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ENVIRONNEMENT-SENEGAL: L’érosion côtière menace l’économie touristique

    DAKAR, 30 juillet (IPS) – Au Sénégal, l’érosion côtière menace le tourisme, la deuxième source de recettes de ce pays d’Afrique de l’ouest. Les autorités cherchent à éradiquer le fléau, mais la riposte reste encore timide.

    L’érosion de la mer sur la terre, ‘’c’est l’affaire des hôteliers. Je vois que la mer grignote les plages, mais nous autres, vendeurs d’objets d’art par exemple, n’avons pas de craintes à nous faire’’, déclare Djiby Kâ, dont la boutique s’ouvre sur une rue menant à la plage de Saly-Portudal, une petite station balnéaire de l’ouest du Sénégal. C’est le deuxième site touristique du pays après celui de Cap-Skiring, à Ziguinchor, dans le sud.

    ‘’Si la mer continue d’envahir les plages, elles vont se rétrécir et cela fera venir moins de touristes ici. Cela peut handicaper le tourisme sans lequel nous n’avons rien à faire ici. Il faut que l’Etat trouve une solution’’ à l’érosion côtière, affirme Abdoulaye Dieng, un autre vendeur d’objets d’art à la Maison artisanale de Saly-Portudal.

    ‘’L’avancée de la mer entraîne forcément la réduction de la plage, ce qui va obliger les touristes à se déplacer vers d’autres sites. A Dakar, les plages sont petites et cela risque d’arriver à Saly-Portudal’’, prévient Cheikh Diop, un étudiant sénégalais à Nancy (France), venu passer des vacances dans son pays.

    En 2006, l’érosion côtière avait rasé une bonne partie de Rufisque, dont un cimetière de cette ville située à l’est de Dakar, la capitale sénégalaise.

    A Somone, sur la Petite Côte du Sénégal, à quelque 80 kilomètres de Dakar, les vagues avaient envahi la résidence Safari Village en 2004, déracinant le poste de surveillance des lieux, une énorme masse de ciment et de fer. ‘’La mer continue aujourd’hui encore de ronger la plage’’, s’inquiète Ibrahima Dème, un gardien de cet hôtel.

    Des maisons de Somone, un village au bord de l’océan Atlantique, portent encore les traces des vagues, qui ont rongé la plage et rétréci le quai de pêche. ‘’Si nous n’avions pas interdit l’extraction de sable marin sur la plage, la mer aurait tout envahi’’, indique à IPS, Ass Sène, un jeune pêcheur de Somone.

    Sur la plage de l’hôtel Téranga, dans la nouvelle commune de Saly, un ruban rouge alerte sur la menace des vagues qui ont déraciné de nombreux cocotiers de la plage.

    ‘’L’année dernière, les vagues avaient envahi notre maison. Nous avons ensuite tout reconstruit et avons mis des digues pour freiner les vagues’’, a dit à IPS, Mame Mor Faye, employé d’une grande et luxueuse maison donnant sur la plage de Saly-Portudal.

    Dans cette petite ville, symbole de l’activité touristique au Sénégal, les hôteliers rencontrés par IPS refusent de parler de la menace de l’érosion côtière et des solutions qu’ils ont déjà préconisées : la construction de digues pour contrer les vagues.

    ‘’Certains hôteliers ont aménagé des digues, sans tenir compte des risques que cela peut avoir chez leurs voisins. Quand vous construisez une digue qui retient le sable, la mer creuse ailleurs. Autour d’une digue, la partie en face du courant marin prend du sable, la partie en aval va s’éroder’’, a expliqué à IPS, Papa Goumbo Lô, géologue environnementaliste, professeur à l’Institut des sciences de la terre (IST) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

    ‘’Sur la Petite Côte, la zone de Saly surtout, l'économie est menacée. Cette partie concentre activités touristiques, transport maritime et pêche’’, a indiqué Isabelle Niang, ingénieur en géologie maritime et enseignante à l’IST.

    ‘’L’érosion côtière est la principale cause de destruction des écosystèmes marins et côtiers au Sénégal. Elle peut entraîner, progressivement, la destruction de certaines infrastructures hôtelières ou des plages, mais aussi la salinisation des sols, de la nappe…’’, estime Lô, également coordonnateur du comité scientifique du programme régional de lutte contre l’érosion côtière de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

    Niang confirme cette explication à IPS : ‘’Les plages et les sites de certains hôtels, qui accueillent des touristes, sont menacés. L’érosion côtière menace très sensiblement le tourisme… et vu que le tourisme est le plus grand fournisseur de recettes au Sénégal, après la pêche, on peut, sans se tromper, dire que c’est l’économie en général qui est menacée’’. Le projet de l’UEMOA doit étudier les causes de l'érosion côtière, dit-elle à IPS.

    ‘’L’érosion côtière détruit les cordons dunaires qui renferment une nappe phréatique, laquelle constitue un mur hydraulique contre l’avancée de l’eau salée à l’intérieur des terres’’, explique, pour sa part, Mamadou Sarr, un ingénieur hydrogéologue.

    Sarr préconise, pour l’efficacité de la mise en œuvre du programme régional de l’UEMOA, le renforcement des capacités et la sensibilisation des différents acteurs à l’impact de l’érosion côtière sur l’environnement.

    Le programme régional de l’UEMOA est doté d’un fonds global de 141 milliards de FCFA (environ 306,5 millions de dollars) pour la protection des côtes des pays membres, indique Lô. Le Sénégal bénéficiera d’un financement total de 10 milliards de francs CFA (environ 21,7 millions de dollars) de ce programme pour construire des digues contre l’érosion côtière, au plus tard en 2013, ajoute-t-il.

    Le financement sénégalais servira, entre autres, à la construction d’ouvrages de protection sur une longueur de quatre kilomètres sur la zone de Saly, à partir de cette année, selon Lô.

    Le programme UEMOA de lutte contre l’érosion côtière concerne les huit pays de l’union : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo, plus trois autres pays de la sous-région : Libéria, Sierra Leone et Ghana.

    En outre, dans la zone de Mbao, dans la périphérie de Dakar, la construction d’une importante digue d’un coût d’un milliard de FCFA (environ 2,1 millions de dollars) est en cours grâce à un financement de la Hollande et du Sénégal.

    ‘’Actuellement, on assiste à une généralisation des problèmes d'érosion côtière au Sénégal. Les sites les plus touchés sont ceux où il y a beaucoup d'activités économiques et de populations : Saly, Joal (ouest) et Saint-Louis (nord) notamment’’, souligne Niang.

    Dans un rapport de 2008 sur son Programme national de lutte contre l’érosion, la direction de l’environnement et des établissements classés – du ministère de l’Environnement – estime que les régions de Dakar, Thiès et Ziguinchor sont les zones ‘’les plus vulnérables’’ à l’érosion côtière. Le Sénégal dispose d’une côte de plus de 700 kilomètres. (FIN/IPS/2009)

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    ENVIRONNEMENT-SENEGAL: L’érosion côtière menace l’économie touristique

      By Souleymane Faye

      DAKAR, 29 juil (IPS) – Au Sénégal, l’érosion côtière menace le tourisme, la deuxième source de recettes de ce pays d’Afrique de l’ouest. Les autorités cherchent à éradiquer le fléau, mais la riposte reste encore timide.

      L’érosion de la mer sur la terre, ‘’c’est l’affaire des hôteliers. Je vois que la mer grignote les plages, mais nous autres, vendeurs d’objets d’art par exemple, n’avons pas de craintes à nous faire’’, déclare Djiby Kâ, dont la boutique s’ouvre sur une rue menant à la plage de Saly-Portudal, une petite station balnéaire de l’ouest du Sénégal. C’est le deuxième site touristique du pays après celui de Cap-Skiring, à Ziguinchor, dans le sud. ‘’Si la mer continue d’envahir les plages, elles vont se rétrécir et cela fera venir moins de touristes ici. Cela peut handicaper le tourisme sans lequel nous n’avons rien à faire ici. Il faut que l’Etat trouve une solution’’ à l’érosion côtière, affirme Abdoulaye Dieng, un autre vendeur d’objets d’art à la Maison artisanale de Saly-Portudal.

      ‘’L’avancée de la mer entraîne forcément la réduction de la plage, ce qui va obliger les touristes à se déplacer vers d’autres sites. A Dakar, les plages sont petites et cela risque d’arriver à Saly-Portudal’’, prévient Cheikh Diop, un étudiant sénégalais à Nancy (France), venu passer des vacances dans son pays.

      En 2006, l’érosion côtière avait rasé une bonne partie de Rufisque, dont un cimetière de cette ville située à l’est de Dakar, la capitale sénégalaise.

      A Somone, sur la Petite Côte du Sénégal, à quelque 80 kilomètres de Dakar, les vagues avaient envahi la résidence Safari Village en 2004, déracinant le poste de surveillance des lieux, une énorme masse de ciment et de fer. ‘’La mer continue aujourd’hui encore de ronger la plage’’, s’inquiète Ibrahima Dème, un gardien de cet hôtel.

      Des maisons de Somone, un village au bord de l’océan Atlantique, portent encore les traces des vagues, qui ont rongé la plage et rétréci le quai de pêche. ‘’Si nous n’avions pas interdit l’extraction de sable marin sur la plage, la mer aurait tout envahi’’, indique à IPS, Ass Sène, un jeune pêcheur de Somone.Sur la plage de l’hôtel Téranga, dans la nouvelle commune de Saly, un ruban rouge alerte sur la menace des vagues qui ont déraciné de nombreux cocotiers de la plage.‘’L’année dernière, les vagues avaient envahi notre maison. Nous avons ensuite tout reconstruit et avons mis des digues pour freiner les vagues’’, a dit à IPS, Mame Mor Faye, employé d’une grande et luxueuse maison donnant sur la plage de Saly-Portudal.

      Dans cette petite ville, symbole de l’activité touristique au Sénégal, les hôteliers rencontrés par IPS refusent de parler de la menace de l’érosion côtière et des solutions qu’ils ont déjà préconisées : la construction de digues pour contrer les vagues. ‘’Certains hôteliers ont aménagé des digues, sans tenir compte des risques que cela peut avoir chez leurs voisins. Quand vous construisez une digue qui retient le sable, la mer creuse ailleurs. Autour d’une digue, la partie en face du courant marin prend du sable, la partie en aval va s’éroder’’, a expliqué à IPS, Papa Goumbo Lô, géologue environnementaliste, professeur à l’Institut des sciences de la terre (IST) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.‘’Sur la Petite Côte, la zone de Saly surtout, l'économie est menacée. Cette partie concentre activités touristiques, transport maritime et pêche’’, a indiqué Isabelle Niang, ingénieur en géologie maritime et enseignante à l’IST.

      ‘’L’érosion côtière est la principale cause de destruction des écosystèmes marins et côtiers au Sénégal. Elle peut entraîner, progressivement, la destruction de certaines infrastructures hôtelières ou des plages, mais aussi la salinisation des sols, de la nappe…’’, estime Lô, également coordonnateur du comité scientifique du programme régional de lutte contre l’érosion côtière de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Niang confirme cette explication à IPS : ‘’Les plages et les sites de certains hôtels, qui accueillent des touristes, sont menacés. L’érosion côtière menace très sensiblement le tourisme… et vu que le tourisme est le plus grand fournisseur de recettes au Sénégal, après la pêche, on peut, sans se tromper, dire que c’est l’économie en général qui est menacée’’. Le projet de l’UEMOA doit étudier les causes de l'érosion côtière, dit-elle à IPS.

      ‘’L’érosion côtière détruit les cordons dunaires qui renferment une nappe phréatique, laquelle constitue un mur hydraulique contre l’avancée de l’eau salée à l’intérieur des terres’’, explique, pour sa part, Mamadou Sarr, un ingénieur hydrogéologue.

      Sarr préconise, pour l’efficacité de la mise en œuvre du programme régional de l’UEMOA, le renforcement des capacités et la sensibilisation des différents acteurs à l’impact de l’érosion côtière sur l’environnement.Le programme régional de l’UEMOA est doté d’un fonds global de 141 milliards de FCFA (environ 306,5 millions de dollars) pour la protection des côtes des pays membres, indique Lô. Le Sénégal bénéficiera d’un financement total de 10 milliards de francs CFA (environ 21,7 millions de dollars) de ce programme pour construire des digues contre l’érosion côtière, au plus tard en 2013, ajoute-t-il.

      Le financement sénégalais servira, entre autres, à la construction d’ouvrages de protection sur une longueur de quatre kilomètres sur la zone de Saly, à partir de cette année, selon Lô.

      Le programme UEMOA de lutte contre l’érosion côtière concerne les huit pays de l’union : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo, plus trois autres pays de la sous-région : Libéria, Sierra Leone et Ghana.En outre, dans la zone de Mbao, dans la périphérie de Dakar, la construction d’une importante digue d’un coût d’un milliard de FCFA (environ 2,1 millions de dollars) est en cours grâce à un financement de la Hollande et du Sénégal.

      ‘’Actuellement, on assiste à une généralisation des problèmes d'érosion côtière au Sénégal. Les sites les plus touchés sont ceux où il y a beaucoup d'activités économiques et de populations : Saly, Joal (ouest) et Saint-Louis (nord) notamment’’, souligne Niang.Dans un rapport de 2008 sur son Programme national de lutte contre l’érosion, la direction de l’environnement et des établissements classés – du ministère de l’Environnement – estime que les régions de Dakar, Thiès et Ziguinchor sont les zones ‘’les plus vulnérables’’ à l’érosion côtière. Le Sénégal dispose d’une côte de plus de 700 kilomètres.

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      ENVIRONNEMENT-SENEGAL: L’extraction démesurée du sable marin affecte Malika

        By Koffigan E. Adigbli

        DAKAR, 9 avr (IPS) – La commune de Malika, située sur le littoral au nord de Dakar, dispose d’un cordon de dunes sableuses et d’une bande de filaos lui servant une haie contre l’érosion marine. Mais l’extraction démesurée du sable marin, depuis plus de 20 ans, fait avancer la mer qui détruit en partie la haie de filaos.

        Selon Momar Tall Gadiaga, le maire sortant de la commune de Malika, l’Etat du Sénégal est au courant de la destruction de la bande de filaos par l’avancée de la mer qui emporte également de nouvelles constructions le long de la plage, mais il ne réagit pas.

        «La commune s’est plaint maintes fois auprès des autorités compétentes du ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts et du service des mines, mais c’est comme si la situation les arrangeait. Vu le danger qui menace notre commune, nous allons tout faire pour que l’extraction du sable marin cesse dans notre collectivité», souligne-t-il.

        Au ministère de l’Environnement, personne ne veut fournir d’explications sur cette affaire d’extraction du sable marin, mais un fonctionnaire, qui a requis l’anonymat, a indiqué à IPS que le Domaine public maritime est violé au Sénégal et reconnaît que l’Etat est en partie responsable de la dégradation de l’écosystème à Malika.

        «Au Sénégal, les gens ne respectent plus le domaine public. L’espace est occupé de manière anarchique et les constructions sur ces sites ne sont pas réglementées», explique-t-il. «L’Etat a une part de responsabilité dans cette affaire aussi, ce sont les gros bonnets du pays qui sont propriétaires des camions de ramassage de sable marin, les taxes ne sont plus régulièrement payées à l’Etat qui occasionne une perte de plus de 300 millions de francs CFA (environ 600.000 dollars) par an».

        Il ajoute que des gens sans autorisation vont nuitamment extraire le sable marin avec des charrettes ce qui, selon lui, contribue également à l’envahissement de la commune par l’eau de mer.

        IPS a constaté vers la fin-mars, sur le site d’extraction de sable marin à Malika, que les camionneurs, avant d’arriver, passent au bureau du service des mines pour verser 5.000 FCFA (environ 10 dollars) constituant le droit d’extraction du sable.

        «Nous versons chaque jour cette somme au poste d’entrée du service des mines sans compter 1.000 FCFA (deux dollars) qu’on paie aussi à la police», explique le camionneur Abdou Thiam à IPS.

        Des centaines d’ouvriers les pieds dans l’eau sont sur le site, munis de pelle. Chacun dispose d’un tas de sable, tandis qu’une centaine de camions patinent pour être remplis.

        A une question sur les conséquences environnementales causées par l’extraction du sable marin, Ndégene Sène, un des ouvriers, affirme qu’ils sont sur le site depuis plus de 20 ans et que cela n’a aucun effet sur l’environnement.

        Bassirou Diagne, un autre ouvrier indique que l’extraction fait nourrir des centaines de familles. «Les retombées de l’extraction nourrissent des familles, même ici à Malika. Nous dépensons des milliers de francs CFA chaque jour, aussi nous travaillons sous le contrôle de l’Etat du Sénégal», déclare-t-il à IPS.

        Pourtant, selon Libasse Sow, le chef du village de Malika, la mer avance à grand pas vers sa commune. «Regardez! Les infrastructures hôtelières sont toutes dans l’eau. Les filaos qui jalonnent la bordure de la mer sont noyés. Il y a quelques jours encore, ces arbres se trouvaient loin de la mer», explique-t-il à IPS.

        Selon Sow, sa commune a maintes fois écrit au président de la République afin d’attirer son attention sur les risques liés à l’environnement, mais en vain. «Regardez! Même l’école n’est pas épargnée, les fenêtres des classes étaient en métal, elles sont actuellement détruites par l’érosion marine», dit-il, ajoutant : «L’eau était à des centaines de mètres de l’école il y a quelques mois, mais actuellement, vous voyez qu’elle est à peine à 30 mètres, si rien n’est fait, c’est toute la commune de Malika qui risque de disparaître».

        Dans l’une des maisons en partie rasée par la mer, habitent Abdou Seye et sa famille. Selon Seye, maçon de profession, toutes ses tentatives pour que les autorités de la commune et du gouvernement l’aident à sauver sa maison sont restées vaines.

        «Pour moi, c’est comme si l’Etat est complice, c’est comme si les 60.000 habitants de Malika n’intéressent pas les autorités. Mais avec les dernières élections locales (22 mars), on nous a demandé de voter pour eux, cela ne s’est pas passé comme ça, c’est parce qu’on est frustré, il faut que nos maisons et notre environnement soit sécurisés», clame Seye à IPS.

        Selon l’infirmier du dispensaire de Malika, Abdoulaye Thiam, son service reçoit en moyenne 15 patients par jour, en majorité des enfants, et les maux sont des problèmes respiratoires, la diarrhée et des infections aux pieds occasionnant des plaies béantes.

        «L’extraction du sable marin cause énormément de problèmes aux enfants de Malika. Ici, les enfants marchent pieds nus dans l’eau, ce qui fait que leurs pieds sont infectés. Même l’air respiré est pollué, ce qui cause aussi des infections respiratoires», déclare-t-il. «Les autorités doivent prendre des décisions pour que l’extraction anarchique du sable marin cesse dans la commune, cela va de l’intérêt de tous».

        Thiam reconnaît aussi que l’extraction du sable marin profite à la fois aux familles et au service des mines du Sénégal, mais ne comprend pas que l’Etat puisse cautionner, pendant des années, de tels actes qui détruisent graduellement Malika, ses habitants et son environnement.

        «L’Etat doit vite réagir pour sauver d’abord la bordure du littoral de Malika et replanter les arbres. Cela va limiter l’avancée de la mer, et les maisons ne seront plus envahies par la mer», plaide-t-il.

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