Home » Afrique, Developpement, Economie et Travail, Environnement, Headlines, Reportage d'Afrique »

ECONOMIE: Libérer les échanges entre l’Afrique du Sud et le Nigeria

    By John Fraser

    JOHANNESBURG, 20 juin (IPS) – Si une Zone de libre-échange arrivait à être négociée entre l'Afrique du Sud et le Nigeria, les deux plus grandes économies d'Afrique, cela aurait un effet puissant sur les échanges à travers le sous-continent et pousserait d'autres pays à réagir.

    "A mon avis, cela apporterait des avantages économiques substantiels aux deux parties en termes d'exportations, d'investissement, de renforcement de la concurrence et, en fin de compte, de productivité", a déclaré à IPS, Peter Draper, un chercheur principal à l'Institut sud-africain des affaires internationales.

    Ces Etats ont déjà conclu un accord informel de coopération. En mai, le ministre sud-africain de l'Industrie et du Commerce, Rob Davies, a annoncé lors d'une visite du président nigérian, Goodluck Jonathan, dans ce pays, que l'Afrique du Sud a promis d’aider le pays le plus peuplé d'Afrique à faire du secteur automobile le domaine industriel phare de cette nation d’Afrique de l’ouest.

    Toutefois, il existe des inquiétudes qu’une Zone de libre-échange (ZLE) pourrait donner des avantages inégaux aux Sud-Africains, qui ont un secteur manufacturier développé, au détriment du Nigeria moins industrialisé.

    "Cela ne veut pas dire que l'Afrique du Sud n'est pas favorablement disposée, mais pour indiquer plutôt que dans la mesure où il y a une volonté politique derrière l'idée, ce serait en faveur d'un accord commercial limité et non d’un accord global", a indiqué Draper.

    R J van Spaandonk, un homme d'affaires basé à Johannesburg, a la licence officielle d’importer des ordinateurs Apple, téléphones, tablettes et autres produits à la fois dans les marchés d'Afrique du Sud et du Nigeria. Il a affirmé à IPS que la ZLE proposée enverrait un signal très positif, puisque les deux gouvernements semblent se rapprocher de plus en plus tout le temps.

    "Mais dans la pratique, les avantages peuvent être limités. Beaucoup d’entreprises sud-africaines opèrent au Nigeria à travers des entités non sud-africaines, il n’est donc pas clair si elles pouvaient être considérées comme bénéficiaires d'une telle ZLE".

    Toutefois, il a indiqué que ce serait une démarche opportune si elle était destinée à faciliter les échanges entre le Nigeria et l'Afrique du Sud.

    "J’apprécierais plus de transparence sur quoi les règles et règlements s’appliquent – en termes de restrictions des importations, de certification des produits, de visas, etc. – ainsi qu’une exécution et un traitement plus rapides. Des deux côtés, probablement".

    Jabu Mabuza, président de 'Business Unity South Africa', a affirmé qu'il existe un grand potentiel pour des relations plus étroites entre les deux pays, mais a ajouté qu'il aurait besoin de plus de temps pour décider si oui ou non une ZLE constitue la meilleure approche.

    "J’apprécie personnellement cette union et la relance de la relation entre nos deux nations", a-t-il dit. "Dans la mesure où nous pouvons avoir des relations mutuelles socialement et politiquement enrichissantes, nous devrions faire tout ce qu'il faut".

    Cependant, Dianna Games, la directrice de 'africa @ work', un cabinet-conseil, a déclaré à IPS qu’elle croit qu’il existe actuellement, et dans le futur, assez d’échanges entre les deux pays pour examiner la question d'une ZLE. Toutefois, elle est préoccupée par le manque de commerce de produits non pétroliers du Nigeria vers l'Afrique du Sud.

    "Le secteur de la fabrication dans ce pays est encore à un stade naissant, en partie à cause de graves pénuries d'électricité", a-t-elle expliqué.

    "Bien que le Nigeria soit l'un des principaux fournisseurs de pétrole brut à l'Afrique du Sud, il n'y a presque pas de commerce de produits non pétroliers qui se fait".

    Le 'South African Revenue Service' (Trésor sud-africain) a indiqué que dans les trois premiers mois de 2012, les exportations du Nigeria vers l'Afrique du Sud étaient évaluées à 750 millions de dollars, avec 740 millions de dollars constitués de produits minéraux, principalement le pétrole. Dans les mêmes trois mois, les exportations d’Afrique du Sud vers le Nigeria s’élevaient à 150 millions de dollars.

    "Le marché nigérian lui-même est immense et mal desservi, alors toute capacité qui existe est facilement absorbée par le marché local lui-même, avec quelques échanges dans la région d’Afrique de l’ouest. Il n'y a rien pour indiquer que l'Afrique du Sud sera un marché de choix pour les biens et services nigérians pendant un certain temps encore", a-t-elle déclaré.

    Cet avertissement a été repris par Foluso Phillips, le président de 'Phillips Consulting', un cabinet de conseils en image de marque, basé à Lagos, au Nigeria.

    "Il y a beaucoup de choses que l'Afrique du Sud peut offrir au Nigeria, mais il y a eu un problème d'attitude et de manque de confiance ainsi que des objectifs divergents des deux parties", a-t-il souligné.

    "Toutefois, il doit exister un esprit gagnant-gagnant fort, puisque les antécédents et la perception font que tout a l'air d’inégal en faveur de l'Afrique du Sud".

    Il a indiqué que tout accord entre les deux pays doit porter sur un vrai transfert de technologie et être utile au Nigéria. Il a ajouté que si une ZLE était négociée, "les Sud-Africains (pourraient) ne pas venir à la table avec une attitude 'plus maligne'".

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa