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ENVIRONNEMENT: Des terres fermes, pas une cause perdue, selon le sommet de l’ONU

    By Christian Papesch

    NATIONS UNIES, 22 sep (IPS) – "Si c’était une réunion sur les changements climatiques, je suis très sûr que la salle aurait été plus bondée", a commenté Luc Gnacadja, secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), lors d'une conférence de presse mardi.

    "Je pense que nous devons changer les verres que nous utilisons pour faire face à la question de la désertification", a-t-il ajouté.Chaque minute, 23 hectares de terres productives sont perdus à cause de la dégradation des sols, entraînant en conséquence la perte de 20 millions de tonnes de céréales chaque année.Réunis à New York pour la 66ème Assemblée générale des Nations Unies, plus de 100 chefs d'Etat et de gouvernement ont participé mardi (20 septembre) à une réunion de haut niveau pour renforcer les actions visant à inverser la désertification, développer de meilleures politiques pour une gestion durable des terres et installer un panel scientifique mondial."Les terres fermes dans le monde sont trop souvent un désert d'investissement, considéré par les gouvernements et la communauté internationale comme une cause perdue", a indiqué le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans ses remarques à la séance d'ouverture de la rencontre dans la salle de l'Assemblée générale. "Rien ne pourrait être plus loin de la vérité".La clé pour protéger les terres fermes de la désertification, de la dégradation et de la sécheresse réside dans le maintien de la santé des sols en utilisant la gestion durable des terres. Cette technique peut être comparée à une vaccination des terres en les exploitant sans endommager les processus écologiques ni réduire la diversité biologique.Depuis sa création en 1996, l’UNCCD a accumulé d'importants succès dans la protection et la récupération des terres à travers le monde, l'accumulation de connaissances scientifiques sur les facteurs de dégradation des terres, ainsi que sur la sensibilisation des dirigeants et des habitants des pays touchés."Par exemple, des techniques de régénération naturelle et d'agroforesterie gérées par les agriculteurs – par la plantation d'arbres fertilisants sur les terres agricoles et les pâturages – ont été déjà adoptées dans plusieurs régions et ont contribué à l'amélioration de plus de six millions d'hectares à travers l'Afrique", a souligné Gnacadja.En Namibie, l'un des pays les plus arides au monde, plus de 60 pour cent de la population dépend directement ou indirectement de l'agriculture."La menace de la dégradation des terres en Namibie est énorme", a déclaré Hifikepunye Pohamba, le président de ce pays d’Afrique australe.Pour cette raison, la protection des terres productives est une partie officielle de la constitution du pays. L'article 95, par exemple, exige que l'Etat protège ses écosystèmes, tandis que l'article 92 habilite l'Etat à enquêter sur les plaintes concernant la surexploitation et le non-renouvellement des ressources naturelles ainsi que sur la destruction des écosystèmes."La Namibie a été l'un des pays qui a réussi à mettre en place des cadres pour accroître les investissements vers une gestion durable des gazons, d'alerte précoce et de renforcement de la résistance", explique Gnacadja. "Et vous pouvez voir les résultats, comparativement aux autres pays qui ne sont pas encore en mesure de maintenir la question dans la plateforme nationale".La fréquence croissante, la longueur et l'intensité des sécheresses menacent près de 1,1 milliard de personnes à travers le monde. Plus de 2,3 milliards de personnes vivent dans des zones arides, semi-arides ou sous-humides – appelées terres fermes – avec un risque élevé de dégradation des terres."La désertification est l'un des défis les plus complexes de notre époque", a déclaré Nassir Abdulaziz Al-Nasser, président de la 66ème session de l'Assemblée générale, dans ses remarques à cette rencontre de haut niveau. "Elle présente de graves impacts environnementaux, économiques, politiques et sociaux qui affectent les populations, dont la plupart sont pauvres".Dans des pays comme le Kenya, l'Ethiopie et la Somalie, notamment, la perte de terres agricoles à cause de la désertification est énorme."Nulle part ce défi est plus critique et le besoin d'une action plus pressante que dans la Corne de l'Afrique", a affirmé Rajiv Shah, administrateur de l'Agence américaine pour le développement international. "La pire sécheresse en 60 ans a mis plus de 13,3 millions de personnes dans le besoin d'une aide d'urgence".Pour faire face à la désertification dans le long terme, le président américain, Barack Obama, a lancé récemment l'initiative mondiale pour la sécurité alimentaire 'Feed the Future' (Nourrir l’avenir). Elle aide les pays à développer leurs propres secteurs agricoles pour maîtriser et inverser la désertification."En luttant contre la sécheresse et la famine dans la Corne de l'Afrique aujourd'hui, nous combattons le désespoir qui peut amener les gens vers la violence et le terrorisme", a déclaré Shah. "Lorsque nous aidons une nation à se nourrir dans les bons et mauvais moments, nous brisons le cycle d'émeutes alimentaires, de famine et d'aide alimentaire, qui crée une instabilité à travers les régions".Bien que la désertification et l'érosion des terres touchent le monde entier, elles sont relativement moins mentionnées sur l'agenda politique mondial. L’un des objectifs de la réunion de haut niveau de l'UNCCD est de changer cette situation et d’amener les pays à prendre conscience du danger pour les populations et les économies."La terre, c’est la vie et notre vie dépend de la terre", a souligné Abdulaziz Al-Nasser. "Nous devons arrêter le processus mortel de désertification, restaurer la santé et la vitalité de nos précieuses terres et protéger les moyens de subsistance des populations dans le monde. C'est de notre responsabilité".

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