Home » Developpement, Economie et Travail, Headlines, Internationale, Politique »

ECONOMIE-PHILIPPINES: Les enfants d’émigrés philippins ne connaissent pas la crise

    BATANGAS, 21 décembre (IPS) – Les migrants sont parmi les plus grandes victimes de la crise économique internationale, mais il existe aussi des pays comme les Philippines où c’est une bonne chose d'avoir des parents à l'étranger. De nombreux migrants meurent eux-mêmes de faim pour pouvoir continuer à envoyer des dollars et des euros dans leur pays d’origine.

     Melinda Mendoza, une enseignante à l'école Pulong Anahao dans la région de Mabini aux Philippines, donne cours à des enfants d'émigrés. Ceux-ci ont des téléphones portables modernes, débarquent avec beaucoup de nourritures tous les jours et ne savent pas garder leur argent de poche. D’après l’enseignante, certains élèves auraient des téléphones d’une valeur de plusieurs milliers de pesos philippins équivalents au salaire mensuel d’un travailleur.

    Mabini est situé dans la province de Batangas à deux heures de route de Manille. Beaucoup de gens n’ont pas assez à manger. Près de 30 des 90 millions d'habitants des Philippines vivent en dessous du seuil de pauvreté.

    Mais ces chiffres ne s'appliquent pas aux personnes ayant de la famille expatriée. Près de la moitié des élèves de Mendoza sont des enfants d'émigrés. Leurs parents travaillent beaucoup en Italie comme aide ménagère, garde d'enfants ou comme travailleur d'usine. Ils gagnent ce qu'ils ne pourraient jamais gagner au pays pour le même travail. Les domestiques philippins en Italie gagnent entre 900 à 1.200 euros par mois, ce qui fait un salaire de 60.000 à 80.000 pesos.

    Épargner pour la maison
    A cause de la crise, certains immigrés philippins ont perdu leur emploi ou ils doivent désormais se contenter de beaucoup moins d’argent. La plupart de ces migrants travaillent très dur pour essayer de continuer à envoyer de l'argent. Même dans la plus profonde récession économique, les montants que les Philippins ont été renvoyés chez eux n’ont chuté que de 15 à 20 %, selon les estimations d’Estrella Dizon-Añonuevo, directrice d’une organisation philippine des travailleurs émigrés et des collectivités Atikha Initiatives.

    "Ils se serrent la ceinture", explique Estrella Dizon-Añonuevo. Certains expatriés vivent désormais ensemble avec d’autres collègues pour épargner plus d'argent. D’autres essayent de combiner plusieurs emplois pour gagner plus également.

    L’enseignante Mendoza cherche à réduire le plus possible le fossé entre les enfants de parents émigrés riches et les autres enfants pauvres dans sa classe. "Je demande à mes élèves qu’ils apportent de la nourriture de chez eux pour partager», dit-elle. L'enseignante est préoccupée par le matérialisme qui existe chez ses élèves. Les enfants s'habituent à avoir des choses chères et ils ne pourront garder ses habitudes qu’en comptant sur l’argent qu’ils reçoivent de l'étranger.

    Petite Italie
    Dans la région de Mabini où de nombreuses familles d’émigrés vivent, on constate l’apparition de plus en plus de maisons construites en style européen. Anahao, la banlieue où se trouve l'école de Mendoza, a été rebaptisée "Little Italy" dans le langage populaire. Les habitants y conduisent des voitures neuves, notamment pour déposer les enfants à l'école, et des écoles privées coûteuses sont créées pour répondre aux besoins. Mais de nombreux enfants d'émigrés passent leur temps à l’école sans vraiment y travailler. Ils supposent que, tôt ou tard, ils iront rejoindre leurs parents et continueront ensuite leurs études dans leur nouveau pays.

    Selon la Banque mondiale, les migrants philippins ont envoyé 10 milliards d'euros en 2007 dans leur pays d’origine. Seules la Chine, l'Inde et le Mexique reçoivent plus d'argent de leur diaspora. En 2008, 1,3 million de Philippins ont quitté leur pays pour travailler dans les pays riches.

    Environ 10 % de la population des Philippines vit maintenant à l'étranger pour des raisons économiques.

    (FIN/IPS/2009)

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa