Home » Economie et Travail, Environnement, Headlines, Internationale, Politique, Santé »

ENERGIE-JAPON: Pas d’énergie nucléaire ? Plus facile à dire qu’à faire

    Suvendrini Kakuchi

    TOKYO, 30 août (IPS) – La population japonaise met la pression sur les entreprises et le gouvernement suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima l'an dernier pour que le pays bascule définitivement vers l'alternative des énergies renouvelables. Mais les experts estiment que ce pas n'est pas aussi facile à franchir.

    « L'énergie renouvelable est aujourd'hui considérée comme la voie à suivre. Mais le débat à ce propos n'a pas encore commencé », précise l'expert en énergie Takao Kashiwage, conseiller en chef de la sous-commission gouvernementale en matière d'énergie.

    Kahsiwage note que les énergies renouvelables, comme l'énergie solaire et l'énergie hydraulique, possèdent également de nombreuses incertitudes. Ces formes d'énergie sont fortement tributaires des conditions météorologiques et du soutien du public.

    « Pour une économie importante comme le Japon, je suis favorable à ce qu'on garde l'énergie nucléaire comme une option possible. Mais nous avons besoin de travailler sur la réduction de la part de l'énergie nucléaire dans le mixte énergétique», dit-il.

    Nouvelle politique énergétique

    Kahsiwage explique que les moulins à vent sur les côtes japonaises produisent moins d'énergie parce qu'il y a moins de vent. En hiver, quand il y a moins de lumière, il y a aussi moins d'énergie solaire disponible.

    Même l'énergie géothermique, qui est considéré comme un investissement vital parce que le Japon a de nombreuses sources d'eau chaude, n'est pas sans problème. Les populations locales, par exemple sur l'île de Kyushu, ont protesté contre le développement de cette énergie propre car ils craignent que ces sources, qui contiennent de nombreux minéraux, puissent être affectés par l'exploitation.

    Le Japon va bientôt lancer une nouvelle politique énergétique qui visera à réduire la dépendance du pays à l'énergie nucléaire. Normalement, l'énergie nucléaire représente 30 % des ressources énergétiques du Japon. Après la catastrophe de Fukushima cependant, 52 des 54 réacteurs nucléaires ont été fermés.

    La catastrophe dévastatrice de mars 2011 a forcé le Japon à abandonner progressivement l'énergie nucléaire. La catastrophe a affecté la terre, la mer et les villes en les contaminant par des radiations. Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées.

    Le Japon est confronté aujourd'hui à une rude épreuve et doit montrer qu'il est possible d'obtenir un approvisionnement stable en électricité basé sur l'énergie alternative. Les militants, qui veulent se débarrasser définitivement de l'énergie nucléaire, se sont engagés à maintenir la pression sur le gouvernement pour atteindre leur objectif.

    Croissance économique

    « Le développement d'une technologie propre et efficace énergétique est bon pour la croissance économique du Japon et pour réduire notre dépendance à l'énergie », explique le professeur Masaru Kaneko, un adversaire connu de l'énergie nucléaire.

    Le gouvernement penche sur une politique énergétique qui consiste à faire un choix entre deux scénarios. Le premier scénario est l'interdiction totale de l'énergie nucléaire. L'énergie renouvelable doit alors afficher une formidable croissance 35 % mais l'utilisation de combustibles fossiles devra également augmenter. L'autre scénario consiste à maintenir l'énergie nucléaire mais en réduisant sa part à moins de 20 %.

    La première option est rejetée par les partisans de l'énergie nucléaire. Ils mettent en garde contre des prix d'électricité plus élevés parce que le Japon sera alors contraint d'importer des combustibles fossiles et d'investir dans de nouveaux réseaux d'électricité. La hausse des prix va ralentir la croissance économique et entraîner des risques pour la sécurité du pays dans les années à venir.

    L'Institut de recherche japonaise estime que les entreprises seront confrontées à des coûts de production plus élevés, parce que la production d'énergie renouvelable sera tout simplement plus coûteuse. Les entreprises seraient donc tenter de se délocaliser à l'étranger.

    Initiatives locales

    Les politiciens restent encore prudents pour le moment, parce qu'ils ont peur d'offenser les électeurs. Un sondage paru la semaine dernière indique que près de 50 % des Japonais sont pour l'abolition de l'énergie nucléaire à l'horizon 2030.

    Sumio Saito, consultant chez Wind Connect Japan, une nouvelle société qui se concentre sur le développement des énergies alternatives, pense qu'il n'y a pas de retour possible à l'énergie nucléaire, même si cela signifiera à court terme que le Japon devra importer plus de combustibles fossiles.

    « Les combustibles fossiles sont en effet nécessaires durant cette période de transition vers les énergies propres, si nous ne voulons pas faire usage de l'énergie nucléaire. Cela signifie que les émissions de gaz à effet de serre augmenteront temporairement, mais nous devons tenir compte de ces éléments ».

    Au niveau local, on commence parfois déjà à changer les choses. C'est ce qu'a fait le gouvernement à l'est d'Izu, une station qui possède de nombreuses sources d'eau chaude le long de la côte de la préfecture de Shizuoka, à 200 kilomètres à l'ouest de Tokyo. Trois moulins à vent y fournissent un tiers des besoins en énergie pour 6.300 ménages japonais. L'énergie est d'abord vendue à la compagnie d'électricité de Tokyo.

    Avec le produit de cette vente, les autorités locales subventionnent l'installation des panneaux solaires pour les familles. Izu-Est veut développer l'énergie géothermique en faisant usage de ses sources d'eau chaude.

    (FIN/IPS/2012)

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa