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ECONOMIE: La Banque mondiale et le FMI exhortés à corriger les inégalités des revenus

    By Farangis Abdurazokzoda

    WASHINGTON, 29 avr (IPS) – Les inégalités des revenus dans le monde menacent la viabilité économique et sociale, selon un rapport de la Banque mondiale publié le 10 avril, réitérant un nouveau récit vigoureux de plus en plus croissant à la fois de la banque et du Fonds monétaire international (FMI).

    Pourtant, pendant les deux institutions basées à Washington se réunissaient dans la deuxième semaine d’avril pour des réunions semi-annuelles, les militants anti-pauvreté demandaient à la banque et au FMI de traduire en pratique une telle rhétorique.

    "Moins de 100 personnes contrôlent autant de richesses du monde que les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres réunies", a déclaré le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim"Le président de la Banque mondiale Jim Kim et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, se sont fait entendre sur les dangers de la montée en flèche des inégalités, mais il reste encore du chemin à faire", a indiqué à IPS, Max Lawson, le directeur de la politique et du plaidoyer pour Oxfam-Grande-Bretagne, un groupe humanitaire et de défense.

    "Il n'y a pas de compromis entre la croissance et les inégalités", a convenu son collègue, Nicolas Mombrial, d’Oxfam-Amérique. "Il n'y aura pas de croissance inclusive si les inégalités économiques restent hors de contrôle".

    Oxfam et d'autres groupes demandent maintenant à la Banque mondiale et le FMI de prendre des mesures concrètes pour résoudre les problèmes liés à l'inégalité des richesses dans le monde entier. Les politiques du FMI en particulier ont été critiquées dans le passé pour leurs effets particulièrement négatifs sur les communautés pauvres et marginalisées.

    "Nous sommes heureux de voir le FMI reconnaître que les politiques d'assainissement budgétaire drastiques ont été un frein à la croissance, quelque chose que des syndicats disent depuis le changement inapproprié vers l'austérité opéré en 2010", a souligné le 10 avril, Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI).

    "Le fait que le FMI sape les normes de travail et les institutions de négociation collective dans plusieurs pays européens, par exemple, a déjà eu des répercussions importantes sur la répartition des revenus qui sont susceptibles de s'intensifier à l'avenir. Nous appelons d’urgence à un examen et à des changements majeurs dans les politiques du marché du travail du fonds".

    Lawson d'Oxfam répertorie au moins trois domaines qu'il souhaiterait voir bénéficier d’un examen sérieux par le FMI et la Banque mondiale.

    "Tout d'abord, il est nécessaire de développer une mesure plus adéquate des inégalités des revenus", dit-il. "Cela doit examiner non seulement les revenus des derniers 40 pour cent de ceux qui gagnent un revenu dans le monde, mais aussi les flux de revenus des 10 premiers pour cent de la planète".

    Lawson a insinué que le FMI, compte tenu de son interaction constante et influente avec les gouvernements du monde, serait particulièrement bien placé pour promouvoir une mesure plus forte des inégalités.

    "Deuxièmement, il est nécessaire de réformer les régimes d'imposition", a poursuivi Lawson. "Ce n'est pas juste qu'un milliardaire verse un pourcentage plus faible d'impôt qu'un chauffeur de bus. Et troisièmement, il est essentiel de fournir un accès universel aux soins de santé et à l'éducation".

    Oxfam demande également aux gouvernements de corriger les inégalités en se concentrant de manière plus robuste sur l'évasion fiscale et le secret financier connexe. Avec d'autres, le groupe appelle à un objectif mondial visant à mettre fin aux inégalités extrêmes dans le cadre de la discussion sur les objectifs de développement international post-2015.

    "Nous ne pouvons pas espérer gagner le combat contre la pauvreté sans lutter contre les inégalités", déclare Oxfam. "Des inégalités croissantes sont en train de créer un cercle vicieux où la richesse et le pouvoir sont de plus en plus concentrés dans les mains de quelques personnes, laissant le reste d'entre nous se battre pour les miettes provenant de la table d’honneur".

    Un fossé qui s'élargitLes inégalités sont devenues un sujet particulièrement important dans les discussions sur les politiques internationales au cours des deux dernières années. Cela est dû en partie au fait qu’à la suite de la crise économique mondiale de 2008, les riches se sont remis beaucoup plus rapidement que les pauvres – élargissant ainsi le fossé des inégalités.

    Une liste récente des milliardaires dans le monde publiée par le magazine Forbes a souligné l'ampleur du problème. Selon ces données, seulement 67 personnes ont autant de richesses que les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres.

    "Moins de 100 personnes contrôlent autant de richesses du monde que les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres réunies", a déclaré le 10 avril, le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, au début des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI. Au cours des rencontres similaires en 2013, Kim a annoncé un nouvel objectif de la banque visant à éliminer l'extrême pauvreté d'ici à 2030.

    Toutefois, il a averti le 10 avril que la croissance économique ne suffit pas pour atteindre cet objectif.

    "Même si tous les pays se développent au même rythme comme au cours des 20 dernières années, et si la répartition des revenus reste inchangée, la pauvreté dans le monde diminuera de 10 pour cent seulement d’ici à 2030, à partir de 17,7 pour cent en 2010", a-t-il indiqué.

    "Nous avons besoin de nous concentrer surtout sur le fait de rendre la croissance plus inclusive et de cibler davantage de programmes pour aider directement les pauvres si nous voulons mettre fin à l'extrême pauvreté".

    La mise en garde de Kim est soulignée dans un communiqué publié le 10 avril par la banque.

    "La hausse des inégalités des revenus peut atténuer l'impact de la croissance sur la pauvreté", indique le document.

    "Dans les pays où les inégalités diminuaient, la baisse de la pauvreté pour un taux de croissance donné était plus élevée. Même s'il n'y a pas de changement dans les inégalités, le 'pouvoir de réduction de la pauvreté' de la croissance économique est faible dans les pays qui sont initialement plus inégaux".

    Le document souligne que les gouvernements et les donateurs ne peuvent pas chercher seulement à sortir les gens de l'extrême pauvreté, mais doivent aussi veiller à ce que les gens ne soient pas "bloqués juste au-dessus du seuil de l’extrême pauvreté en raison d'un manque d'opportunités qui pourraient entraver les progrès vers de meilleurs moyens de subsistance".

    "Les inégalités persistantes, où les riches sont continuellement avantagés et où le reste se bat pour rattraper le retard, font que les gens sont fâchés contre le système", a expliqué à IPS, Carol Graham, une chercheuse à 'Brookings Institution', un groupe de réflexion à Washington.

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