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DROITS: La condamnation de Taylor pour crimes de guerre envoie un message fort

    By Thalif Deen

    NATIONS UNIES, 27 avr (IPS) – Les Nations Unies se réjouissent de la condamnation d'un ancien chef d'Etat pour avoir commis des crimes contre l'humanité, impliquant en particulier le recrutement d'enfants soldats.

    Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone a reconnu jeudi, Charles Taylor, ancien président du Libéria, coupable de complicité pour crimes de guerre, et d'autres violations graves du droit international, commis par des forces rebelles en Sierra Leone, cette nation d’Afrique de l’ouest autrefois ravagée par la guerre.Les crimes ont été commis par le Front révolutionnaire uni (RUF) durant la guerre civile en Sierra Leone au cours de la période 1991-2002.Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré: "C'est une journée historique et mémorable pour le peuple de la Sierra Leone, pour la région et au-delà".Ce jugement, a-t-il dit, est une étape importante pour la justice pénale internationale, puisqu’il s’agit de la toute première condamnation d'un ancien chef d'Etat par un tribunal pénal international pour avoir planifié, comploté des crimes de guerre, et des crimes contre l'humanité."Il envoie un signal fort à tous les dirigeants qu’ils sont et seront tenus responsables de leurs actes", a-t-il ajouté.Priée de faire ses commentaires, Radhika Coomaraswamy, la représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, a indiqué à IPS que le premier cas était le jugement prononcé en mars par la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, de l'ancien chef de guerre congolais, Thomas Lubanga.Lubanga a été reconnu coupable de crimes de guerre pour avoir enrôlé et recruté des enfants âgés de moins de 15 ans dans sa force rebelle en République démocratique du Congo en 2002 et 2003."Nous étions vraiment heureux depuis que nous avions déposé un amicus curiae (avis d'expert extérieur au procès) par rapport à la loi et j'ai donné un témoignage juridique, et le tribunal nous cite abondamment – alors nous avons vraiment fait l'histoire dans le premier cas de la CPI. Mais il existe d'autres également qui ont été inculpés", a-t-elle ajouté.Coomaraswamy a affirmé que dans le cas de Lubanga, il a envoyé un message clair pour ceux qui engagent, recrutent ou font participer activement des enfants aux hostilités.Et, dans le cas de Taylor, a-t-elle souligné, aux gens qui sont en complicité avec ceux qui recrutent des enfants."Ces deux derniers mois ont renforcé la norme juridique internationale et nous espérons qu’elle servira comme un agent de dissuasion fort pour d'autres dans le recrutement des enfants soldats", a déclaré Coomaraswamy à IPS.Dans sa déclaration, le secrétaire général a dit qu'il "apprécie profondément l'engagement du Tribunal spécial à assurer la responsabilité pour les crimes très graves commis contre le peuple de la Sierra Leone et contre les Nations Unies et le personnel associé pendant le conflit en Sierra Leone".Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone est un excellent modèle d'un partenariat de coopération avec les Nations Unies pour traduire en justice les responsables de crimes internationaux graves conformément aux normes internationales de justice, d'équité et dans le respect de la légalité, a-t-il ajouté."Il a facilité le processus de réconciliation nationale ainsi que la restauration et le maintien de la paix en Sierra Leone", a indiqué Ban.Comme le Tribunal spécial pour la Sierra Leone se rapproche de la fin de son mandat, Ban a demandé à la communauté internationale de préserver et de promouvoir son héritage en soutenant le Tribunal spécial résiduel pour la Sierra Leone, qui commencera à fonctionner dès la fermeture du Tribunal spécial.En attendant, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a déclaré que le verdict prononcé contre Taylor "est une victoire pour les enfants recrutés et utilisés dans la guerre et servira d'avertissement aux autres chefs de guerre et seigneurs de guerre".Lors de son procès à La Haye, Taylor était confronté à 11 chefs d’accusation, y compris l'enrôlement, le recrutement et l’utilisation d'enfants âgés de moins de 15 ans.L'accusation a affirmé qu'il était l’un de ceux qui portent la plus grande responsabilité des crimes commis par les forces rebelles entre 1996 et 2002, selon l'UNICEF.Le directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake, a déclaré que pour les milliers d'enfants brutalisés, marqués et exploités comme des armes de guerre, le verdict d'aujourd'hui contre Taylor ne peut pas effacer les atrocités qu'ils ont subies."Mais nous espérons qu’il aidera à guérir leurs blessures", a-t-il ajouté.L'UNICEF a également souligné que le recrutement et l'utilisation des enfants dans les hostilités sont interdits en vertu du droit international, et constituent un crime de guerre lorsque les enfants ont moins de 15 ans.Souvent, ce sont les enfants les plus vulnérables qui risquent de devenir associés aux forces ou groupes armés, que ce soit par recrutement forcé ou poussés par des facteurs tels que la pauvreté, la violence, et l'idéologie.Pendant la guerre civile en Sierra Leone, l'UNICEF a dit qu'elle "était intervenue directement avec toutes les parties pour sauver les enfants qui avaient été recrutés".Dans certains cas, les enfants qui avaient été stigmatisés et marqués par les forces rebelles, ont reçu une chirurgie esthétique afin de les aider à être acceptés dans leurs communautés.L'UNICEF a également conduit des efforts visant à libérer et réunir les enfants avec leurs familles et à les réintégrer dans leurs communautés en leur fournissant une formation professionnelle, l'éducation et un appui psycho-social.L'agence a déclaré que les enfants ont été également utilisés comme boucliers humains, esclaves sexuels et comme ouvriers dans les mines de diamants.

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