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DROITS: Une urgence oubliée dans l’Etat du Nil Bleu au Soudan

    By Jared Ferrie

    JAMAM, Soudan du Sud, 29 mars (IPS) – Hamid Yussef Bashir a dit qu'il a marché pendant 17 jours avec sa femme et ses cinq enfants pour se rendre à un camp de réfugiés au Soudan du Sud. Ici à Jamam, ils ont rejoint environ 37.000 autres personnes qui ont fui la guerre à travers l'Etat frontalier du Nil Bleu au Soudan.

    Les conditions dans le camp ne sont pas idéales, a-t-il déclaré. Il y a une pénurie d'eau potable et sa famille devra déplacer leur abri de fortune avant que les pluies n’arrivent et n'inondent leur lieu de campement. Mais ils ont eu la chance d’avoir supporté le voyage jusqu’ici."Nous étions confrontés à la faim sur le chemin, et c'est ainsi que d'autres personnes sont mortes affamées", a indiqué Bashir. "Et avec les pluies, beaucoup de gens sont morts de pneumonie".Alors que la visite de l’oscar George Clooney au Sud-Kordofan, déchiré par la guerre, a fait les manchettes à travers le monde, les agences humanitaires ont du mal à répondre au conflit dans le Nil Bleu, qui a envoyé quatre fois autant de réfugiés à travers la frontière au Soudan du Sud.Les Nations Unies estiment qu'il y a environ 82.500 réfugiés du Nil Bleu dans les camps dans le Haut-Nil, tandis que quelque 20.000 ont fui le Sud-Kordofan pour se rendre dans l'Etat d’Unity, au Soudan du Sud. L'ONU et le gouvernement américain ont averti que des centaines de milliers d'autres pourraient fuir puisque les vivres manquent dans ces deux Etats où le Soudan lutte contre une insurrection.Le gouvernement soudanais mène une guerre contre les insurgés dans les deux Etats, mais des réfugiés et groupes de défense des droits humains affirment que le Soudan est en train de cibler également des civils dans une campagne de bombardements aériens.

    La semaine dernière, les gouvernements britannique et américain ont publié des déclarations exigeant que le Soudan arrête de bombarder les civils, et exhortant le gouvernement du Soudan du Sud à cesser de fournir un appui militaire aux insurgés.Le groupe rebelle, le 'Sudan Peoples Liberation Movement-North' (Mouvement de libération du peuple du Soudan–Nord – SPLM-N), faisait autrefois partie de la force qui avait mené une guerre civile de deux décennies contre le Soudan, qui a abouti à la sécession du sud du pays. Après l'indépendance le 9 juillet 2011, le mouvement s’est officiellement scindé et les politiciens du Soudan du Sud ont nié à maintes reprises tout lien avec le SPLM-N.Andrew Omale, un coordinateur des urgences à 'Oxfam International', une organisation humanitaire, a déclaré que d’autres personnes sont attendues puisque les vivres manquent dans le Nil Bleu, qui se trouve au sud-est de Khartoum et est frontalier avec l’Ethiopie."Je dois dire qu'il est très regrettable que cette urgence ici soit oubliée", a-t-il déclaré le 22 mars aux journalistes au cours d'une visite dans le camp. "Nous demandons vraiment à la communauté internationale de soutenir les réfugiés qui sont ici dans le comté de Maban".Les organisations humanitaires s’empressent de préparer le camp avant l'arrivée de la saison des pluies dans les prochaines semaines. 'Oxfam International' exhorte les donateurs à fournir des fonds avant cette période, puisqu’il faudra trois fois plus de temps pour acheminer des vivres et autres provisions dans la région une fois que la saison des pluies commence et que l'accès par la route devient difficile, voire impossible dans certaines zones.Les pluies inonderont aussi la zone où la plupart des réfugiés campent, et les agences disent qu’elles ont besoin de les déplacer vers un terrain plus élevé.Médecins sans frontières (MSF) a averti dans un communiqué envoyé par courrier électronique le 14 mars que "seule une petite ouverture reste avant que la saison des pluies n’entrave sérieusement la fourniture d'urgence de l'aide humanitaire".Clooney a récemment visité le camp de Yida dans l’Etat d'Unity, et a traversé la frontière pour se rendre au Sud-Kordofan où il a parlé aux victimes du conflit. Depuis ce temps, il a accordé une flopée d'interviews aux médias américains, rencontré le président Barack Obama, et a témoigné devant la Commission des relations extérieures du Sénat.Le conflit dans le Nil Bleu a considérablement bénéficié de moins d'attention. "Cette zone ici est une région très difficile d’accès, et probablement c'est pourquoi la communauté internationale n’y focalise pas l'attention", a expliqué Omale.Entisar Abas el-Mak, qui est arrivée il y a deux mois, attendait à l'extérieur de la clinique de MSF avec son bébé. "Depuis que je suis venue ici, mon enfant a souffert de la diarrhée et des vomissements quatre fois maintenant", a-t-elle souligné.Kirrily de Polnay, un médecin à MSF, a dit qu’une pénurie d'eau potable dans le camp entraîne de graves cas de déshydratation et de diarrhée, ainsi que des infections cutanées et oculaires, qui accompagnent de mauvaises conditions d’hygiène.Hy Shelow, le représentant adjoint, pour la protection, de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, a déclaré que la nappe phréatique est si profonde dans la plupart des endroits que les machines de forage disponibles dans le Haut-Nil ont été incapables d'y pénétrer. Il a indiqué que l'ONU amène des derricks qui devraient pouvoir percer jusqu’à 150 mètres afin de trouver l'eau.'Oxfam International' a déclaré qu'elle envoie par camion 160.000 litres d’eau par jour à partir de trois puits artésiens existants vers les points de distribution où les réfugiés reçoivent environ six litres par personne et par jour, qui constituent la quantité dont une personne a besoin pour une survie de base.

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