Home » Droits de L'Homme, Economie et Travail, Headlines, Internationale, Politique, Santé »

DROITS-SRI LANKA: Colère contre la torture d’une femme de ménage en Arabie Saoudite

    COLOMBO, 02 septembre (IPS) – Les mauvais traitements infligés à une femme de ménage sri-lankaise par un employeur saoudien provoque une forte colère au Sri Lanka. Tant le gouvernement sri-lankais et que les militants veulent mettre un terme aux abus des migrants sri-lankais en Arabie saoudite.

    Mangala Randeniya, directeur général adjoint du Centre sri-lankais pour les travailleurs à l'étranger (SLBFE), un organisme gouvernemental, estime qu’il est « peut-être temps de chercher de nouvelles mesures de protection ».

    Le cas de L. P. D. Ariyawathi, une femme de ménage dans la cinquantaine, qui est revenu ce 21 août au Sri Lanka avec 20 clous et des fils métalliques dans son corps, a provoqué des protestations devant l'ambassade d'Arabie saoudite à Colombo.

    Le président Mahinda Rajapaksa a diligenté une enquête sur l'affaire et a envoyé des fonctionnaires de la SLBFE dans la capitale saoudienne Riyad pour recueillir des informations. Ils vont demander aux autorités saoudiennes de prendre des mesures contre l'employeur de la femme de ménage. Ils veulent aussi avoir une conversation sur la situation des migrants dans le pays.

    Plus de pression

    Le cas d’Ariyawathi peut paraître choquant aujourd’hui mais ce n’est certainement pas la première affaire d’abus concernant les travailleurs sri-
    lankais à l’étranger. Le Sri Lanka compte 1,5 million de citoyens travaillant à l'étranger, dont 1,2 million en Arabie saoudite. Pour la plupart il s’agit de femmes qui font un travail domestique dans des propriétés privées.

    Lakshan Dias, avocat et président du Réseau d'Asie du Sud pour les réfugiés, les personnes déplacées et les migrants, déclare que cette affaire offre une occasion au gouvernement sri-lankais de mettre la pression sur les pays où les migrants travaillent.

    L'Arabie saoudite est signataire de la Convention internationale contre la torture de l'Organisation internationale du Travail (OIT) mais sous réserve.

    « Faire pression sur un pays ne veut pas dire que nous perdons automatiquement le marché », commente Dias. Récemment la SLBFE a cessé d’envoyer des travailleurs sri-lankais en Jordanie parce que les personnes étaient payées moins que le salaire minimum qui s’élève à 156 euros par mois.

    Sri Lanka a des accords bilatéraux concernant les travailleurs migrants au Koweït et en Jordanie mais le pays n’a pas signé de convention avec l'Arabie saoudite. Comme de nombreux autres pays, le Sri Lanka a signé la Convention internationale pour la protection des droits des migrants et de leurs familles. De nombreux pays hôtes comme l'Arabie saoudite n’ont malheureusement signé ce traité.

    Publicité

    Le Bureau sri-lankais des Affaires étrangères a déjà décidé de fournir à Ariyawathi
    une maison et une somme d'argent en guise de compensation. Il est prévu de d’emmener la victime en Arabie saoudite car sa présence est indispensable pour leur enquête.

    Nimalka Fernando, un militant féministe et porte-parole de l'Alliance des femmes pour la paix et la démocratie à Colombo, rapporte que tous les jours des femmes de ménage sri-lankaises sont victimes d’harcèlement dans le monde. « Mais les responsables gouvernementaux ne font pas grand-chose à ce propos. Encore heureux que le ministre des Affaires étrangères, GL Peiris, va rencontrer le 31 octobre prochain l'ambassadeur saoudien à Colombo pour discuter de l'affaire Ariyawathi. Les faits auront lieu près de dix jours après le retour de la victime et que l'histoire est parue dans tous les journaux. »

    (FIN/IPS/2010)

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa