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ETATS-UNIS/AFRIQUE: Le commerce profite surtout au pétrole et aux textiles

    By Ramy Srour

    WASHINGTON, 3 oct (IPS) – Avec un accord commercial important entre les Etats-Unis et l’Afrique prêt à être renouvelé en 2015, les défenseurs de la question déclarent de tous les côtés que les politiques actuelles sont pleines de lacunes qui laissent beaucoup d’entreprises africaines dans le froid.

    Depuis sa promulgation en 2000, la Loi sur la croissance et les potentialités de l'Afrique (AGOA) vise à créer des opportunités commerciales pour les petites et moyennes entreprises africaines en les aidant à exporter leurs produits vers le marché américain.

    Mais des décideurs ainsi que des activistes accroissent actuellement l'accent sur les échecs de l'AGOA au niveau de l’autonomisation des communautés plus pauvres d'Afrique, et sur le fait de savoir si la loi peut être modifiée d'ici à 2015.

    "L'AGOA a été un succès, mais seulement au sein de ses paramètres limités", a déclaré à IPS, Kimberly Elliott, un chercheur principal et expert de la politique commerciale et la mondialisation au Centre pour le développement mondial (CGD), un groupe de réflexion à Washington. "Cette loi a été relativement efficace dans l'élimination des barrières américaines au commerce africain, mais elle n'a pas abordé la question fondamentale de la concurrence en Afrique".

    Et alors que les exportations de l’Afrique vers les Etats-Unis ont triplé au cours de la dernière décennie, "seulement 1,3 million d'emplois ont été créés sur le continent africain depuis la promulgation de l'AGOA", a prévenu récemment l'ambassadeur Michael Froman, le représentant américain au commerce.

    Selon le département d'Etat américain, "les exportations de l’Afrique dans le cadre de l'AGOA ont plus que quadruplé depuis la création du programme. En 2012, les pays éligibles à l'AGOA ont exporté près de 35 milliards de dollars de produits vers les Etats-Unis hors taxe en vertu de l'AGOA".

    Une portée limitéeL'un des obstacles à un résultat vraiment réussi pour l'AGOA a été son accent porté uniquement sur certains secteurs de l'économie – y compris les exportations de pétrole – au détriment des secteurs qui ont un impact plus immédiat sur les segments plus pauvres de la société. Cela inclut le secteur agricole, le seul plus important pour les communautés africaines.

    "En dehors des vêtements et de quelques autres secteurs, les tarifs américains étaient déjà assez bas avant l'AGOA", indique Elliott. "Le plus grand défi, c’est d'amener des produits de base importants tels que le sucre et le cacao à accéder au marché américain".

    Jusque-là, les produits agricoles ont été exclus du cadre de l’AGOA en raison des règlements intérieurs des Etats-Unis. Cela semble être la plus grosse bosse sur la route de l'AGOA vers la réduction de la pauvreté en Afrique.

    "Il n'y a pas beaucoup de secteurs qui profitent de l'AGOA, en dehors des textiles", a expliqué à IPS, Zania Lewis, une analyste sur le développement économique en Afrique à 'Brookings Institution', un groupe de réflexion à Washington. "Et malheureusement, le secteur qui a bénéficié le plus des avantages a été l'industrie du pétrole".

    Selon de récentes estimations, les exportations de pétrole couvrent près de 90 pour cent des marchandises qui quittent les côtes africaines.

    Au même moment, l'AGOA a réussi à ouvrir le marché américain à l'industrie africaine du textile en pleine croissance. Beaucoup vantent aujourd'hui le récent boom des exportations de textile du Kenya vers les Etats-Unis comme une grande histoire à succès de l’AGOA, grâce aux entreprises telles que 'Victoria’s Secret' et 'Macy’s'.

    Selon les estimations les plus récentes, le Kenya était le 103ème plus grand fournisseur des Etats-Unis en 2011, avec un total de 382 millions de dollars de marchandises importées, près de 23 pour cent d'augmentation par rapport à 2010.

    "Jusque-là", affirme Elliott du CGD, "cela a été le meilleur résultat de l'AGOA quand il s'agit des segments plus pauvres des producteurs africains".

    Sheri Berenbach, présidente de la Fondation américains pour le développement de l’Afrique (USADF), une agence fédérale, a déclaré à IPS: "Il est important de reconnaître que l'une des composantes les plus importantes de l'AGOA, ce sont les petites communautés locales marginalisées. L’USADF a été très favorable à l'AGOA et au commerce, parce qu’un quart des producteurs que nous appuyons sont de petits groupes locaux qui sont maintenant impliqués profondément dans des exportations vers les Etats-Unis".

    L’USADF offre des subventions pour le développement aux petites entreprises africaines qui cherchent à accéder au marché américain. Berenbach indique que ces opportunités peuvent avoir un impact direct sur la pauvreté. "Une grande partie du travail en Afrique consiste à traiter avec le maillon le plus faible de l'économie africaine, les communautés démunies", souligne-t-elle.

    Privation

    Comme la loi arrive à expiration, une gamme variée d'intérêts se tournent vers 2015 et fournissent des recommandations sur la façon d'améliorer l'AGOA. Ils estiment que l'inefficacité de la loi jusque-là peut ne pas être entièrement une conséquence des barrières commerciales cachées.

    "L'AGOA ne peut pas atteindre les nombreuses communautés africaines qui ne sont pas impliquées dans le processus de production, simplement à cause des restrictions nationales et un manque d'infrastructures adéquates", a expliqué à IPS, Mwangi S. Kimenyi, le directeur de l'Initiative pour une croissance en Afrique à 'Brookings Institution'.

    Un récent sondage effectué par Afrobaromètre, une organisation indépendante de recherche, indique que près de la moitié des Africains se considèrent encore comme étant pauvres. Sur la base des sondages réalisés dans 34 pays, l'enquête montre qu'au moins 20 pour cent des Africains ressentent toujours la privation par rapport à leurs besoins les plus fondamentaux tels que la nourriture, l'eau et les médicaments.

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