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DEVELOPPEMENT: Le Printemps arabe enseigne la sécurité alimentaire

    By Isaiah Esipisu et Terna Gyuse

    ARUSHA, Tanzanie, 27 sep (IPS) – Les dirigeants africains devraient prendre note des leçons tirées du Printemps arabe et réaliser que garantir la bonne gouvernance et la sécurité alimentaire évitera des crises sur le continent, déclare Kofi Annan, président de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA).

    L'ancien secrétaire général des Nations Unies a dit que la pénurie alimentaire était l'un des déclencheurs des manifestations dans les pays d'Afrique du nord et du Moyen-Orient qui ont conduit à la chute du président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, en janvier 2011 et de celui d’Egypte, Hosni Moubarak, en février de la même année.

    Annan s'exprimait lors du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF) qui se déroule à Arusha, en Tanzanie, du 26 au 28 septembre. L'une des issues du forum, c’est de développer des plans d'action concrets pour la croissance du secteur agricole en Afrique et de promouvoir la sécurité alimentaire sur le continent.

    "Ce sont des gens qui voulaient véritablement avoir leur mot à dire, sur la façon dont ils sont gouvernés, et par qui. Ils voulaient aussi jouer un rôle dans leur propre système politique".

    "Je pense que si les dirigeants africains faisaient attention et comprenaient que les systèmes démocratiques doivent marcher en Afrique, nous devons accepter l’alternance démocratique périodiquement et écouter le peuple et la société civile. Ainsi, nous pouvons éviter les crises que nous avons connues en Afrique. Rappelez-vous, il ne s'agit pas que de des aliments, il est question de systèmes alimentaires et politiques", a indiqué Annan.

    Plusieurs centaines de délégués – représentant des gouvernements africains, des Nations Unies et des organisations donatrices, ainsi que des entreprises agroalimentaires transnationales comme Yara et Cargill – se sont réunis à Arusha, pour discuter de la transformation de l'agriculture en Afrique. Même certains fermiers africains sont présents.

    Des analystes agricoles et économiques au forum ont expliqué à IPS que la sécurité alimentaire en Afrique peut être assurée seulement si les pays travaillent et échangent ensemble sans restriction.

    La région d'Afrique de l’est a un énorme potentiel pour le développement agricole. Le seul environnement favorable pour s'assurer qu'il y a la sécurité alimentaire, c’est d'harmoniser les questions de politiques afin d'éviter des interdictions sur l'exportation de produits agricoles, et de prévenir l'imposition de taxes insupportables", a déclaré à IPS, Anne Mbaabu, la directrice du Programme d'accès aux marchés de l'AGRA.

    "Nous devons également harmoniser les catégories et les normes afin qu'elles soient les mêmes dans tous les cinq pays qui forment la Communauté d’Afrique de l’est (EAC). Toutefois, cela réussira seulement après la mise en place d’infrastructures appropriées en termes de ports, routes et de voies ferrées", a-t-elle souligné.

    Le ministre tanzanien de l'Agriculture, de la Sécurité alimentaire et des Coopératives, Christopher Chiza, a fait écho de ses sentiments.

    "Il est important de noter qu’avec les problèmes de sécurité, il n'est pas facile pour les pays voisins d’échanger aisément, même si votre voisin est dans une profonde crise alimentaire", a-t-il indiqué, se référant à la situation en Somalie, qui a rendu difficile, pour les organisations humanitaires, d’apporter l’aide alimentaire lors de la récente famine qui a frappé la Corne de l'Afrique.

    Cependant, Chiza estime qu'il existe encore des goulots d'étranglement que l'EAC doit régler avant d'ouvrir les frontières aux marchés incontrôlés d'importation et d'exportation dans la région.

    "Les environnements politiques dans nos pays constituent un obstacle existant au commerce. Nous avons besoin d'une bonne dose de confiance. L’une des choses dont beaucoup de gens parlent est la nationalisation des terres et d’autres ressources agricoles en Tanzanie", a-t-il dit.

    "Nous devrions faciliter les choses pour que les gens investissent dans nos pays sans problème. Il y a également le besoin d'une monnaie commune dans la région, et plusieurs autres questions complexes qui doivent être réglées au sein des pays membres avant que nous ne nous unissions finalement", a ajouté Chiza.

    L'objectif de ce forum, a déclaré Annan, c’est de persévérer pour passer d'un point de basculement à l'augmentation de la transformation de l'agriculture africaine.

    "Dans le passé, les gouvernements africains ne se concentraient pas sur l'agriculture, mais aujourd'hui, elle offre une opportunité pour nourrir, employer et créer la sécurité alimentaire à travers le monde", a-t-il indiqué, ajoutant que l'objectif est de soutenir la transition des petits fermiers africains de l'agriculture de subsistance à la gestion de leurs fermes comme des entreprises, produisant un surplus pour la vente.

    L'Afrique renferme la majorité des terres viables mais non exploitées au monde. Et les terres qui sont exploitées sont sous-utilisées. La clé pour assurer les moyens de subsistance ruraux, renforcer la sécurité alimentaire, et pour que l’Afrique prenne une bonne place dans le système alimentaire mondial, comprend des investissements dans les infrastructures rurales, l'expansion de l'adoption de meilleurs engrais, semences et techniques par les agriculteurs africains, petits et grands".

    "C'est ce dont nous avons besoin", a ajouté Annan. "Pour nous assurer que les fermiers sont bien organisés et bénéficient des connaissances et d’un appui pour jouer pleinement leur rôle dans la transformation".

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