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ELECTIONS-US: Les Latino-américains condamnés à voter Obama

    Charles McDermid

    CHARLOTTE, 07 septembre (IPS) – L'électorat latino-américain aux États-Unis, qui joue un rôle décisif lors de l'élection présidentielle, est déçu par la présidence de Barack Obama. Mais comme l'alternative républicaine leur semble encore pire, ces électeurs n'ont pas d'autre choix que de soutenir la réélection du président sortant.

    Le maire latino Julian Castro a récemment accompli une première historique en prenant la parole lors du discours d'ouverture de la Convention démocrate. Mais au même endroit, une manifestation était en cours juste devant les portes de l'événement pour protester contre la politique du président envers les immigrés clandestins.

    En juin dernier, le président Obama a lancé le programme Deferred Action-Program qui autorise quelque deux millions de jeunes sans-papiers à résider aux États-Unis mais le même président a expulsé durant son mandat plus de sans-papiers que dans n'importe quel autre président avant lui.

    Le paradoxe latino

    Les contradictions sont bien réelles dans le paradoxe latino de Barack Obama. Le président a reçu le soutien de la population latino-américaine mais il n' a pas répondu aux problèmes les plus urgents de la communauté.

    Maintenant que les élections présidentielles approchent certains dirigeants latino-américains n'hésitent pas à manifester leur mécontentement. « Ces élections représentent un défi majeur pour la communauté latino-américaine », a déclaré Sylvia Puente du Forum des politiques latino-américaines. « Il y a clairement un soulagement chez certains jeunes pour le programme Deferred Action mais en même temps il y a de la déception. Ce qu'il a fait, en pratique, ne correspond pas ce qu'il avait promis. Il y a beaucoup de malaise et de doute sur le soutien à Obama. Il a expulsé environ 1,2 million de personnes du pays. Cela a un impact dévastateur sur la vie des gens. Chaque personne que je connais compte un ami ou une connaissance qui a été expulsé ».

    Des promesses vides

    Ce sont surtout les promesses vides du président qui laissent des blessures profondes au sein de ce groupe. « En 2008, il avait promis qu'il n'accepterait pas que les familles soient séparées et il était favorable à un processus de régularisation au profit des personnes qui résident depuis longtemps aux Etats-Unis. Les électeurs latinos ont cru en lui », dit Amalia Pallares, professeur d'études sur l'Amérique latine à l'Université de l'Illinois à Chicago. « Nous ne pouvons pas encore parler d'une meilleure politique ou d'un changement significatif dans le domaine de l'immigration, de l'intégration ou d'une régularisation, alors qu'on a déjà constaté une approche plus sévère en matière de peines et d'expulsion. Si la présidence d'Obama se terminait aujourd'hui, il ne laissera qu'un maigre héritage ».

    Selon les experts, Obama doit absolument s'assurer un large soutien de la population latino-américaine pour pouvoir remporter le scrutin. Il a surtout peur d'un faible taux de participation qui peut lui être fatale dans ce domaine.

    Lors de la Convention démocrate à Charlotte, d'éminents leaders latinos, comme le maire de Los Angeles Antonio Villaraigosa et l'actrice Eva Longoria, jouent un rôle central pour soutenir la candidature d'Obama. Il y a aussi plus de délégués latino-américains à la convention qu'il n'y en a jamais eu auparavant.

    Le camp Obama avance ses arguments, comme la nomination de Sonia Sotomayor au poste de juge à la Cour suprême ou la nomination de Katerine Archuleta comme première directrice latino d'une campagne présidentielle, pour contrebalancer les avis.

    Un bloc important

    La population latino-américaine a augmenté de 43 % entre 2000 et 2010. Cette année, il y aura environ 26 % d'électeurs latinos en plus que lors de la dernière élection présidentielle de 2008.

    « Il y a deux grandes tendances démographiques dans ce pays », rappelle Puente. « D'un côté il y a les baby-boomers vieillissants, pour la plupart des électeurs blancs qui n'ont plus d'enfants, et la croissance rapide de la population latino-américaine. Un enfant sur quatre qui nait aujourd'hui aux États-Unis est latino. Il est évident que le bloc de vote latino mûrit peu à peu et jouera un rôle décisif durant cette élection ainsi que pour les prochaines élections ».

    Mitt Romney

    Mais si le bilan latino d'Obama est si pauvre, comment peut-il être sûr d'avoir un soutien massif de la communauté pendant ce scrutin ? Tout s'explique en réalité par le profil de son adversaire républicain Mitt Romney.

    « Peut-être qu'Obama n'a peut-être pas bien fait son travail durant son premier mandat mais son adversaire n'a absolument rien fait pour les Latinos. Les Républicains ont toujours eu des positions anti-immigrationnistes et ont soutenu des mesures restrictives notamment dans l'Arizona», a déclaré Ernesto Chavez, professeur d'histoire à l'Université du Texas.

    De nombreux dirigeants latino-américains considèrent Obama comme un moindre mal entre deux maux.

    Par ailleurs, le débat sur l'immigration n'est pas le seul thème qui préoccupe les Latinos. « Les Latinos restent préoccupés par des problématiques de santé, d'éducation, de logement, d'emploi et évidemment aussi d'immigration », précise Pallares. « Mais nous pouvons aussi penser à la législation sur les armes, la contrebande d'armes et la lutte contre le commerce de la drogue car tout cela alimente la violence dans de nombreux quartiers latinos aux États-Unis. Les cinquante mille morts et disparus au Mexique ont des conséquences pour les familles latinos aux États-Unis ».

    Le bon choix
    Les manifestants UnDocubus, qui ont dû passer leur nuit dans une cellule le soir de la Convention démocrate, se sont finalement montrés les plus positifs à l'égard d'Obama.

    « Nous savons que la politique migratoire d'Obama est encore indécise. Nous lui demandons de faire le bon choix pour se positionner du bon côté de l'Histoire. Nous voulons pousser cet homme a trouvé un moyen pour faciliter la vie de millions de gens qui travaillent dur pour une vie meilleure dans ce pays et pour les faire participer légalement la vie en société. Nous ne voulons pas nous rappeler de lui comme le président qui a expulsé le plus de migrants dans l'histoire des Etats-Unis ».

    (FIN/IPS/2012)

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