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ENVIRONNEMENT: Le changement climatique tue les moyens de subsistance des femmes

    By Isaiah Esipisu

    DURBAN, Afrique du Sud, 7 déc (IPS) – Talata Nsor, une femme de 54 ans originaire de la communauté des Bolgatanga, dans le nord du Ghana, en Afrique de l’ouest, tisse, toute sa vie durant, des bolga – des paniers culturels qui tirent leur nom de celui de sa communauté.

    Cela a été une entreprise réussie pour elle, et elle a même pu mettre ses enfants à l'école grâce aux bénéfices de ses ventes.Toutefois, elle s'inquiète du fait que bientôt sa communauté peut ne plus être en mesure de continuer à fabriquer ces paniers, qui sont célèbres dans toute la région d’Afrique de l’ouest, avec un marché en Europe et en Amérique.C'est parce que la matière première utilisée pour fabriquer ces paniers, communément appelée herbe à éléphant ou 'Veta vera' comme on l’appelle scientifiquement, est en voie de disparition à cause de ce que Nsor qualifie de conditions climatiques changeantes."Il y a juste 10 ans, je marchais pour me rendre dans n’importe quel marécage proche dans le nord du Ghana et récoltais l'herbe gratuitement. Mais aujourd'hui, je dois aller très loin, ou me rendre à Kumasi, à environ 400 kilomètres, afin d'acheter cette matière première", a déclaré Nsor.L'herbe à éléphant ne peut pousser que dans les marécages. Mais selon des experts de la région, les gens sont en train de convertir les marécages en des terres agricoles comme un moyen pour faire face au manque de pluie et à l'insécurité alimentaire croissante."Les gens préfèrent transformer les marécages en zones horticoles parce que l'agriculture pluviale ne marche pas. La pluviométrie n’est plus fiable, et les gens ont besoin de cultiver dans les endroits où ils sont assurés d’avoir de l'eau pour l'irrigation", a expliqué Nafisatu Yussif, chargée de programmes à ABANTU, une organisation qui engage des politiques à partir d’une perspective de genre en Afrique.Elle est l'une des nombreuses femmes qui représentent leurs communautés à travers le monde et qui sont venues assister aux négociations des Nations Unies sur les changements climatiques, en cours à Durban, en Afrique du Sud, afin de faire entendre leur voix."Nous accueillons différentes femmes venues d’horizons divers", a déclaré Samantha Hargreaves de 'ActionAid International', l'un des organisateurs de l'Assemblée des femmes rurales, qui se déroule en même temps que la 17ème Conférence des parties."Plus de 500 femmes dans ce forum se partagent les expériences de différents pays, suggèrent la voie à suivre, et exposent leurs meilleures pratiques. Les conclusions de l'assemblée seront présentées au Groupe africain de négociateurs comme une position commune des femmes des pays pauvres du monde", a indiqué Hargreaves.

    Toutefois, selon des participantes à l'assemblée, les femmes des pays pauvres vivent des situations difficiles qui sont presque similaires.

    "Dans mon pays, les femmes travaillent dur dans les fermes, mais quand arrive la récolte, les hommes prennent la responsabilité de collecter l'argent. Je viens d'apprendre que la situation est la même en Afrique et dans d'autres pays asiatiques", a déclaré María Estela Jocón González, qui représente les femmes rurales de trois régions rurales au Guatemala.Les régions de l'ouest, du sud et du nord du Guatemala sont des zones en proie aux inondations, une situation qui s'est aggravée au cours de ces dernières années, a souligné González."Quand les inondations surviennent, les puits sont remplis d'eau sale. Pourtant, selon notre culture, c’est de la seule responsabilité de la femme de s'assurer que la famille dispose de suffisamment d'eau pour la boisson et d’autres usages domestiques", a-t-elle indiqué à IPS.Elle demande à la communauté internationale, qui se réunit à Durban, de s'assurer que des systèmes soient mis en place pour maîtriser les inondations en augmentation."Je veux entendre parler d’engagements pour que les pays réduisent les émissions de gaz responsables du réchauffement de la planète. C’est bon de penser au développement, mais le développement sans un environnement sain est inutile", a-t-elle expliqué.Tandis qu'il y a des inondations au Guatemala, le sud du Sénégal connaît un manque de précipitations. Faty Khody, originaire de Kaolack, une communauté rurale dans la partie méridionale du Sénégal, a déclaré à IPS que la pluviométrie dans la région a chuté d'une moyenne de 900 millimètres en 2001 à entre 300 et 400 millimètres actuellement."Nous avions l’habitude de cultiver des légumes et de les vendre sur le marché local. Mais actuellement, ce n'est pas possible sauf si cela est fait grâce à l'irrigation", a indiqué Khody, qui travaille comme chargée de promotion pour 'Interpench', une organisation communautaire qui regroupe plus de 7.700 femmes des zones rurales du Sénégal."Les pluviométries ont changé, les sécheresses sont devenues extrêmes, et quand il pleut, il en résulte des inondations, qui font souvent souffrir la population rurale, en particulier les femmes et les enfants".Avec l’appui de l'organisation non gouvernementale 'Horizon 3000', 'Interpench' a lancé un projet appelé "Une femme, un arbre fruitier" comme un moyen de s'adapter aux changements climatiques."Nous disons un arbre parce que c'est le premier pas. Le jeune plant du seul arbre est donné gratuitement, et il prend le nom de la personne qui le plante comme un souvenir. Cependant, il est censé être une motivation pour les femmes à participer largement non seulement à la plantation d'arbres, mais aussi à la plantation d’arbres fruitiers", a expliqué Khody."Nous espérons que les réflexions à la COP 17 aboutiront à des idées qui appuieront de telles initiatives d’adaptation aux changements climatiques dirigées par les femmes", a déclaré Hargreaves.Toutefois, elle insiste que pour que de tels projets réussissent, ils doivent être basés sur des systèmes de connaissances indigènes."Le Groupe africain de négociateurs ne doit pas céder à la pression des pays développés à la COP 17," a-t-elle ajouté.

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