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ECONOMIE: Les PMA cherchent un mini accord commercial

    By Sanjay Suri

    ISTANBUL, 12 mai (IPS) – Les dirigeants des pays les moins avancés (PMA) font une forte pression à Istanbul pour un mini accord commercial en faveur de leurs 48 nations pauvres – avant tout accord mondial dans le cadre du Cycle de Doha.

    "C'est l'une des options qui sont en cours de discussion", a déclaré à IPS, Valentine Rugwabiza, directrice générale adjointe de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dans un entretien mercredi. "Mais il y a un certain nombre d'options qui sont en cours de discussion, et au-delà des débats sur ces options, il y aura également désormais le besoin d'avoir un accord entre les membres".Les dirigeants des PMA seraient à la recherche d'une sorte d’accord à mettre en place d'ici à la fin de l'année – ils cherchent à obtenir un gage d'engagement vers cet objectif au cours de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA-IV), en cours à Istanbul, en Turquie, cette semaine. Cette conférence a lieu tous les dix ans, et les dirigeants des PMA considèrent cela comme un moment critique pour obtenir satisfaction à leurs demandes.Ces demandes ont été fortement exprimées, indique Rugwabiza, qui est originaire du Rwanda – un PMA. "Ils sont déçus par la longueur de ces négociations de (l’OMC). Un signe clair de cela est qu’ils disent que si le cycle ne peut pas être achevé cette année, alors nous avons besoin de quelque chose, nous avons besoin de résultats pour les PMA".Le Cycle de Doha sur les négociations commerciales multilatérales a été lancé par l'OMC en novembre 2001. Les discussions ralentissent maintenant pour s'arrêter presque, et la montée des économies émergentes du Sud a fait de la rhétorique bailleur-client de beaucoup d’acteurs davantage non pertinente.Les dirigeants des PMA, affirme Rugwabiza, ont envoyé un "message clair et fort" selon lequel ils sont "déçus par la situation actuelle, par l'impasse, et par la perspective qu’en 2011 peut-être, ils ne recevront pas le gros paquet qu'ils voulaient".Mais au même moment, dit-elle, il y a une "volonté manifeste que nous ne sommes prêts à accepter aucun résultat. Parce que nous sommes aussi membres de cette organisation (OMC), et nous n’accepterons simplement aucun résultat".Rugwabiza résume les arguments présentés par les chefs de la plupart des PMA. "[Ils disent] après tout que nous ne représentons qu’un pour cent du commerce mondial. Si à cause de désaccords entre les principaux acteurs – les pays développés ou pays émergents en développement – nous ne pouvons pas parvenir à un accord cette année, nous ne pouvons pas continuer à attendre indéfiniment. Parce que le temps n'a pas le même coût sur nos et vos économies."Nous ne sommes pas à l'origine de cette impasse, nous ne sommes pas ceux qui empêchent le cycle d’évoluer, mais nous sommes ceux qui vont payer le plus lourd tribut. Dans un environnement qui se détériore, non pas à cause de nous, mais du fait de la crise qui ne provenait pas de nous".Rugwabiza dit que les PMA sont catégoriques en disant qu'ils veulent un accord commercial multilatéral et que les accords régionaux et bilatéraux ne peuvent se substituer à cela."Certains présidents viennent avec un message très clair et fort selon lequel la voie multilatérale est leur avenue pour des règles commerciales multilatérales. Ils ne sont pas prêts à laisser la plateforme multilatérale des négociations".Cette affirmation semble venir avec des avertissements voilés."Il y a à ce stade un large consensus autour des circonstances particulières auxquelles les PMA sont confrontés – mais il existe également un intérêt pour tous les membres de maintenir l'engagement des PMA au système", explique Rugwabiza.

    "[Ils disent] que leur implication et leur engagement ont été très utiles, qu’ils ont contribué d'une manière très constructive, qu’ils ont fait un certain nombre de propositions qui font aujourd'hui partie du Programme de Doha pour le développement. Des propositions sur les disciplines concernant le coton, des propositions sur davantage de règles d'origine plus flexibles et simplifiées, qui sont beaucoup plus une barrière que des droits tarifaires pour certains PMA".

    Les dirigeants des PMA déclarent qu’ils en ont clairement assez. Leur argument, explique Rugwabiza, c'est qu'ils luttent jusque-là "dans un environnement qui n'était pas nécessairement le plus propice, le plus favorable, dans un environnement où nous avons encore des barrières, un certain nombre d’obstacles à la valeur ajoutée à nos produits, dans un environnement où nous avons encore des crêtes tarifaires, nous sommes toujours confrontés à une escalade tarifaire, dans un environnement où nous sommes encore confrontés à des subventions, et dans un environnement où nous connaissons toujours un manque de prévisibilité".Le président zambien, Rupiah Bwezani Banda, par exemple, a déclaré, au cours d'une réunion sur le commerce, que les "préoccupations des pays ACP [Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique – dont beaucoup sont des PMA] n'ont pas été pleinement prises en compte, bien que les discussions aient atteint un stade critique". Au cours des rencontres privées avec des responsables de l'OMC, beaucoup de dirigeants auraient été beaucoup plus directs.Plusieurs rounds critiques de négociations ont été organisés entre les dirigeants des PMA et le chef de l'OMC, Pascal Lamy, à Istanbul. La rencontre des PMA ne fait pas officiellement partie des négociations de l'OMC, mais les échanges commerciaux ont été au cœur des discussions ici.

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