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ENVIRONNEMENT: Protéger des millions de déplacés par des désastres naturels

    By Rosebell Kagumire

    OSLO, 15 juin (IPS) – Une forte précipitation signifie que plus de 500.000 personnes dans des régions montagneuses en Ouganda doivent être déplacées puisqu’elles vivent dans des zones exposées aux glissements de terrain.

    En 2010, plus de 300 personnes sont mortes sur les pentes du mont Elgon, dans l’est de l'Ouganda après que plusieurs jours de fortes pluies ont entraîné des glissements de terrain sur la montagne. Des milliers d'autres ont été déplacées. Il y a une semaine, la Société de la Croix-Rouge ougandaise a averti que davantage de glissements de terrain s’annoncent dans la zone d’Elgon, exposant des milliers d’autres, qui ont besoin d’être déplacées.

    Le déplacement des personnes, du fait de catastrophes liées au climat, n'a pas été seulement un problème local. Des dizaines de millions de personnes dans le monde ont été déplacées par des désastres liés au climat au cours des deux dernières années.

    Le défi d’aboutir à un nouveau cadre directeur sur la façon de protéger des millions de personnes confrontées aux catastrophes environnementales a été l'objet de discussions entre des agences internationales à la Conférence de Nansen sur les changements climatiques et les déplacements au 21ème siècle, qui s’est déroulée du 6 au 7 juin à Oslo, en Norvège. C’est le premier événement mondial réunissant des spécialistes de l'environnement et des migrations pour explorer la dimension déplacement dû aux changements climatiques.

    António Guterres, chef du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a déclaré qu'il fallait trouver de nouvelles mesures pour protéger les personnes déplacées à l'intérieur et à travers les frontières.

    Cette annonce vient après qu’un rapport intitulé 'Déplacements dus aux désastres naturels provoqués par des dangers", publié le 6 juin par le Centre de contrôle des déplacements internes, a révélé que plus de 42 millions de personnes ont été déplacées en 2010 et que 90 pour cent de celles-ci étaient des victimes de catastrophes liées au climat. Sur ces 42 millions et plus, quatre pour cent des déplacements sont survenus en Afrique et 77 pour cent en Asie.

    Guterres a indiqué que bien que la majorité des déplacements soient largement internes et exigeaient des gouvernements d’assumer leur première responsabilité, il a prévenu que davantage de personnes seront déplacées à travers les frontières et peuvent être incapables de retourner chez elles.

    Les personnes déplacées par des catastrophes provoquées par le climat à travers les frontières manquent de protection parce qu'elles ne sont pas admises au statut de réfugié aux termes de la Convention de 1951 sur les réfugiés. Pour y remédier, Guterres a proposé la création d'un cadre directeur mondial. Il a dit qu'un tel cadre devrait contenir des dispositions pour "la protection temporaire ou provisoire des personnes qui fuient des désastres naturels". Il a également suggéré que des traités appropriés existants pourraient être invoqués pour régler le problème.

    Guterres a exhorté la communauté internationale à éviter le mode de réponse d'urgence aux catastrophes naturelles si elle veut aider les pays à s'adapter aux changements climatiques.

    "Traditionnellement, la communauté internationale réagit aux catastrophes et aux déplacements en mode d'urgence, établissant des camps, distribuant des vivres et de l'eau, construisant des écoles et des centres de santé; les milliards de dollars dépensés sur les secours pendant les dernières décennies n'ont manifestement pas conduit à un renforcement durable des capacités nationales et locales", a-t-il souligné. "Les plans nationaux d'adaptation devraient tenir pleinement compte du lien entre les changements climatiques et la mobilité humaine".

    Il a expliqué que le HCR a refusé d'épouser la nouvelle terminologie de réfugiés climatiques ou réfugiés écologiques, craignant que cela compliquerait et embrouillerait la protection des victimes de persécutions et de conflits armés en vertu de la Convention de 1951 sur les réfugiés.

    Il a prévenu que parvenir à un nouvel instrument international qui pourrait protéger beaucoup de personnes déplacées par des facteurs environnementaux pourrait conduire à l'hostilité envers les migrations de la part des pays d'accueil puisque cela augmenterait leur responsabilité.

    "Dans le contexte actuel, il ne sera pas facile de créer un nouvel instrument international contraignant relatif aux droits de ces personnes. La xénophobie est déjà très répandue, alimentée dans plusieurs cas par des politiciens populistes", a-t-il observé.

    Le commissaire pour les affaires des réfugiés au Kenya, Peter Kusimba, a déclaré que le pays devait faire face aux migrations provoquées par le climat, qui ont touché le nord du Kenya.

    Le nord du Kenya a accueilli des réfugiés somaliens au cours des 20 dernières années et Kusimba estime que les communautés dans cette région ont besoin de beaucoup de soutien pour s'adapter aux changements démographiques et à leur impact sur l'environnement.

    "Nous avons un ministère pour le nord du Kenya et nous abordons les questions environnementales. La population locale est informée des changements écologiques et des saisons. Nous devons renforcer cela et les aider à survivre aux sécheresses de plus en plus difficiles", a-t-il indiqué.

    Kelly David, chef de l’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires pour l'Afrique australe et orientale, a déclaré que le manque de données fait qu’il est difficile pour les gouvernements de répondre aux migrations provoquées par le climat.

    "Il y a une absence de données sur le mouvement des gens dans la région, qui sont poussés par les changements climatiques et cela est en partie dû aux conflits. La plupart des réfugiés de la Corne de l'Afrique sont tout simplement amenés dans des pays voisins à cause de la guerre", a déclaré David. "Ce manque de données fait que les gouvernements régionaux ne répondent pas efficacement aux migrations dues au climat".

    David a affirmé que beaucoup de personnes émigrent de plus en plus de l'Afrique orientale et de la Corne de l'Afrique vers l'Afrique australe en raison de sécheresses prolongées. David a indiqué que les gouvernements d’Afrique australe ont renforcé leurs contrôles frontaliers, ce qui n'est pas une solution puisque les gens cherchent des voies alternatives pour y entrer.

    "Nous avons vu une foule d'Ethiopiens et de Somaliens, dans le nord du Mozambique, longer la côte par bateau puis entrer à pied", a-t-elle dit.

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