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DEVELOPPEMENT: Un Programme d’action adopté pour les PMA

    By Claire Ngozo

    ISTANBUL, 16 mai (IPS) – "L'avenir des pays les moins avancés se trouve dans le commerce, la capacité de production et la gouvernance plus que dans l'aide", a déclaré Cheick Sidi Diarra, haut représentant des Nations Unies pour les Pays les moins avancés (PMA).

    Diarra répondait aux critiques du plan d'action proposé pendant que la conférence des Nations Unies sur les PMA touchait à sa fin à Istanbul, en Turquie, à la fin de la semaine dernière.

    Des représentants des gouvernements ont dit qu'ils étaient optimistes que le Programme d'action d'Istanbul pour la décennie 2011-2020 se révélera important pour voir au moins la moitié des 48 pays actuellement classés comme les moins avancés sortir de cette catégorie dans les dix prochaines années.

    Ce nouveau plan, officiellement adopté par les délégués le 13 mai, souligne la nécessité pour les pays pauvres de moderniser et de diversifier leurs économies. Il invite également à la création d'emplois pour finalement éradiquer la pauvreté.

    Le forum de la société civile a rapidement rejeté le plan d'action comme étant insuffisant. Le groupe des organisations non gouvernementales a déclaré que les bailleurs de fonds et les partenaires au développement avaient évité de s’engager à tenir des promesses de longue date de fournir un appui financier important aux PMA.

    Mais Diarra indique que le rôle des partenaires au développement est clairement énoncé dans le Plan d'action d'Istanbul. Les pays développés se sont engagés à atteindre l’objectif d’accorder de 0,15 à 0,20 pour cent de leur produit national brut comme aide publique au développement (APD) aux pays pauvres.

    "Cela impliquera une augmentation significative de l'APD aux PMA, étant donné que les niveaux d'aide demeurent un peu moins de 0,1 pour cent du produit national brut du donateur", indique communiqué de presse des Nations Unies.

    Des promesses connues

    Mais cet engagement n'est pas nouveau: le Programme d'action de Bruxelles en 2001, qui est issu de la troisième conférence sur les PMA, contenait un engagement identique.

    Pourtant, Upendra Yadav, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Népal, a exprimé sa satisfaction à l’égard du programme d'action. Le Népal préside le Bureau mondial de coordination des PMA et Yadav s’exprimait au nom de tous les PMA au cours de la conférence.

    "Le programme d'action prévoit une stratégie claire pour le développement dans les PMA. Au cours des négociations, chacun a essayé de trouver un de terrain d'entente juste et la stratégie reflète cela", a affirmé Yadav.

    Il a expliqué que ce plan définissait également les visions et les voies à suivre pour le développement. "Il est complet et réaliste", a dit le ministre.

    La Turquie, qui a accueilli la conférence, est également sortie en souriant. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutolu, a déclaré que la conférence a été un succès puisqu’il est prévu qu’à travers le programme d'action, l’investissement étranger dans les PMA atteindrait le montant cumulatif de 10 milliards de dollars d'ici à 2020.

    "La Turquie a assumé la responsabilité de mettre les sujets concernant les PMA sur le programme de la communauté internationale et de contribuer aux efforts visant à trouver des solutions aux problèmes des PMA jusqu'en 2020. D'une certaine façon, la Turquie a été la voix des PMA", a-t-il affirmé.

    De grandes attentes

    Les Nations Unies ont annoncé que plusieurs pays sortiront de la catégorie des PMA au cours des deux prochaines années. L’Angola, le Bangladesh, la Guinée équatoriale, le Népal et le Timor Leste sont tous en train d’être examinés pour sortir de ce groupe, a indiqué Diarra.

    Les PMA sont caractérisés premièrement par un faible revenu par habitant, en dessous de 900 dollars par an; deuxièmement, par des faiblesses en matière de développement humain, y compris des domaines tels que la santé, la nutrition et l'éducation; et troisièmement, par la vulnérabilité économique en termes de production agricole, et une dépendance stricte des exportations limitées qui sont vulnérables aux changements brusques et drastiques des prix.

    Pour passer d'une classification de PMA à l'échelon suivant – le statut de pays à revenu plus faible – l’économie doit dépasser les normes des PMA dans deux des trois catégories pendant au moins six ans. Depuis la création de la catégorie de PMA en 1971, seulement trois pays ont réussi: le Botswana, le Cap-Vert et les Maldives.

    "Nous travaillons toujours sur le processus d'évaluation parce que certains des pays sont encore faibles en matière de développement du capital humain", a souligné le haut représentant des Nations Unies.

    Au cours de l'ouverture du forum de la société civile, le 8 mai, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a dit qu'il croit que les PMA sont prêts à voguer sur la prochaine vague de développement. Il a déclaré aux participants que le monde doit œuvrer ensemble pour améliorer la situation pour tous, et que la conférence d'Istanbul devrait refléter les voix de la société civile.

    Le programme d'action de la prochaine décennie a été maintenant défini; indépendamment de ses mérites et défauts, l'avenir de 800 millions de citoyens des pays les plus pauvres au monde dépendra de sa mise en œuvre en toute bonne foi par les gouvernements des pays développés de même que ceux des pays en développement, ainsi que par les agences de développement, les institutions financières internationales et les entreprises.

