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ECONOMIE: Une nouvelle banque de développement pour consolider le bloc BRICS

    By John Fraser

    JOHANNESBURG, 1 mars (IPS) – Les dirigeants des pays émergents veulent que leur club comprenant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud soit pris au sérieux, et ce mois, ils devraient faire un pas décisif vers la création d'une banque de développement pour lui donner une substance et une crédibilité réelles.

    "Il n’y a aucun doute que la Banque de développement du BRICS ne soit un développement opportun", a déclaré à IPS, Sandile Zungu, le secrétaire du 'South Africa’s Black Business Council' (Conseil sud-africain des entreprises dirigées par des Noirs).

    "Le besoin de cette banque est assez évident si vous regardez la croissance des échanges commerciaux entre les pays du BRICS et les frustrations que ces pays ont eues à l’égard des institutions existantes de financement du développement telles que la Banque mondiale et le FMI (Fonds monétaire international", a-t-il dit.

    Zungu a particulièrement indexé la bureaucratie existante, les critères de crédit, les conditions attachées aux prêts et la lenteur dans le traitement des demandes.

    "Ensuite, il y a le fait que ces pays disposent de grands programmes d’extension des infrastructures, ce qui constitue une raison de plus pour créer cette banque – le besoin est là", a-t-il expliqué.

    Le financement des infrastructures au sein du BRICS sera en effet un point clé de la banque, avec d'autres modèles de coopération pour financer de tels projets, selon Hannah Edinger, directrice de la recherche et de la stratégie à 'Frontier Advisory', un group de conseils sur les marchés émergents.

    Le ministre sud-africain des Finances, Pravin Gordhan, a déclaré au parlement, au début de la semaine, que la création de la banque est "destinée à mobiliser l'épargne intérieure" pour cofinancer ces projets d'infrastructure dans les régions en développement.

    S’exprimant à IPS, Edinger a dit qu'il faudrait au moins 15 trillions de dollars dans les pays du BRICS au cours des 10 à 20 prochaines années pour financer ces projets, en particulier en Inde et en Afrique du Sud.

    Lors d'une récente conférence de presse, Lynette Chen, directrice de la Fondation des affaires du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, a estimé qu'il y a actuellement un déficit de 480 milliards de dollars dans le financement des infrastructures en Afrique, que la nouvelle banque du BRICS devrait aider à régler.

    "La Banque de développement du BRICS pourrait devenir l’organisme de crédit de choix pour l'Afrique", a indiqué Chen.

    "D'autres domaines de financement comprennent des projets de technologie verte, les biocarburants, les barrages et les centrales nucléaires en Afrique", selon Edinger. "Toutefois, le financement vers le continent africain devrait être une part plus petite du financement total accordé au BRICS".

    Alors qu'il y aura une certaine possibilité de financer des projets respectueux de l'environnement en Afrique, ce ne sera pas au début le premier point central de la nouvelle banque, a déclaré Edinger.

    Des projets axés sur le développement durable et les changements climatiques feront partie du mélange, particulièrement là où ils concernent "des projets d’infrastructures types plus grandes et transfrontalières dans les secteurs du transport et de l’électricité, pour promouvoir l'intégration régionale et la construction d’un marché régional", selon Edinger.

    Alors que le prochain sommet du BRICS, à Durban, à la fin du mois, sera le premier à être organisé sur le sol africain, des responsables tiennent une série de réunions dans les pays pour s’assurer que le club politique se dote d’un véritable pivot économique.

    Zungu a prédit que la nouvelle banque "cimenterait" l'esprit de coopération du BRICS en donnant une base institutionnelle tangible.

    Edinger est d’accord. "La création de la Banque de développement du BRICS sera une étape importante pour le regroupement BRICS parce qu’elle ajouterait la crédibilité, la substance et l'appropriation du concept du BRICS comme la première institution émergeant de ce club".

    Alors qu’un certain nombre de groupes de travail et de forums existent comme une partie du mécanisme du BRICS, a-t-elle affirmé, la création de la banque serait le signe d'un pas en avant pour éviter d’être juste un forum politique de discussions qui propose une réforme du système financier international, créant un moteur qui est plus en harmonie avec les intérêts des marchés émergents du BRICS, ainsi que les intérêts de l’ensemble du Sud.

    Les experts de la 'Standard Bank' d'Afrique du Sud estiment que la Banque de développement du BRICS sera dotée au départ d’un capital de 50 milliards de dollars, avec 10 milliards de dollars provenant de chacun des membres du BRICS.

    "La banque donnerait également un sentiment d'assurance aux financiers privés", selon Chen. Elle a admis que nombre de projets d'infrastructure en Afrique seraient transfrontaliers, impliquant des "corridors de développement".

    Les yeux sur DurbanJeremy Stevens, un économiste à la 'Standard Bank' d'Afrique du Sud, qui est basé en Chine, a déclaré à IPS que plus de clarté sur la banque apparaîtrait à Durban.

    "La principale ambition de la banque est d’orienter le développement d'une manière qui reflète les priorités et les compétences du BRICS. Par conséquent, la banque se concentrera sur le développement des infrastructures et la fourniture d’un appui auxiliaire à la préparation des projets, comme les études de faisabilité", estime Stevens.

    "Plus tard, le groupe de travail définira les engagements techniques et les structures de gouvernance", a-t-il dit.

    La Banque de développement du BRICS fournit un fondement institutionnel pour le groupe, a indiqué Stevens, tout en "contribuant de façon constructive au développement de liens plus solides et interdépendants entre les membres du BRICS".

    Il a prédit que la portée des activités de la banque pouvait être limitée au début, mais pourrait s’élargir à mesure qu'elle se développe au fil du temps. Il a également affirmé que son rôle ne serait pas comme une rivale des institutions existantes de financement du développement, mais en tant qu’une source auxiliaire de financement.

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