législation tarifaire revue à la baisse d’ici là afin de mettre un terme à cette dispute.

                  "C’est faux de dire que nous portons préjudice aux Indiens. Contrairement aux Etats-Unis, nous leur sommes favorables au sujet des produits spéciaux et nous n’essayons pas de mettre à mal la survie des agriculteurs", explique Michael Mann.

                  "Les ONG de développement tentent de nous assimiler aux Américains, mais notre position est totalement différente. Nous proposons de réduire de 70% nos subventions déformantes alors que les Américains dépensent plus en subventions agricoles, qui sont particulièrement néfastes pour le marché indien".

                  Bien que les Etats-Unis aient proposé de réduire de 53% leur soutien au secteur agricole dans le cadre des pourparlers de Doha, ils comptent augmenter leurs dépenses sous le Farm Bill 2007, leur législation agricole.
                  Le Commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a annoncé qu’il souhaitait parvenir à une percée dans les négociations de Doha, et ce avant le terme du mandat de Susan Schwab, la représentante américaine au commerce, dont les fonctions prennent fin en juin.

                  Selon lui, sans avancée majeure dans ces négociations, il y a peu de chance de parvenir encore cette année à un nouvel accord en matière de commerce international.

                  A la fin de ce mois, le diplomate qui préside les négociations agricoles devrait tenter d’insuffler un nouvel élan aux pourparlers. Crawford Falconer, le représentant néozélandais auprès de l’OMC, devrait en effet présenter un texte reprenant les progrès déjà accomplis jusqu’à présent et les éventuels compromis qui pourraient encore émerger.

                  Selon Shelby Matthews, spécialiste des affaires commerciales au sein du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne (COPA), la proposition faite par l’UE bénéficiera principalement à des pays comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie ou le Brésil, qui sont déjà d’importants exportateurs agricoles, mais très peu aux pays en développement.

                  D’après de récentes données publiées par l’OMC, 2006 a été une année record pour les pays en développement, leur part dans les exportations mondiales de marchandises ayant atteint 36 pour cent. Pour les 50 pays les moins avancés de la planète, la part de 1% enregistrée en 2006 représentait aussi un record jamais atteint depuis 1980, selon l’organisation. (FIN/IPS/2007) MDG8 MDG1

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                  DEVELOPPEMENT: L’aide des pays riches a baissé en 2006

                    PARIS, 3 avril (IPS) – L’aide au développement accordée l’an dernier par les pays riches a baissé de 5,1%, note le rapport annuel de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En 2006, les principaux pays donateurs ont consacré 103,9 milliards de dollars aux pays en voie de développement.

                    Pour l’OCDE, ce recul n’est pas une surprise car il témoigne de l’ampleur des opérations d’allègement de la dette qui avaient atteint des records en 2005, notamment en faveur de l’Irak et du Nigeria. En vertu des règles de l’organisation, les pays donateurs peuvent en effet inclure ces remises de dette dans les montants accordés à l’aide publique au développement.

                    Pour l’Afrique subsaharienne, par exemple, l’aide des principaux donateurs a atteint l’an dernier 28 milliards de dollars, soit une hausse de 23%, mais l’essentiel provient toutefois des remises de dette. En laissant de côté les allègements dont a bénéficié le Nigeria, l’aide reçu par cette région d’Afrique n’a progressé que de 2%, constate l’OCDE.

                    Or, les pays les plus industrialisés de la planète (G8) s’étaient pourtant engagés en 2005 à doubler leur aide à l’Afrique d’ici à 2010. "La situation reste pourtant de l’ordre du statu quo alors qu’on aurait pu espérer davantage de progrès", a estimé mardi à Paris Richard Manning, le président du Comité d’aide au développement de l’OCDE. Selon lui, les chiffres de 2007 seront décisifs car ils permettront d’estimer si oui ou non les promesses faites pour 2010 pourront être tenues.

                    Selon le Comité d’aide au développement (CAD), les opérations de remise de dette attendues cette année, notamment en faveur de la République démocratique du Congo et du Libéria ne devraient pas atteindre les records connus en 2005 ou 2006. "Si l’Union européenne et le G8 veulent respecter leurs engagements, ils devront donc remplacer les opérations d’allègement de la dette par d’autres formes significatives d’aides au développement", a toutefois estimé Richard Manning.

                    En 2006, l’aide accordée par les quinze membres du Comité appartenant à l’UE s’est élevée à 58,9 milliards de dollars (44 milliards d’euros), soit 0,43% de leur produit national brut cumulé. Cette somme est supérieure aux objectifs que l’UE s’était fixée en 2002 lors du sommet de Monterrey (Mexique), où ses dirigeants s’étaient engagés à consacrer 0,39% de leur PNB à l’aide au développement.

                    Pour les organisations non gouvernementales, les chiffres publiés par l’OCDE sont cependant trompeurs. "Si l’on ôte les 11 milliards d’euros d’allègement de dette, les 1,6 milliard d’aide à la mobilité des étudiants étrangers ainsi que le milliard d’euros alloué à l’accueil des réfugiés, l’UE n’a consacré que 0,3% de son PNB à l’aide réelle au développement", estime la Confédération européenne des ONG d’urgence et de développement (Concord).

                    Pour l’instant, l’OCDE n’envisage pas de remettre en question la possibilité qu’ont ses membres d’inclure les remises de dette dans les montants de l’aide publique accordée développement, a précisé Richard Manning, car ces allègements vont sans doute diminuer au cours des prochaines années.

                    En 2006, la Belgique fait partie des cinq pays européens dont les dépenses en matière d’aide au développement ont baissé (-2,7%). L’an dernier, notre pays a consacré 1,47 milliard d'euros d'aide, dont environ 306 millions sous forme de remise de dette. Avec 0,5% de son Revenu National Brut consacré à l’aide au développement, la Belgique se rapproche de l’objectif des 0,7% qu’elle s’est fixé pour 2010, conclut l'organisation. (FIN/IPS/2007) MGD8

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                    DEVELOPPEMENT: L’analphabétisme en baisse au Maroc

                      CASABLANCA, 29 janv. (IPS) – D’après les statistiques officielles, le programme d’alphabétisation lancé par les autorités marocaines a considérablement diminué le nombre d’illettrés dans le pays. Bien que les chiffres reflètent les progrès réalisés, certains observateurs estiment qu’ils doivent cependant être remis en contexte.

                      Il y a deux ans, le Maroc a lancé un programme de lutte contre l’analphabétisme dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Son ambition est de permettre à chaque citoyen d’apprendre à lire et à écrire d’ici à 2015.

                      Selon les chiffres officiels, l’illettrisme concerne aujourd’hui 38 pour cent de la population marocaine (sur un total estimé à 30 millions d’habitants), contre 80 pour cent en 1960 et 48 pour cent en 1999.

                      Ce programme, baptisé "en route vers la lumière" ou "massariat al nour" en arabe, touche un million d’illettrés chaque année. L’Etat parvient à former 570.000 personnes par an, indique-t-il. Les organisations non gouvernementales touchent environ 269.000 citoyens, le secteur public 146.000 individus et le secteur privé 15.000 personnes.

                      Abdessamad Hassad, un chercheur qui étudie l’influence du taux d’alphabétisation sur la démocratie et le développement, estime que ce programme est pauvre en contenu et en moyens. Selon lui, le nombre de lecteurs de la presse écrite est encore largement insuffisant. "Environ 300.000 personnes lisent un des 700 journaux ou magazines publiés au Maroc", déplore-t-il.

                      Un constat qui doit à son tour être nuancé. "Grâce au programme, je peux à présent lire et écrire", explique Hajja Fatima, âgée de 68 ans. "Il m’a aidé à comprendre les informations à la radio ou à la télévision, mais je n’aime pas les journaux. Les hommes politiques se moquent de ce que nous disons alors je me fiche de ce qu’ils disent dans les journaux", explique-t-elle.

                      "L’alphabétisation constitue un obstacle à la démocratie et au développement. Si plus de deux tiers de l’électorat est illettré, il ne peut faire la différence entre les programmes proposés par les différents partis politiques", ajoute Abdessamad Hassad. "Les électeurs peuvent donc être facilement influencés ou se laisser corrompre. Tout cela peut mener à des élections, des votes et des représentations faussés", estime-t-il.

                      Pour ce chercheur, l’analphabétisme créé un fossé entre le peuple et les élites. "Douze millions de Marocains sont illettrés, ce qui signifie qu’ils n’ont pas accès à ce que produisent les élites. La communication entre les deux se limite donc aux campagnes électorales", remarque Abdessamad Hassad.

                      Au Maroc, tous les responsables politiques n’ont pas terminé leur premier cycle d’études. Aux yeux de la loi marocaine, les députés doivent au moins avoir obtenu le certificat d’enseignement primaire pour pouvoir siéger au parlement ou dans les municipalités. Après les élections de 2002 et 2003, plusieurs diplômes présentés par des candidats élus se sont avérés faux.

                      Certains citoyens, comme Abdelkader Faydi, un électricien de 34 ans, n’ont pas attendu le programme des autorités pour apprendre à lire et à écrire. Grâce à Internet, cet autodidacte a en effet acquis des notions d’arabes et de français, qui lui ont permis d’améliorer ses connaissances en installations électriques. « J’ai des revenus supplémentaires à présent, et c’est une bonne nouvelle. Je continue à apprendre et je n’arrêterai jamais », dit-il.

                      Mais les gens comme Abdelkader Faydi sont rares, estime Abdessamad Hassad. "Nous devons lutter contre l’analphabétisme. Nous devons encourager chacun et chacune à combattre l’illettrisme", a-t-il conclu. (FIN/IPS/2007) MGD2

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                      DEVELOPPEMENT: L’UE et l’Afrique débattent de bonne gouvernance

                        BRUXELLES, 16-11-2006 (IPS) – Plus de 2000 experts du développement d'Europe et d'Afrique débattent cette semaine à Bruxelles de la bonne gouvernance, mais les ONG doutent que l'Europe soit bien placée pour donner des leçons en la matière.

                        La bonne gouvernance est au centre des "Journées européennes du développement", un large forum de rencontres UE-Afrique organisé à l'initiative du Commissaire au Développement Louis Michel. Plus de 2000 experts européens du développement, représentants de la société civile et responsables de pays en développement sont réunis de mercredi à vendredi dans la capitale.

                        Durant trois jours, ils auront l’occasion d’échanger leurs points de vue sur l’efficacité de l’aide européenne au développement et le renforcement de la bonne gouvernance dans les pays bénéficiaires.

                        La société civile, qui note l’absence lors des débats de représentants du Parlement européen, estime cependant que l’Europe est mal placée pour parler de responsabilité et de transparence vis-à-vis des pays en développement.

                        La bonne gouvernance est l’un des principaux critères des donateurs européens en matière d’octroi d’aide publique au développement. Ces Journées européennes pour le développement se concentrent sur le continent africain, représenté à Bruxelles par une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernements.

                        « L’Afrique reçoit actuellement 60 pour cent de son aide au développement – soit 15 milliards d’euros – de l’Europe », a expliqué le président de la Commission européenne José Manuel Barroso lors de son discours d’ouverture. « La relation entre l’Europe et l’Afrique est trop souvent définie en termes de donateurs et de bénéficiaires. Mais, aujourd’hui, nous commençons à travailler ensemble en tant que partenaires et voisins », a-t-il précisé.

                        A l'ouverture du forum, le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a d’ailleurs plaidé pour la mise en place d’un sommet annuel Europe-Afrique pour instituer un véritable partenariat entre les deux continents. « Il est inadmissible que l’Union européenne entretienne des partenariats privilégiés avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l’Asem ou l’Amérique latine, mais qu’elle ne soit pas en mesure d’appliquer cette même politique pour l’Afrique », a-t-il déclaré.

                        Du leur côté, des représentants de la société civile se sont montrés très critiques, tant à l’égard de la thématique choisie que de l’organisation de ce forum. « Il faut mettre en pratique ce que vous prêchez », explique Mikaela Gavas, membre de la confédération européenne des ONG d’urgence et de développement Concord. « Le Parlement européen n’est par exemple pas impliqué dans cette conférence. Quelle image de responsabilité et de transparence cela donne-t-il ? », se demande la coupole d’ONG.

                        Une session plénière du Parlement européen se tient en effet cette semaine à Strasbourg.

                        En réponse à ces critiques, le responsable de l’organisation, Patrice Lenormand, de la Direction générale pour le développement de la Commission européenne, explique que les dates de ces Journées ont été choisies parce qu’il s’agissait d’une semaine durant laquelle peu d’événements et de réunions ministérielles étaient annoncées.
                        « L’idée n’était pas d’en faire un événement de la Commission européenne », précise-t-il, en ajoutant que des réunions préparatoires ont été organisées avec le Parlement et qu’il a été proposé à son président Josep Borrell d’ouvrir et de clore ces Journées du développement.

                        Cette conférence a été organisée en trois mois, avec un budget d’environ 1,3 million d’euros, a-t-il expliqué. « Cet argent provient d’une ligne budgétaire de la Commission destinée à l’organisation de tels événements, et non de l’aide au développement », indique-t-il en précisant que réunir autant de spécialistes et de chefs d’Etats ou de gouvernement en si peu de temps est un « miracle d’organisation ».

                        Pour la coupole européenne des ONG, la société civile n’a pas été suffisamment impliquée dans les travaux préparatoires à ces rencontres.

                        « Les organisateurs ont décidé, il y a seulement deux semaines, d’inclure un représentant de la société civile aux débats thématiques des différentes tables rondes », explique Agnès Philippart de Concord. « Nous avons proposé d’inclure dans le programme une table ronde sur la responsabilité des donateurs en matière de bonne gouvernance, mais l’idée a été rejetée », dit-elle, qualifiant ces Journées européennes de « tour de force publicitaire ».

                        Les organisateurs précisent cependant qu’à l’agenda international, l’Union européenne n’avait pas encore d’événement consacré au développement. « Il y a un décalage entre ce que l’on fait et la visibilité de ce que l’on fait », indique Patrice Lenormand. Il précise que l’objectif de ces rencontres est d’établir un dialogue franc et ouvert entre des parties qui ont davantage l’habitude de se retrouver autour de la table dans un contexte de négociation sur le commerce ou le développement.

                        Durant les différentes tables rondes organisées au cours de ce forum Europe-Afrique, des représentants de la société civile ont l’occasion de confronter leurs points de vue avec des chefs d’Etat ou des décideurs du développement, ajoute-t-il, indiquant que des réunions ont eu lieu avec les ONG. "Mais il y a une différence entre le dialogue et l’accord", a-t-il précisé. (FIN/IPS/2006) MDG8

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                        DEVELOPPEMENT: L’Irlande augmente son aide à destination du Malawi

                          BLANTYRE, 08-11-2006 (IPS) – Le Malawi, l’un des plus pauvres pays de la planète, est parvenu à atteindre les critères de l’Initiative en faveur des pays très endettées (PPTE). Ce succès va lui permettre de bénéficier d’une aide accrue des autorités irlandaises.

                          Au cours des six prochaines années, Dublin a décidé de lui consacrer une partie des 1,9 milliard de dollars du budget total de l’aide qu’elle compte allouer à neuf pays en voie de développement.

                          Classé au 165ème rang de l’Indice de développement humain des Nations Unies, le Malawi est l’une des plus pauvres nations au monde avec un revenu annuel per capita de moins de 160 dollars, soit environ 125 euros par habitant.

                          Il est le sixième pays d’Afrique australe à entrer en ligne de compte pour bénéficier d’une aide des autorités irlandaises, après ses trois voisins – la Zambie, la Tanzanie, le Mozambique –, l’Ethiopie et le Lesotho.

                          L’Irlande s’est en effet engagée à doubler son aide à la coopération au développement d’ici à 2012. A titre d’exemple, elle a consacré cette année 937 millions de dollars d’aide publique en assistance aux pays en développement.

                          Son premier ministre, Bertie Ahern, a d’ailleurs récemment indiqué qu’en 2012 l’Irlande aurait atteint l’objectif fixé par les Nations Unies qui vise à octroyer 0,7 pour cent du produit national brut à l’aide au développement, en avance donc de trois ans sur l’Union européenne dont la date butoir pour atteindre cet objectif est 2015.

                          L’Initiative en faveur des pays très endettées (PPTE) a pour objectif d’alléger la dette internationale des pays les plus pauvres, à condition que ceux-ci remplissent certaines conditions.

                          Le pays a atteint le point d’achèvement de ces critères et, en septembre dernier, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont donc allégé le volume des 2,9 milliards de la dette extérieure du pays.

                          Selon le FMI, l’annulation de la dette a été approuvée à la suite des progrès enregistrés par le gouvernement de l’actuel président Bingu wa Mutharika, ancien économiste, dans la mise en œuvre de politiques adéquates.

                          « A tous points de vue, elles ont permis de renforcer les finances publiques et d’améliorer les performances macroéconomiques », a indiqué dans un communiqué Calvin McDonald, chef de la mission du FMI au Malawi.

                          Dès lors, le représentant honoraire de l’Irlande au Malawi, Sean O'Neill, a annoncé que Dublin « envisageait avec confiance d’entamer la distribution de cette aide directement au gouvernement central du pays, ce qui n’était pas le cas auparavant ». Sean O'Neill est également banquier auprès de la First Merchant Bank du Malawi.

                          Par le passé, l’aide irlandaise était distribuée par l’intermédiaire des organisations non gouvernementales (ONG). L’île assiste en effet le pays depuis la crise alimentaire de 2002. Depuis lors, elle a consacré environ 23 millions de dollars en programme d’aide et de reconstruction.

                          « Le Malawi va à présent devenir un pays-programme, ce qui signifie que le gouvernement irlandais accordera la priorité à des programmes d’aide au développement durable, prévisibles et à long-terme, plutôt que de simplement répondre à des demandes d’assistance concernant des besoins spécifiques », a déclaré M. O’Neill.

                          Collins Magalasi, responsable des programmes de l’ONG Action Aid, voit d’un bon œil l’approche des autorités irlandaises en matière d’assistance, car celles-ci se montrent suffisamment flexibles dans ses objectifs.

                          « L’Irlande va nous permettre d’entreprendre de nouvelles idées, d’utiliser cet argent pour faire face à des problèmes que nous connaissons. Les autres donateurs se montrent souvent plus rigides et nous indiquent comment nous devons dépenser leur argent », explique-t-il.

                          Dans un document écrit, le gouvernement irlandais s’est notamment engagé à lutter contre les causes de la pauvreté, et pas seulement ses symptômes.

                          « L’objectif est d’instaurer des systèmes de lutte contre la pauvreté de manière à que ces actions puissent perdurer bien après notre intervention. Notre objectif principal en tant que donateur est de nous rendre redondant », indique ce texte.

                          Dans le temps, les donateurs ont parfois désapprouvé les dépenses de Lilongwe, la capitale, et les politiques en matière de lutte contre la pauvreté envisagées par l’ancienne administration. L’un des questions qui revenait fréquemment sur la table concernait la fortune personnelle accumulée par l’ancien président Bakili Muluzi au cours de ses dix années à la tête du pouvoir.

                          La justice le soupçonne notamment d’avoir détourné plusieurs millions de dollars provenant de différents donateurs, et ce à des fins personnelles.

                          Vu les expériences du passé, l’actuel président Bingu wa Mutharika s’est donc engagé à poursuivre l’amélioration du contrôle des finances publiques, afin de fournir des garanties à l’Irlande et aux autres donateurs.

                          « Les sacrifices et les privations » qui ont été réalisés pour atteindre le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays très endettés étaient nécessaires pour permettre l’avancement du pays, a-t-il indiqué. « Et nous allons définitivement de l’avant », a déclaré le président.

                          Le ministre des Finances, Goodall Gondwe, un ex-employé de la Banque mondiale, s’est également montré rassurant. « Le point positif, c’est que l’aide de l’Irlande arrive au moment où davantage de ressources sont disponibles au niveau du budget, contrairement à avant. Cela devrait nous permettre d’augmenter notre capacité à fournir des services sociaux à l’ensemble de la population », a-t-il indiqué.

                          Le Malawi est frappé de plein fouet par la pandémie de VIH/Sida, qui réduit l’espérance de vie de sa population à 37 ans, et continue d'avoir des répercussions sur l’agriculture, dans un pays où la majeure partie des 12 millions d'habitants sont des fermiers vivant dans l'extrême précarité. Selon le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida, la maladie affecte en effet 14,1 pour cent de la population. MDG8 (FIN/IPS/06)

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