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ENVIRONNEMENT-CLIMAT: Nouvelles alertes et nouvel espoir avant le sommet sur le climat

    Stephen Leahy

    UXBRIDGE (Canada), 17 novembre (IPS) – Pour limiter l'impact du réchauffement climatique, les 2/3 des réserves mondiales de combustibles fossiles doivent rester en sous-sol : c'est l'avertissement lancé par l'Agence Internationale de l’Énergie. A l'approche de la nouvelle conférence de l'ONU sur le climat, la réélection de Barack Obama est un signe positif.

    « La réélection du président Obama garantit la continuité de l'engagement pris par les États-Unis de réduire en 2020 ses émissions de 17% par rapport à 2005 », s'est réjouie Christina Figueres, secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCCC).

    « Les États-Unis sont pleinement conscients de la nécessité d'accroître leurs ambitions en terme de mitigation [réduction des émissions] et de financements pour aider les pays en développement à s'adapter », assure Christina Figueres à IPS.

    Mais l'objectif états-unien de réduction des émissions reste faible : il correspond à une baisse de 3% par rapport au niveau de 1990. Selon les scientifiques, les émissions globales doivent être, en 2020, de 25 à 40% inférieures à celles de 1990 afin d'éviter que la hausse globale des températures dépasse 2°C. Le Royaume-Uni, par exemple, est déjà parvenu à une baisse de 18% et table sur un recul de 34% d'ici à 2020.

    Signal d'alarme

    En 2010, les participants à la conférence sur le climat de Cancun, au Mexique, se sont engagés à maintenir le réchauffement sous le seuil des 2°C. « Nous sommes sur la bonne voie », a jugé Andrew Steer, président de l'ONG World Resources Institute, lors d'une conférence de presse. « La situation est urgente. L'ouragan Sandy a été un signal d'alarme pour le peuple des États-Unis ».

    Cette limite de 2°C supplémentaires est déjà trop élevée. Mais la dépasser entraînerait des conséquences dangereuses. Pour avoir ne serait-ce que 50% de chances de rester sous ce seuil, « notre consommation, d'ici à 2050, ne devra pas représenter plus d'un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles » avertit l'Agence internationale de l'énergie (IEA) dans son dernier rapport, « Regard mondial sur l'énergie », publié lundi 12 novembre (résumé ici en français).

    Cela signifie que les deux tiers des réserves de charbon, 22% de celles de pétrole et 15% de celles de gaz devraient rester en sous-sol. La majorité de ces réserves se trouvent en Amérique du Nord, au Moyen Orient, en Chine et en Russie.

    Nouveau leadership américain ?

    Personne ne s'attend à ce que la nouvelle conférence annuelle sur le climat, la COP18, qui s'ouvre le 26 novembre à Doha (Qatar), marque une percée significative dans le processus de négociations. Mais cette conférence de Doha offre « la possibilité de repartir sur de bonnes bases », et peut permettre aux États-Unis de reprendre la main, ce dont le monde a urgemment besoin, souligne Andrew Steer.

    Il y a quelques raisons d'y croire. Mercredi 14 novembre, lors de sa première conférence de presse à la Maison Blanche depuis sa réélection, Barack Obama en a surpris plus d'un en assurant que la lutte contre le changement climatique serait une mission de son second mandat. Il a également déclaré qu'il passera les prochaines semaines à « voir ce que nous pouvons faire de plus pour réaliser des progrès de court terme » sur cette question.

    La croissance économique et l'emploi restent les principales priorités. Mais si « nous créons des emplois et favorisons la croissance, tout en prenant sérieusement en main la question du changement climatique, avec une ambition de leadership international, je pense que le peuple américain soutiendrait cela », a déclaré Barack Obama.

    Aux États-Unis, cette année sera la plus chaude jamais enregistrée, et la sécheresse en cours a déjà coûté des milliards de dollars à l'économie. L'ouragan Sandy a causé 50 à 70 milliards de dégâts.

    Cesser de subventionner les énergies polluantes

    A l'échelle mondiale, le coût du réchauffement climatique est estimé à plus de 1000 milliards de dollars par an. Ce sont surtout les pays pauvres et leurs populations qui en subissent les conséquences, souligne Andrew Steer, selon qui « l'Histoire jugera sévèrement le président qui aura échoué à s'attaquer au changement climatique ».

    Pour Cliff Polycarp, du World Ressources Institute, si l'on veut garder sous terre les deux tiers des combustibles fossiles, « les gouvernements doivent cesser de subventionner ce secteur, à fortes émissions de carbone, pour favoriser les énergies renouvelables ». Cela doit se traduire, selon lui, par des incitations financières en faveur des énergies renouvelables et par la fixation d'un prix du carbone significatif.

    En 2012, 600 milliards de dollars auront été dépensés dans le monde pour l'exploration et la production de pétrole et de gaz, un « record historique », selon une étude de l'Université de Harvard, intitulée « Pétrole, la nouvelle révolution » (ici en anglais). Cette étude envisage un accroissement de la production d'énergies fossiles, ce qui pourrait conduire la planète à un réchauffement catastrophique de 8°C, estime l'ONG Oil Change International.

    De plus en plus d'industriels demandent aux gouvernements de cesser les subventions aux énergies fossiles et d'imposer une taxe carbone, assure Andrew Steer, qui travaillait auparavant à la Banque Mondiale. « Ils savent que l'heure est grave, et comprennent que le changement doit intervenir le plus tôt possible ».

    (FIN/IPS/2012)

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