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ECONOMIE-AFRIQUE: "L'Afrique peut gagner facilement un demi-milliard de plus"

    ROME, 08 novembre (IPS) – Les proches de migrants africains recevraient par année un demi-milliard d'euros en plus si les agences de transfert d’argent en Afrique utilisaient les mêmes tarifs que ceux appliqués sur les autres continents. Il y a par ailleurs beaucoup d'autres moyens pour combattre les frais de transfert de fonds, estime une agence de l'ONU.

    Les quelque 32 millions de migrants africains envoient chaque année environ 27 milliards d'euros pour aider leurs proches restés dans le pays d’origine, précise le FIDA, le Fonds des Nations Unies pour le développement agricole.

    "Ce chiffre représente plus que l’ensemble des aides et investissements étrangers directs pour l’Afrique», rappelle Pedro de Vasconcelos, le coordonnateur du programme de financement du FIDA. "Plus important encore, cet argent arrive directement à ceux qui en ont besoin. L'argent est transféré d'outre-mer au profit de nombreuses familles pauvres dans les zones rurales d'importance vitale».

    Manque de concurrence
    Mais trop d’argent se perd pendant le trajet en commission ou frais de courtage. Une des principales raisons est le manque de concurrence entre les sociétés qui transfèrent les fonds. Deux sociétés, Western Union et MoneyGram, contrôlent ensemble 65 % du marché africain. Les migrants africains paient en moyenne 10 % de commission sur le montant total qu’ils veulent faire parvenir en Afrique. Pourtant le taux moyen mondial pour les autres pays dans le monde est de 5 %. Ceci est particulièrement vrai pour les pays d’Amérique latine où les tarifs des passeurs de fonds ont diminué de façon spectaculaire au cours des dix dernières années.

    La majeure partie des États en Afrique n’autorisent que les institutions financières traditionnelles à procéder aux transferts d’argent internationaux alors que des supermarchés, des coopératives de crédit et d’autres institutions de micro-crédit pourraient aussi le faire parfaitement. Si plusieurs points de transaction existaient, il y aurait plus d'argent qui circulerait, ce qui réduirait le coût pour les bénéficiaires des fonds en provenance de l’étranger.

    L'argent à l'épicerie
    Petit à petit, certains pays commencent à prendre conscience de cette logique. Par exemple, le Nigeria a décidé d’interdire les contrats d'exclusivité conclus entre les passeurs et les institutions bancaires. La fondation Hirda à Amsterdam travaille, en collaboration avec le FIDA, sur la création d’un système qui permettrait aux familles des migrants somaliens de retirer les fonds envoyés chez l'épicerie du coin.

    Les pays africains pourraient aussi décider de ne plus taxer les fonds envoyés par les émigrés à leurs familles. Tout cela donnerait un sérieux coup de pouce à la coopération Nord-Sud, estime le FIDA qui invite les pays donateurs d’user de leur influence en ce sens.

    Le groupe G8 des 8 principaux pays industrialisés dans le monde s'est engagé lors du sommet de l'Aquila (Italie) en juillet dernier de réduire de moitié le coût des envois de fonds étrangers au cours des cinq prochaines années.

    Pedro de Vasconcelos du FIDA attend également beaucoup de l'implication éventuelle des institutions de micro-crédit dans le système des transferts de fonds. Les bénéficiaires des montants pourront ainsi épargner une partie du montant reçu. Cet argent peut ensuite être utilisé pour favoriser l'investissement productif. De cette façon, l'effet des montants transférés depuis l'étranger peut facilement être neutralisé.

    (FIN/IPS/2009)

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