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EAU-AFRIQUE AUSTRALE: Gérer un environnement incertain

    By Hanson Tamfu s’entretient avec AMY SULLIVAN, du Projet focal du bassin du Limpopo

    MAPUTO, 14 sep (IPS) – L'eau disponible dans le bassin du fleuve Limpopo, qui passe par le Botswana, l'Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Mozambique, est à la fois très sollicitée et fortement variable. La gérer efficacement et à la satisfaction de tous les utilisateurs, constitue un défi.

    Dr Amy Sullivan est le chef projet du Projet focal du bassin du Limpopo. Son travail est d'examiner la façon de réduire la pauvreté à travers une meilleure gestion de l'eau. Quatorze millions de personnes vivent dans la zone hydraulique du bassin – au Botswana, au moins 60 pour cent de la population dépend de son eau.Sullivan a parlé du projet à Tamfu Hanson, en marge du dialogue régional du Réseau de l’analyse des politiques de l’alimentation, l’agriculture et des ressources naturelles à Maputo, la capitale du Mozambique. Elle a commencé par expliquer la façon dont les droits à l'eau sont accordés dans le bassin du Limpopo.Amy Sullivan: Les droits à l'eau constituent un problème national. En théorie, nous avons quatre systèmes juridiques opérant dans ce bassin qui couvre quatre pays. L'eau est généralement considérée comme un droit donné par Dieu et un droit humain, mais lorsqu'elle est utilisée sur une plus grande échelle, les gouvernements doivent intervenir comme un régulateur légitime.

    En Afrique du Sud et au Mozambique, la répartition de l'eau revient aux unités de l’Autorité des bassins hydrauliques dans chaque pays. Malheureusement, cela se fait souvent en isolant l'agriculture et a tendance à affecter toute la gestion de l'eau.

    Pour que la gestion soit réellement efficace, il doit y avoir une planification intégrée. Chacun des pays a un système d'attribution de permis pour les grands utilisateurs commerciaux. Puis, à l'extrême, nous avons les utilisateurs domestiques, et entre eux, les petits fermiers qui ne sont en réalité réglementés que sur le papier, mais pas sur le terrain.Et c'est là où réside le problème. Les politiques peuvent être excellentes sur le papier, mais la mise en œuvre sur le terrain fait défaut.IPS: Donc le petit fermier est négligé, pour ainsi dire?

    AS: Les petits fermiers vivent en réalité dans l'incertitude parce qu'ils n'ont pas de droits formels. Il y a une tendance vers une réglementation accrue dans ce secteur et en matière des droits sécurisés, et le petit fermier est en train d’être exclu. Ces incohérences l’ont rendu plus vulnérable.IPS: Quelle quantité d'eau est utilisée dans le bassin?

    AS: Je ne peux pas dire quelle quantité d'eau est utilisée dans tout le bassin. Mais il y a plus de souscription dans certaines zones. Par cela, je veux dire que si vous combinez l'utilisation prioritaire, l'utilisation agricole et le flux environnemental, vous vous rendrez compte qu'il y a trop de pression sur les ressources en eau.La disponibilité de l’eau est très variable et il est difficile de prévoir la quantité d’eau qui sera disponible dans une période donnée. Il y a donc très peu de possibilités pour l'expansion des activités d'utilisation de l'eau.IPS: Diriez-vous que la répartition est satisfaisante?

    AS: Certainement pas. Elle est obligée d’être une concurrence à cause de cette situation imprévisible de l'eau. En amont, quelqu'un est en train de se battre pour utiliser plus, simplement au cas où quelque chose se passe demain. Nous ne pouvons que chercher à réparer en travaillant avec les différents systèmes afin de s'assurer que les législations en place sont correctement mises en œuvre.IPS: Donc l’utilisation de l'eau devrait-elle être réduite ou augmentée?

    AS: Je pense qu'il devrait y avoir une redistribution, pas une augmentation ou une diminution.L’Afrique du Sud entreprend actuellement des réformes dans la répartition de l'eau. Les producteurs devront accroître leur efficacité. Certains systèmes d'irrigation sont efficaces seulement à 40 pour cent. Cela signifiera la plantation de plus de variétés de cultures améliorées et l'adoption de meilleures techniques d'irrigation.En fait, il y a en réalité beaucoup de place pour accroître l'efficacité de l'utilisation de l'eau sans nécessairement emporter l'eau loin de quelqu’un.IPS: Vous avez beaucoup parlé de l'inefficacité: comment cela se manifeste-t-il?

    AS: Les inefficacités sont des stratégies des fermiers pour réduire les risques. Cela peut prendre plusieurs formes; l'adoption de certaines technologies et de certaines cultures. Dans ce cas, les plus gros producteurs sont plus préparés pour les risques que les plus petits qui ne peuvent pas avoir de comptes bancaires, des rendements élevés et des réserves.IPS: La situation est-elle la même dans tous les pays couverts par le bassin du fleuve Limpopo?

    AS: Les problèmes communs dans le bassin sont: une faible productivité de l'eau et l'inefficacité institutionnelle.Cependant, au Botswana, la concurrence pour les ressources en eau est élevée. Le bassin est plus sec là-bas et 60 pour cent de la population vit dans le bassin. Ceci est dû à l'urbanisation croissante, qui laisse peu de place pour l'agriculture.En Afrique du Sud et au Zimbabwe, il y a un énorme accord de développement inégal parmi les agriculteurs commerciaux et émergents. Les besoins et l’appui de divers groupes sont différents.IPS: De tout cela, quelles sont les perspectives que nous voyons pour ce bassin qui a tant à perdre?

    AS: Il existe une place positive pour la productivité à partir des ressources disponibles.L'autre côté essaie de beaucoup réaliser dans un environnement très incertain. Je veux dire ce qui se passe dans le monde en termes de changement climatique, de crises financière et économique et beaucoup d’autres.Un pays qui a élaboré un plan de développement il y a 15 ans, n'aurait pas prévu ce qui se passe aujourd'hui.

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