    Le rôle de la société civile à s’engager pour le programme et tenir responsables les acteurs, sera également crucial.

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      ISTANBUL, 16 mai (IPS) – "L'avenir des pays les moins avancés se trouve dans le commerce, la capacité de production et la gouvernance plus que dans l'aide", a déclaré Cheick Sidi Diarra, haut représentant des Nations Unies pour les Pays les moins avancés (PMA).

      Diarra répondait aux critiques du plan d'action proposé pendant que la conférence des Nations Unies sur les PMA touchait à sa fin à Istanbul, en Turquie, à la fin de la semaine dernière.

      Des représentants des gouvernements ont dit qu'ils étaient optimistes que le Programme d'action d'Istanbul pour la décennie 2011-2020 se révélera important pour voir au moins la moitié des 48 pays actuellement classés comme les moins avancés sortir de cette catégorie dans les dix prochaines années.

      Ce nouveau plan, officiellement adopté par les délégués le 13 mai, souligne la nécessité pour les pays pauvres de moderniser et de diversifier leurs économies. Il invite également à la création d'emplois pour finalement éradiquer la pauvreté.

      Le forum de la société civile a rapidement rejeté le plan d'action comme étant insuffisant. Le groupe des organisations non gouvernementales a déclaré que les bailleurs de fonds et les partenaires au développement avaient évité de s’engager à tenir des promesses de longue date de fournir un appui financier important aux PMA.

      Mais Diarra indique que le rôle des partenaires au développement est clairement énoncé dans le Plan d'action d'Istanbul. Les pays développés se sont engagés à atteindre l’objectif d’accorder de 0,15 à 0,20 pour cent de leur produit national brut comme aide publique au développement (APD) aux pays pauvres.

      "Cela impliquera une augmentation significative de l'APD aux PMA, étant donné que les niveaux d'aide demeurent un peu moins de 0,1 pour cent du produit national brut du donateur", indique communiqué de presse des Nations Unies.

      Des promesses connues

      Mais cet engagement n'est pas nouveau: le Programme d'action de Bruxelles en 2001, qui est issu de la troisième conférence sur les PMA, contenait un engagement identique.

      Pourtant, Upendra Yadav, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Népal, a exprimé sa satisfaction à l’égard du programme d'action. Le Népal préside le Bureau mondial de coordination des PMA et Yadav s’exprimait au nom de tous les PMA au cours de la conférence.

      "Le programme d'action prévoit une stratégie claire pour le développement dans les PMA. Au cours des négociations, chacun a essayé de trouver un de terrain d'entente juste et la stratégie reflète cela", a affirmé Yadav.

      Il a expliqué que ce plan définissait également les visions et les voies à suivre pour le développement. "Il est complet et réaliste", a dit le ministre.

      La Turquie, qui a accueilli la conférence, est également sortie en souriant. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutolu, a déclaré que la conférence a été un succès puisqu’il est prévu qu’à travers le programme d'action, l’investissement étranger dans les PMA atteindrait le montant cumulatif de 10 milliards de dollars d'ici à 2020.

      "La Turquie a assumé la responsabilité de mettre les sujets concernant les PMA sur le programme de la communauté internationale et de contribuer aux efforts visant à trouver des solutions aux problèmes des PMA jusqu'en 2020. D'une certaine façon, la Turquie a été la voix des PMA", a-t-il affirmé.

      De grandes attentes

      Les Nations Unies ont annoncé que plusieurs pays sortiront de la catégorie des PMA au cours des deux prochaines années. L’Angola, le Bangladesh, la Guinée équatoriale, le Népal et le Timor Leste sont tous en train d’être examinés pour sortir de ce groupe, a indiqué Diarra.

      Les PMA sont caractérisés premièrement par un faible revenu par habitant, en dessous de 900 dollars par an; deuxièmement, par des faiblesses en matière de développement humain, y compris des domaines tels que la santé, la nutrition et l'éducation; et troisièmement, par la vulnérabilité économique en termes de production agricole, et une dépendance stricte des exportations limitées qui sont vulnérables aux changements brusques et drastiques des prix.

      Pour passer d'une classification de PMA à l'échelon suivant – le statut de pays à revenu plus faible – l’économie doit dépasser les normes des PMA dans deux des trois catégories pendant au moins six ans. Depuis la création de la catégorie de PMA en 1971, seulement trois pays ont réussi: le Botswana, le Cap-Vert et les Maldives.

      "Nous travaillons toujours sur le processus d'évaluation parce que certains des pays sont encore faibles en matière de développement du capital humain", a souligné le haut représentant des Nations Unies.

      Au cours de l'ouverture du forum de la société civile, le 8 mai, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a dit qu'il croit que les PMA sont prêts à voguer sur la prochaine vague de développement. Il a déclaré aux participants que le monde doit œuvrer ensemble pour améliorer la situation pour tous, et que la conférence d'Istanbul devrait refléter les voix de la société civile.

      Le programme d'action de la prochaine décennie a été maintenant défini; indépendamment de ses mérites et défauts, l'avenir de 800 millions de citoyens des pays les plus pauvres au monde dépendra de sa mise en œuvre en toute bonne foi par les gouvernements des pays développés de même que ceux des pays en développement, ainsi que par les agences de développement, les institutions financières internationales et les entreprises.

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