Home » Afrique, Developpement, Droits de L'Homme, Economie et Travail, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

DEVELOPPEMENT: Les pays les plus pauvres du monde se remettent lentement

    By Thalif Deen

    NATIONS UNIES, 15 août (IPS) – Le nombre de "pays les moins avancés" (PMA), qui est passé du 24 en 1971 à 49 actuellement, commence à baisser – de façon hésitante, selon les Nations Unies.

    Jusqu'à présent, trois pays – le Botswana, le Cap-Vert et les Maldives – sont "passés" de PMA au statut de pays en développement.

    Et comme les économies s'améliorent, au moins six autres pays – Tuvalu, Vanuatu, Kiribati, Angola, Samoa et la Guinée équatoriale – sont sur le point de quitter les rangs des PMA d'ici à 2015.

    Mais certains d'entre eux se sont montrés réticents à évoluer – et ont demandé des reports – puisque le statut de PMA offre plusieurs avantages, notamment des tarifs préférentiels sur les exportations et une augmentation de l'aide au développement.

    Toutefois, la liste croissante des "promus" potentiels arrive au milieu d'un nouveau rapport de l'ONU qui dit que les flux des investissements directs étrangers (IDE) vers les PMA ont augmenté de 20 pour cent en 2012, enregistrant un record de 26 milliards de dollars.

    Les gros gains ont été obtenus par le Cambodge, ainsi que cinq pays africains: la République démocratique du Congo (RDC), le Libéria, la Mauritanie, le Mozambique et l'Ouganda, tous des PMA.

    Le Rapport mondial 2013 sur les investissements, publié récemment, rédigé par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), basée à Genève, indique que cette croissance était motivée par de solides gains au Cambodge (où les flux atteignaient 73 pour cent), en RDC (96 pour cent), au Libéria (167 pour cent), en Mauritanie (105 pour cent), au Mozambique (96 pour cent), et en Ouganda (93 pour cent).

    Toutefois, 20 PMA ont enregistré des baisses des IDE, et la tendance a été particulièrement marquée en Angola, au Burundi, au Mali et dans les îles Salomon.

    Décrits comme les plus pauvres des pauvres au monde, les PMA sont principalement caractérisés par une extrême pauvreté et des faiblesses économiques structurelles.

    Selon les Nations Unies, celles-ci ont été souvent aggravées par des handicaps géophysiques, une capacité limitée pour la croissance et le développement ainsi qu’une vulnérabilité aux chocs extérieurs.

    Le plus récent ajout à la liste des 49 PMA est le nouvel Etat-nation du Soudan du Sud, qui a adhéré aux Nations Unies en tant que 193ème membre de l’organisation en juillet 2011, après son indépendance.

    Prié de dire si l'augmentation des IED dans les PMA est le début d'une nouvelle tendance ou juste un feu de paille, Dr Arjun Karki, coordonnateur international de 'LDC Watch', une alliance mondiale de la société civile focalisée uniquement sur les questions de développement et les préoccupations des PMA, a déclaré à IPS: "Le scénario n'est pas très clair".

    Etant donné la baisse des flux d'IDE vers les pays développés, les PMA sont maintenant sur le radar des IDE, a-t-il ajouté.

    "Si vous observez la tendance, ce sont les PMA riches en ressources, tels que la RDC, le Liberia, la Mauritanie, le Mozambique et l'Ouganda, qui reçoivent des flux d'IDE", a-t-il souligné.

    Mais on rapporte que les investissements sont plus élevés dans le secteur extractif, a-t-il noté.

    "Du point de vue de développement, cette tendance n'est pas très encourageante puisque cela renforce la croissance guidée par les produits de base dans les PMA, qui n'est pas durable", a expliqué Dr Karki.

    Le Comité des Nations Unies pour les politiques de développement (CDP) détermine généralement "l’éligibilité" pour le statut de PMA – en fonction de plusieurs facteurs, notamment la population, les recettes nationales et d'autres indicateurs économiques – mais la décision finale incombe aux pays eux-mêmes.

    Le Zimbabwe, par exemple, a refusé de rejoindre le groupe des PMA bien qu’il soit jugé éligible par le CDP.

    Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, estime que l'augmentation des IDE arrive à "un moment important" où la communauté internationale mène une dernière campagne pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) d'ici à la date butoir de 2015.

    L'un des premiers objectifs des OMD, c’est de réduire et d'éliminer l'extrême pauvreté et la faim, deux des principaux problèmes auxquels la plupart des PMA sont confrontés.

    Au même moment, a-t-il indiqué, les Nations Unies travaillent à forger une vision pour l’agenda de développement post-2015.

    Des informations crédibles et objectives sur les IED peuvent contribuer au succès de ces efforts qui vont de pair, a ajouté Ban.

    Dr Karki a déclaré à IPS que le nouveau Programme d'action d'Istanbul en faveur des PMA pour la décennie 2011-2020 est un léger passage de la croissance orientée par les produits de base vers le renforcement des capacités productives des PMA afin de réaliser leur transformation économique structurelle.

    Par conséquent, les flux d'IED vers les PMA seraient les bienvenus s’ils visent le secteur de la fabrication, le secteur des infrastructures et des services de base tels que la santé, l'eau et l'assainissement, l'électricité et les communications.

    Le principal problème avec les flux d'IDE qui ciblent le secteur des industries extractives est que les avantages n’arrivent pas à dégouliner, avec seulement les sociétés multinationales et transnationales ainsi que les élites du pays bénéficiaire qui ramassent l'argent à la pelle au détriment des communautés pauvres, marginalisées et vulnérables, a-t-il souligné.

    "La question clé de l'élargissement de l’écart des inégalités et de la répartition des ressources demeure un défi de développement", a-t-il dit. "Ce fait était flagrant lors de ma récente visite au Liberia et en Sierra Leone – deux PMA extrêmement riches en ressources naturelles ayant, malheureusement, les populations les plus pauvres".

    "Etant donné une telle triste ironie, nos partenaires de la société civile étaient d'avis que toutes les richesses devraient rester dans le sol/la terre puisqu’elles ne parviennent pas de toute façon à assurer le droit au développement durable des peuples".

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa