Home » Economie et Travail, Environnement, Headlines, Internationale »

ENVIRONNEMENT-CUBA: L’ouragan Isaac met en lumière des vulnérabilités

    Patricia Grogg

    LA HAVANE, 04 septembre (IPS) – L'impact de l'ouragan Isaac pendant qu’il se dirigeait vers la région des Caraïbes a souligné à la fois la fragilité de certains pays face aux événements météorologiques extrêmes, qui devraient devenir de plus en plus intenses, et les différentes stratégies adoptées pour atténuer le risque de catastrophes.

    Isaac a touché à deux reprises l'Etat de la Louisiane, dans le sud des Etats-Unis comme une tempête de catégorie 1, près de 600 kilomètres de large, avec de grands vents soutenus de 130 km/heure. Son mouvement lent au-dessus de la terre – il passait à 13 km par heure – a soulevé des inquiétudes selon lesquelles il pourrait prendre du temps à se calmer.

    Les autorités américaines ont indiqué que des vents violents et des pluies torrentielles avaient submergé une digue à l’extérieur de la Nouvelle-Orléans, et entraîné des coupures de courant qui ont affecté quelque 450.000 foyers. Mais cet ouragan s’est transformé mercredi en un orage tropical.

    Le maire de la Nouvelle-Orléans, Mitch Landrieu, a déclaré que l’orage pourrait déverser plus de 400 mm de pluie en raison de la lenteur dans son déplacement. "C’est assez ironique de constater que nous avons un ouragan qui nous menace au septième anniversaire de Katrina", a-t-il ajouté.

    Isaac était le premier test des digues améliorées, reconstruites depuis la tragédie causée par Katrina, un ouragan de catégorie 3 qui a fait 1.800 morts et 3.000 disparus et entraîné des milliards de dollars de dégâts. La plupart des décès sont survenues après que les digues autour de la ville ont cédé, inondant la ville.

    Landrieu a dit que les défenses de la ville contre les inondations, un système de murs, de vannes, digues et de pompes, amélioré depuis 2005 pour un coût de 14,5 milliards de dollars, avait résisté à l'assaut.

    A Cuba, Isaac, le neuvième orage nommé dans la saison 2012 des ouragans dans l’Atlantique (juin à novembre), a fourni de l'eau en abondance aux réservoirs asséchés du pays, n’a fait aucune mort, et a causé peu de dégâts matériels.

    Mais à Haïti appauvri, 19 personnes ont été tuées et six autres sont portées disparues.

    Haïti ne s'est pas encore remis du tremblement de terre dévastateur de 2010, et près de 400.000 personnes vivent encore dans des tentes et camps. Le bureau de la protection civile du pays a annoncé que 5.000 personnes ont été évacuées et amenées vers des abris.

    Environ 3.000 des personnes évacuées étaient à Port-au-Prince, la capitale. Les autorités craignent particulièrement que les inondations n’entraînent une résurgence de l'épidémie de choléra, qui depuis octobre 2010 a coûté la vie à plus de 7.500 personnes à Haïti.

    La République dominicaine, qui partage l'île d'Hispaniola avec Haïti, a signalé que cinq personnes se sont noyées puisque les fleuves sont sortis de leurs rives, et près que de 26.000 personnes ont été évacuées, 5.000 habitations ont été endommagées, ainsi que 116 villages et communautés ont été isolés.

    Le fleuve Ozama, qui tend à entrer en crues en période de fortes pluies, a inondé quelque 2.500 baraques de fortune construites sur ses rives.

    L'un des grands défis auxquels les gens sont confrontés en République dominicaine, c’est la prolifération des taudis le long des fleuves, ce qui expose des milliers de familles lors des événements extrêmes comme les pluies torrentielles, les tempêtes tropicales ou les ouragans.

    Les zones ayant le plus grand nombre de familles touchées sont les bas-quartiers de Saint-Domingue et la région frontalière, indique un rapport envoyé à IPS par 'World Vision', une organisation chrétienne humanitaire de développement et de plaidoyer basée au Etats-Unis, qui a un bureau à Jiman, dans le sud-ouest de la République dominicaine.

    Cuba préparé pour la tempête

    Isaac, qui a commencé à se former le 21 août dans l'océan Atlantique, a provoqué de fortes pluies, des vents violents, vagues de tempêtes côtières, inondations et des coupures de courant dans les Caraïbes orientales. Après avoir frappé Porto Rico, la République dominicaine et Haïti, il a atterri à Cuba le 25 août à Maisí, une ville située dans la province de Guantanamo à l'extrême-est de Cuba.

    Cinq heures plus tard, Isaac est reparti à la mer près de la plage de Guardalavaca dans la partie nord de la province orientale de Holgun, à 743 km de La Havane, la capitale.

    La grande partie de la tempête a été ressentie à Baracoa, une ville dans la province de Guantanamo, à 929 km au sud-est de La Havane, où elle a affecté les services d'électricité et de téléphonie, causé des inondations et endommagé 89 maisons, dont 19 ont été complètement détruites.

    Mais il y avait une vie en rose: des rapports officiels indiquent que les pluies torrentielles ont permis le remplissage des réservoirs dans la partie orientale du pays, dont certains étaient bien en dessous du niveau normal.

    A Santiago de Cuba, à 847 km au sud-est de La Havane, les 11 réservoirs ont maintenant 71 millions de mètres cubes d'eau. Ils sont à 66 pour cent pleins, comparativement au 57 pour cent avant la tempête.

    (FIN/IPS/2012)

    Tags:

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa