Home » Afrique, Developpement, Droits de L'Homme, Environnement, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

DEVELOPPEMENT: Nouvel accord pour donateurs et bénéficiaires à Busan?

    By Suvendrini Kakuchi

    BUSAN, Corée du Sud, 29 nov (IPS) – Le quatrième Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide, qui démarre mardi dans la ville portuaire de Busan, en Corée du Sud, examinera les raisons pour lesquelles l'assistance des donateurs internationaux d'une valeur de trillions de dollars dépensés au cours des décennies, n'a pas réussi à éradiquer la pauvreté.

    Quelque 2.500 délégués, y compris les dirigeants de 160 pays et des organisations de la société civile (OSC), devraient revoir les principes de coopération internationale au développement énoncés dans les forums passés tenus à Rome en 2003, à Paris en 2005, et à Accra, au Ghana, en 2008.Des dirigeants des OSC au 'Open Forum for Civil Society' (Forum ouvert pour la société civile), du 26 au 28 novembre, ont souligné la nécessité d'un engagement politique plus grand à fournir l'aide au développement à un moment de crises financières et de points d'interrogation sur la sécurité alimentaire et les changements climatiques."Busan est un point d’arrivée et un point de départ. Il est symbolique du processus en cours pour passer d'une efficacité de l'aide à une efficacité du développement. Cela signifie que nous devons faire avancer les programmes d'aide communs parmi tous les acteurs", a déclaré Seonghoon Lee (Anselmo), président du comité d’organisation du Forum mondial de la société civile à Busan.Avec ses gratte-ciels et une population aisée, Busan, la deuxième plus grande ville de la Corée du Sud, symbolise le passage d'un pays bénéficiaire d'aide à l'un des nouveaux donateurs de fonds d’Asie en moins de 50 ans.Lee a affirmé que la Corée du Sud, qui a adhéré en 2010 au Comité d'aide au développement (CAD) de l'Organisation de coopération et de développement économiques, est plus qu’un simple autre donneur."Le risque que nous devons braver à Busan, c’est de prendre les succès de la Corée du Sud comme représentant les mérites d’aboutir à une forte croissance économique sous la direction d'un gouvernement fort."La Corée du Sud symbolise plutôt la détermination d'atteindre notre propre destination sur la base de notre propre culture indigène, qui est finalement un modèle de la nécessité cruciale pour chaque pays de définir une charte pour son propre développement", a souligné Lee à IPS.La Corée du Sud a obtenu son indépendance vis-à-vis du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement de la période post-indépendance a poursuivi une politique industrielle dirigée par l’Etat et de croissance économique basée sur l'exportation qui, a expliqué Lee, est aujourd’hui présentée comme un brillant exemple de développement.Des chercheurs de la société civile ont considéré les taux de croissance économique impressionnants du pays, au cours des deux dernières décennies, comme favorisant la corruption et promouvant de grands conglomérats – un processus nuisible aux petites et moyennes entreprises et à la diversité au sein de l'économie sud-coréenne.

    De telles leçons, selon des experts de l'aide à Busan, favoriseront une approche d'efficacité de l'aide fondée sur des droits.

    De grandes mesures pour réformer l'aide mondiale ont été lancées à Paris en 2005 par des donateurs et des organisations humanitaires, conduisant à l'Agenda de Paris qui a mis sur la table des principes de l’aide efficace tels que l'harmonisation des objectifs de développement, une meilleure coordination et une responsabilité partagée.Un grief majeur des experts en développement, c’est le déséquilibre entre pays donateurs et bénéficiaires. Les contribuables dans les pays riches exigent des comptes et des normes qui obligent souvent les bénéficiaires à détourner l’attention des programmes de développement local, sapant les progrès réalisés dans la réduction de la pauvreté.L'Agenda d'Accra en 2008 a fixé des objectifs clairs pour aborder les questions de transparence qui suivent de près l’efficacité de l'aide grâce à la collaboration de la société civile et Busan est censée fournir une tribune pour une concrétisation réussie des engagements d'Accra.Amy Bartlett, coordinatrice mondiale du 'Open Forum', a expliqué que "les OSC s’engagent à un dialogue multi-acteurs à Busan".Une telle approche holistique fondée sur la transparence et la bonne gouvernance devrait permettre de surmonter les goulots d'étranglement créés par des budgets 'de l’aide liée'.De nouvelles enquêtes menées cette année pour évaluer l'efficacité de l'aide indiquent une friction continue entre les donateurs et les pays bénéficiaires. Des avancées dans les mesures d'aide contrôlée par le haut, dans lesquelles les donateurs ignorent les défis sur le terrain, continuent d'étouffer les progrès.Les défis de l’efficacité de l'aide qui apparaîtront à Busan comprennent l'entrée de nouveaux pays émergents qui ne sont pas membres du CAD, tels que la Chine – un acteur clé en matière d'aide étrangère qui hésite à adhérer à l'Agenda d'Accra ou à la Déclaration de Paris.

    Justin Kilcullen, directeur de CONCORD-Europe, une organisation de réseaux d'aide, a expliqué à IPS l'importance d'une approche fondée sur des droits, qui soutient une croissance inclusive visant à améliorer la vie plutôt que la croissance économique seule."Le budget d'aide de l'Union européenne, le principal donateur au monde, est confronté à un programme de croissance néolibérale, compte tenu de l’augmentation du nombre de gouvernements qui mettent l'accent sur une approche du secteur privé pour la distribution de l'aide", a indiqué Kilcullen. "L'expansion économique ne représente pas le développement, mais constitue plutôt une étape qui est loin de reconnaître le droit des populations à la croissance éthique", a-t-il expliqué.Emele Duituturaga, directrice exécutive par intérim de la 'Pacific Islands Association of Non-Governmental Organisations' (Association des organisations non gouvernementales des îles du Pacifique), a parlé des opportunités et des menaces qui attendent les pays en développement de la part des nouveaux donateurs."De nouveaux donateurs, tels que la Chine, opérant dans le Pacifique, représentent à la fois des opportunités et des menaces. Ils fournissent des chemins aux pays en développement en quête d’une aide améliorée, mais ne respectent pas les normes internationales et cherchent à exploiter nos ressources naturelles", a-t-elle déclaré.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa