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DEVELOPPEMENT: La bio-fortification peut aider à combattre "la faim cachée"

    By Thalif Deen

    ROME, 26 juin (IPS) – L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l’agriculture (FAO), qui travaille pour mettre fin à la malnutrition chez plus de deux milliards de personnes dans le monde, exprime un grand appui pour l’enrichissement des plantes en micronutriments.

    En termes techniques, cela s’appelle bio-fortification: une intervention nutritionnelle spécifique destinée à améliorer la teneur des aliments en micronutriments grâce à l'utilisation des pratiques agronomiques et la culture des plantes.

    Cette culture se fait à HarvestPlus, un programme international appuyé par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR, son sigle anglais) et dans des centres nationaux de recherche agricole, essentiellement dans les pays en développement.

    La première culture nutritive, développée par des scientifiques africains et présentée en partenariat avec le Centre international de la pomme de terre (CIP), était la patate douce orange, qui a été efficace en fournissant jusqu'à 100 pour cent des besoins quotidiens en vitamine A aux jeunes enfants, selon le CGIAR.

    Six autres cultures nutritives sont en train d'être développées grâce à l'utilisation de méthodes classiques de production: du manioc et du maïs riches en vitamine A, des haricots et du millet perle riches en fer, et du blé et du riz riches en zinc.

    Les trois premières cultures sont destinées à l'Afrique et le reste à l'Asie du sud.

    De nouvelles variétés des quatre premières cultures ont été lancées en 2012, déclare le CGIAR, le blé et le riz censés suivre plus tard cette année.

    Alors qu’il faut du temps pour produire la quantité de semences nécessaire pour répondre à la demande, jusqu'à un demi-million de fermiers seront en train de développer ces cultures nutritives d’ici à la fin de l'année, dit-il.

    Prié de dire en quoi la culture de plantes peut aller jusqu’à résoudre les problèmes de la faim et de la nutrition à travers le monde, Dr Erick Boy, directeur de la nutrition au CGIAR, a indiqué à IPS: "Notre attention est sur la faim cachée, causée par le fait de ne pas avoir assez de minéraux et de vitamines dans les régimes alimentaires – qui est le problème majeur de la faim auquel le monde est confronté aujourd'hui".

    "Les six nouvelles variétés de cultures de base que nous développons sont plus nutritives – elles contiennent des quantités plus élevées de vitamine A, de zinc ou de fer", a-t-il ajouté.

    Le manque de ces nutriments est à l’origine des souffrances généralisées et des problèmes de santé, en particulier pour les femmes et les enfants.

    Boy a dit que ces cultures seront distribuées à plus de trois millions de ménages agricoles dans sept pays d'Afrique et d'Asie d’ici à 2015.

    "Ce n’est pas mal pour un programme qui a commencé à partir de rien pour développer ces cultures seulement dès 2003", a-t-il noté.

    Lorsqu'elles sont consommées régulièrement, ces cultures nutritives pourraient fournir en moyenne 50 pour cent des besoins en vitamine A, en zinc, ou en fer. Selon le CGIAR, plus de deux milliards de personnes dans le monde n’ont pas assez de ces éléments nutritifs essentiels dans leurs régimes alimentaires.

    Les carences peuvent entraîner un Quotient intellectuel plus bas, un retard de croissance, et la cécité chez les enfants; une prédisposition accrue aux maladies pour les enfants et les adultes; et des risques de santé plus élevés pour les mères – et leurs enfants – durant l'accouchement.

    Selon la Banque mondiale, les enfants malnutris sont plus susceptibles d'abandonner l'école et ont des revenus plus bas à l'âge adulte, réduisant ainsi toute la croissance économique.

    Dans sa dernière publication annuelle phare intitulée "La Situation de l'alimentation et l'agriculture" (SOFA, son sigle anglais) publiée à Rome, la FAO explique que contrairement à la fortification des aliments, qui se produit au cours de la transformation des aliments, la bio-fortification implique l’enrichissement des plantes en micronutriments.

    Des questions demeurent quant à la volonté des consommateurs d’acheter des aliments bio-fortifiés, notamment quand ils paraissent ou ont un goût différent des variétés traditionnelles. Mais, affirme la FAO, les premières preuves indiquent que les consommateurs sont disposés à les acheter et peuvent même payer une prime.

    En Ouganda, la FAO a découvert que les consommateurs étaient prêts à payer autant pour les variétés de patate douce orange que pour les variétés blanches, même en l'absence d'une campagne promotionnelle.

    Des résultats similaires ont été observés pour le maïs orange nutritionnellement amélioré en Zambie, où les consommateurs ne l'ont pas confondu avec le maïs jaune ou blanc ordinaire. Ils étaient également disposés à payer une prime lorsque son introduction était accompagnée d'informations sur la nutrition.

    Prié de dire pourquoi le projet cible l’Asie et l’Afrique et non l’Amérique latine, Dr Boy du CGIAR a déclaré: "Notre attention est sur l'Afrique subsaharienne et l'Asie du sud parce que si vous regardez n'importe quelle carte de la faim cachée, ce sont les régions marquées au rouge".

    Les pays d’Amérique latine ont fait un meilleur travail en améliorant la nutrition au cours des deux dernières décennies, a-t-il dit. Toutefois, il existe encore des poches où la faim cachée est un problème.

    "Alors, nous travaillons également dans cette région. En effet, je suis au Guatemala maintenant pour travailler avec les acteurs à s’intéresser à notre initiative d’haricots riches en fer et de maïs riche en zinc dans la région. Nous prévoyons que nous pourrions offrir aux agriculteurs des pays d’Amérique latine des variétés de deux à trois cultures qui sont riches en fer et en zinc d’ici à 2015", a ajouté Boy.

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