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DEVELOPPEMENT: L’Afrique n’a pas besoin de donateurs, mais de partenaires

    By Ren Bishop

    BRUXELLES, 5 juil (IPS) – Un après-midi exceptionnellement chaud en Belgique, Thoko Kaime, se penche en arrière sur sa chaise et explique comment 'township' signifie en réalité 'bidonville' dans son pays d'origine, le Malawi.

    "Lorsque vous grandissez au milieu de la pauvreté, il est assez difficile que vous soyez inspiré parce qu’il n'y a vraiment rien pour vous inspirer", déclare Kaime.Kaime, qui est un professeur principal à l'Ecole des études orientales et africaines, à l'Université de Londres, a souligné le besoin crucial de progrès dans l'éducation. Cela a été l'un des principaux points de discussion au cours du sommet intitulé 'Afrique: renforcer la croissance', tenu par le groupe de réflexion les 'Amis de l'Europe' à Bruxelles, en Belgique, la semaine dernière.Cet ancien journaliste avait auparavant discuté de la façon dont le ton, dans les débats sur les défis de l'Afrique, avait changé de façon spectaculaire depuis les années précédentes. "La chose frappante sur la conférence de cette année est qu'elle est beaucoup plus optimiste que par le passé", affirme Giles Merritt, secrétaire général des 'Amis de l'Europe'.Faire face à la croissance économiqueBernd Eisenblätter, président de la 'Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit' (Coopération technique belge), a cité un rapport des Nations Unies lors de la discussion sur la croissance économique de l'Afrique au cours du sommet. Le rapport a constaté qu’il est prévu cinq pour cent de croissance dans l'économie de l'Afrique cette année et 5,7 pour cent en 2012.L’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, a souligné que la croissance économique en Afrique n'est pas une coïncidence."La croissance en Afrique n’est pas venue par hasard", déclare Obasanjo. "Au début du millénaire, nous avions développé les Objectifs du millénaire pour le développement et ces objectifs constituent notre part du monde". L'ancien président a poursuivi, indiquant que lorsque les objectifs ont commencé à être mis en œuvre, l'Afrique a véritablement commencé à prospérer.Toutefois, la prospérité économique ne signifie pas nécessairement une meilleure qualité de vie pour l’ensemble du continent."Lorsque vous mettez la croissance en termes de PIB [produit intérieur bruit], elle semble être bonne, mais si vous considérez la réduction de la pauvreté, nous sommes encore très pauvres", explique Obasanjo.La seule solution à l’amélioration de l'économie de l'Afrique, toujours faible, mais en croissance, c’est de rendre le continent plus attrayant pour les investissements étrangers dans le secteur privé."Pour renforcer cette croissance que nous avons réalisée, nous devons améliorer nos infrastructures économiques", souligne Mohamed Ibn Chambas, secrétaire général du Secrétariat général du Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).Le défi d'amener le secteur privé à investir suffisamment en Afrique, a convenu un panel au cours du sommet, divisait le continent africain en des marchés plus petits, interconnectés et agissant entre eux grâce à l'intégration du commerce régional.David O'Sullivan, directeur général du Service européen pour l'action extérieure, a discuté de la manière dont les hommes d'affaires africains considèrent l'Afrique comme une grande place, et affirme qu’en créant des marchés plus petits, plus spécifiques, les investissements augmenteraient."L'idée de cette [intégration du commerce régional], c’est de créer un véritable partenariat à travers plusieurs domaines", a déclaré O'Sullivan. "Les investissements qui vont en Afrique ne sont pas ceux dont elle a besoin".Améliorer l’éducationUne autre question abordée dans l'amélioration de l'économie de l'Afrique dans le long terme a été la poursuite des études. Avec la majorité des élèves en Afrique au primaire, selon Chambas, le besoin d’une formation professionnelle est une obligation afin de renforcer les opportunités de création d’entreprises et l'innovation à l’intérieur de l'Afrique."Nous devons aborder la question de la formation professionnelle, au-delà de la formation de base", souligne Chambas. "Environ 90 pour cent des étudiants en fin de formation ont obtenu un diplôme en lettres ou en sciences sociales", affirme-t-il. Le secrétaire général espère qu'avec une éducation fondée sur les compétences, les étudiants créeront des emplois au lieu de les chercher après l'obtention de leur diplôme.Cependant, la question de la professionnalisation de ces diplômes, reconnaît Chambas, est un défi. "Il y a un énorme fossé dans la fourniture des facilités pour la formation professionnelle", indique Chambas. Les programmes seraient alternatifs en pratique, et devraient offrir des options pour les étudiants qui travaillent pendant la journée, a-t-il poursuivi.Toute la qualité de l'éducation en Afrique était la clé de son succès, a souligné Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de 'United Cities and Local Governments of Africa' (Cités unies et gouvernements locaux d'Afrique), lors de son exposé au cours du sommet. "L'éducation de nos enfants aujourd'hui influencera notre économie demain", a déclaré Mbassi.Des partenaires, pas de donateursLes participants de chaque panel ont discuté de la manière dont l'Afrique recherche des partenariats non seulement avec l'Europe, mais aussi avec tous les marchés du monde, pour renforcer sa croissance économique durable."Ce qui est crucial dans ce panel, c'est que personne ne dit que l’Europe doit nous aider", observe Merritt. "Nous parlons d’elle comme un partenaire, mais pas comme donateur. Sommes-nous prêts à considérer l'Afrique comme un acteur dans ses propres défis sociaux, au lieu qu’elle attende que l'Europe vienne résoudre ses problèmes? L'Afrique est en train de prendre en main ses propres problèmes".Assane Diop, directeur exécutif pour la protection sociale de l'Organisation internationale du travail, convient que la résolution en interne des problèmes de l'Afrique – sans aide, mais à travers le partenariat – ne fait que la rendre plus forte.

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