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ECONOMIE: L’aide accordée à l’Afrique du Sud tarit-elle?

    By John Fraser

    JOHANNESBURG, 23 mai (IPS) – Des commentateurs et chefs d'entreprise en Afrique du Sud croient que la récente annonce d’une fin du programme d'aide du Royaume-Uni à l'Afrique du Sud peut être le début d'une nouvelle tendance visant à réduire l'aide pour ce pays, et peut-être pour le reste de l'Afrique.

    "Cette annonce du Royaume-Uni n'était pas totalement inattendue", a déclaré à IPS, Neren Rau, le président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Afrique du Sud.

    "Il y a actuellement une grande discussion au sujet de toute l'Afrique comme étant vulnérable avec moins d'assistance – le financement n'est tout simplement pas là".

    L'annonce faite en avril par la secrétaire d’Etat pour le développement international au Royaume-Uni, Justine Greening, selon laquelle l'aide directe de son pays pour Afrique du Sud, qui s’élève actuellement à 19 millions de livres par an, cessera en 2015, a suscité des critiques généralisées en Grande-Bretagne et ailleurs, notamment parce qu’il n'y avait aucun dialogue préalable avec le gouvernement sud-africain.

    "Il y a une forte probabilité que d'autres donateurs fassent de même", a souligné Rau.

    "La perte (éventuelle) de l'aide de l'Union européenne et des Etats-Unis est quelque chose dont nous discutons depuis un moment. Je pense que les pays africains auraient dû prévoir cela, et s’y attendre. C’est très naïf de s'attendre à ce que l'aide coule indéfiniment".

    L’ancien ambassadeur de Belgique en Afrique du Sud, Jan Mutton, qui est un associé de recherche au Département des sciences politiques à l'Université de Pretoria, a indiqué à IPS que ce serait une erreur pour tout pays de dépendre éternellement de l’aide.

    "L'Afrique du Sud est un exemple parfait à considérer pour un mélange d’échanges commerciaux et d'aide ensemble", a-t-il dit.

    "Il y a une opportunité classique de voir comment nous pouvons travailler ensemble d'une autre façon. Alors, ce que le Royaume-Uni est en train de faire est plus approprié – examiner le moyen le plus idoine d'aider l'Afrique du Sud".

    Dawie Roodt, un économiste de 'Efficient Group', basé à Pretoria, a déclaré à IPS: "J'ai beaucoup de sympathie pour la décision du Royaume-Uni. Ce n'est pas logique qu'un bénéficiaire accepte avant que l'aide ne lui soit coupée. Cette décision revient au donateur seul".

    "Mais à part cela, je suis très sûr qu'il existe, du point de vue des Britanniques, des cas d’aide plus urgents que de donner de l'argent à l'Afrique du Sud".

    Frank Oberholzer, porte-parole de l'ambassade de l'Union européenne (UE) à Pretoria, a indiqué à IPS qu’actuellement, l’aide de l'UE continue comme prévu, mais qu'il y a des discussions sur la meilleure façon de gérer l'aide à long terme pour l'Afrique du Sud.

    "Le programme actuel de l'UE en Afrique du Sud s’élève à 980 millions d'euros (1,2 milliard de dollars), de 2007 à 2013", a-t-il souligné à IPS.

    "Alors que tous les engagements pris sous ce programme prennent fin cette année, nous prévoyons de continuer à débourser en moyenne quelque 100 millions d'euros (129 millions de dollars) par an jusqu'en 2015".

    "Les discussions sur une aide future en termes de financement et de domaines de coopération sont actuellement en cours au Parlement européen, à la Commission européenne et au niveau du Conseil des ministres européen – c’est trop tôt de prédire une issue pour le moment", a expliqué Oberholzer.

    "Bien que je ne croie pas qu'il existe un débat sur l'aide au développement, il y a une discussion sur la meilleure façon d'aider les pays à revenu intermédiaire, l'Afrique du Sud étant l'un d'entre eux", a-t-il ajouté.

    Le Parti travailliste d'opposition en Grande-Bretagne a violemment critiqué la décision par rapport à l'aide, avec un grand dirigeant travailliste membre du Parlement européen, Michael Cashman, l'attaquant dans un communiqué sur son site Internet.

    Cashman, président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l'Afrique du Sud, a protesté, affirmant que la décision "a été prise unilatéralement".

    "Il est clair que (Greening) est soit ignorante des profondeurs de la pauvreté en Afrique du Sud, soit mal conseillée. De toute façon, elle doit revoir cette décision immédiatement, ou tout au moins trouver une solution bilatérale avec son homologue sud-africain".

    Il a confirmé que l'UE est en train de revoir sa propre stratégie de coopération au développement et a déclaré que "les combats ont commencé pour distinguer les pays qui doivent encore bénéficier de l'aide de ceux qui ne devraient pas, l'Afrique du Sud étant l'un des cas les plus controversés".

    "Le pays est en quelque sorte un modèle de développement et constitue l'économie la plus grande et la plus développée du continent", a déclaré Cashman.

    "Cependant, il demeure l'une des sociétés les plus inégalitaires au monde et est gâché par un taux élevé du chômage et une pauvreté répandue. On estime que près de 40 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté", a-t-il ajouté.

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