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DEVELOPPEMENT: La Chine veut la paix en Afrique

    By Blain Biset

    BISHOFTU, Ethiopie, 15 oct (IPS) – La Chine pourrait bientôt étendre son implication dans les questions de paix et de sécurité en Afrique, selon des responsables gouvernementaux, des chercheurs et des universitaires venus à la fois du géant d’Asie et du continent riche en ressources.

    Ces différentes personnalités se sont rencontrées lors du deuxième Forum du groupe de réflexions sino-Afrique en Ethiopie du 12 au 13 octobre.

    Mulugeta Gebrehiwot, le directeur de l'Institut des études de paix et de sécurité en Ethiopie, qui a organisé le forum, a déclaré à IPS que cela ne devrait pas être une surprise que la Chine soit intéressée par la paix et la sécurité sur le continent africain.

    "Il n'y a rien qui ne soit touché par la paix et la sécurité. Que vous soyez (à la recherche) d’une collaboration d’investissement, d'une opération économique ou quoi que ce soit d'autre, la paix et la sécurité doivent être en place. Parce que c'est l'instrument central qui maintient ensemble l'environnement pour toute autre interaction et collaboration", a souligné Gebrehiwot.

    De hauts responsables et des universitaires de renom, y compris le vice-Premier ministre d'Ethiopie, Demeke Mekonnen et le vice-président de l’Université des affaires étrangères de la Chine, le professeur Zhu Liqun, ont participé au forum à Bishoftu, à environ 45 kilomètres de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.

    Les responsables chinois ont souligné que la politique de non-ingérence du géant asiatique ne devrait pas être interprétée comme de l'indifférence à la paix et la sécurité sur le continent.

    "Notre politique de non-ingérence en Afrique ne signifie pas que nous avons une attitude indifférente envers les questions africaines. Nous nous opposons à certains pays qui, dans l'excuse de souci pour un autre, interfèrent dans les affaires intérieures africaines", a indiqué à IPS, Lu Shaye, directeur général du département des affaires africaines au ministère des Affaires étrangères de la Chine.

    Il a affirmé que la Chine n’interviendrait pas facilement dans les affaires d'un autre pays et que son implication serait de simplement soutenir les organisations et institutions régionales sur le continent.

    "Dans le passé, nous avions fourni des fonds pour appuyer l'Union africaine (UA); à l'avenir, nous renforcerons ce soutien. Nous aurons une coopération avec l'UA et d'autres organisations régionales pour avoir une meilleure compréhension de cette question. Et nous accélérerons notre appui à l'UA et d'autres organisations régionales", a affirmé Lu Shaye.

    Jusqu'à présent, le rôle de la Chine en Afrique s’est essentiellement focalisé sur le développement économique. En 2011, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique s'élevaient à 166 milliards de dollars, selon les statistiques du ministère du Commerce de la Chine.

    L'approche chinoise de non-ingérence a fourni à l'Afrique le financement nécessaire sans les chaînes que certaines puissances occidentales attachent aux prêts pour l'Afrique, et a abouti à la construction rapide de grands projets d'infrastructure, selon les experts.

    Un article de recherche dans le Guide de la 'Standard Bank' des systèmes bancaires transactionnels en Afrique, publié en 2012 par Bridgette Liu et Richard Stocken et intitulé "Le rôle de l'industrie chinoise de la construction dans le développement des infrastructures en Afrique", indique que les entreprises chinoises dominent aujourd'hui le secteur de la construction en Afrique, avec une part de marché supérieure à celles de la France, l'Italie et des Etats-Unis réunis.

    "Les recettes des entreprises de construction en Afrique centrale et australe ont augmenté de 31,7 pour cent pour atteindre 27,52 milliards de dollars en 2009. (Celles de) l'Afrique du nord se sont accrues de 30,8 pour cent pour être à 29,29 milliards de dollars. Au même moment, la part des entreprises chinoises dans le marché africain a considérablement augmenté, passant de 26,9 pour cent en 2007 à 42,4 pour cent en 2008 pour baisser à 36,6 pour cent en 2009", a souligne l'article.

    L'article note également que "des institutions financières publiques chinoises telles que la 'China Exim Bank' et la 'China Development Bank' sont devenues de grandes prêteuses en Afrique, rivalisant avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) en termes de financement du développement de proximité".

    Beaucoup de choses ont été écrites sur les prêts de la Banque mondiale et du FMI à l'Afrique. Un document d’information publié en 2006 par 'Oxfam International' intitulé "Se défaire de l’habitude" indiquait que parce que les deux organisations utilisent leur aide pour imposer des réformes économiques telles que la privatisation et la libéralisation aux pays pauvres, au Mali, où "loin de conduire à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté, les conditions ont haussé les prix de l'électricité et sont susceptibles de nuire aux producteurs de coton de même que de retarder les flux d'aide et de saper l'appropriation nationale des politiques".

    Le président chinois Hu Jintao a annoncé il y a deux mois que son pays investirait 20 milliards de dollars supplémentaires en Afrique. Mais il a aussi déclaré que la Chine prendrait de nouvelles mesures pour soutenir la cause de la paix et du développement en Afrique. Des politiques sont déjà en cours d'élaboration pour indiquer la façon dont la Chine améliorera sa participation.

    Alors que la Chine est le grand partenaire commercial de l'Afrique, elle est déjà le plus gros contributeur de casques bleus en Afrique parmi les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies.

    Mais le rôle de la Chine en Afrique est souvent considéré comme controversé. Le financement de la Chine du nouveau siège de l'UA à Addis-Abeba a suscité un débat parmi des critiques non-africains quant à savoir si la nouvelle puissance économique mondiale essayait de s’acheter sa place dans le continent.

    Des pays occidentaux ont à plusieurs reprises prévenu que la participation de la Chine en Afrique a des tendances coloniales. Ou que ce pays d’Asie soutient des régimes oppressifs et essaie de profiter des recours naturels de l'Afrique.

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