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ETATS-UNIS: Déblocage de 10 millions pour les réfugiés maliens avant de négocier pour une intervention

    By Carey L. Biron

    WASHINGTON, 13 juil (IPS) – Le président Barack Obama a autorisé jeudi le décaissement de 10 millions de dollars en fonds d'urgence pour aider dans la crise des réfugiés due à la poursuite des violences dans le nord du Mali, en réponse aux avertissements que les efforts humanitaires internationaux risquaient de s’épuiser dans les prochains mois.

    Cette démarche vient pendant que des centaines de milliers de Maliens sont encore déplacés de leurs maisons au milieu d'une quasi-guerre civile suite à un coup d’Etat opéré en mars qui a abouti à un vide politique.Selon les statistiques les plus récentes, on estime que près de 230.000 Maliens ont fui vers les pays voisins, l'Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger en plus de quelque 155.000 personnes qui sont déplacées à l'intérieur du Mali.Cette aide américaine sera acheminée à travers le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). L’ONU a lancé un appel pour 153 millions de dollars d'aide pour la crise des réfugiés au Mali, mais n'ont reçu à ce jour que 22 pour cent de ce montant."Nous avons dit que si nous n'avions pas reçu un financement supplémentaire d'ici à la fin de septembre, il allait y avoir une catastrophe", a déclaré à IPS, un représentant du bureau du HCR à Washington, sous couvert d'anonymat."Alors, ces 10 millions de dollars sont énormément nécessaires. En raison de la limitation des fonds, le HCR se concentre actuellement sur la protection et le sauvetage immédiat des vies, offrant des services humanitaires limités. La plupart des réfugiés vivent avec des allocations quotidiennes d'eau en dessous des normes d'urgence".Le financement américain n'est pas affecté à un usage ou un groupe de réfugiés particulier, et vient en complément des 17 millions de dollars promis plus tôt par les Etats-Unis.Dans la foulée du coup d'Etat de mars, plusieurs groupes armés ont pris le contrôle d'une grande partie de la vaste région du nord du pays. Les deux groupes les plus remarquables sont le groupe islamiste Ansar Dine, suspecté d'être affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique et une armée séparatiste touarègue, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).A la fin de mai, un mois après l’annonce de la séparation du nord du Mali par le MNLA, les deux groupes sont entrés dans une alliance branlante qui comprenait l'imposition de la charia (la loi islamique).Une grande partie des violences qui ont suivi ont été imputées à Ansar Dine, y compris certains des actes qui font le plus la 'une' des journaux. Ces dernières semaines, par exemple, les combattants d’Ansar Dine ont à plusieurs reprises ciblé les bâtiments et objets d’art protégés par les Nations Unies, renforçant les comparaisons faites par des analystes internationaux entre le Mali et l'Afghanistan sous les Talibans.Pourtant, alors que de tels actes, ainsi que les atrocités humanitaires qui se déroulent dans le nord, ont tenté d’attirer la majorité de l'attention internationale ces dernières semaines, beaucoup de personnes demandent aux Etats-Unis et autres acteurs de garder à l'esprit ce qui se passe à Bamako, où des manœuvres politiques et des accaparements du pouvoir ont créé une situation fluide et explosive.Des analystes ont à plusieurs reprises souligné que peu de choses peuvent être faites dans la stabilisation du nord du Mali tant que la situation politique dans le sud n’est pas réglée."Les récentes avancées d’Ansar Dine suscitent des préoccupations immédiates pour la communauté internationale", a indiqué à IPS, Susanne Wing, une spécialiste de l'Afrique à l’Université Haverford. "Mais nous ne devons pas oublier l'urgence d'un gouvernement stable et légitime dans le sud".En effet, lors du décaissement des fonds, le porte-parole du Conseil national de sécurité des Etats-Unis, Tommy Vietor, a demandé au gouvernement intérimaire de "produire sans délai sa feuille de route pour les élections afin que les préparatifs puissent commencer sérieusement".Vietor a également demandé au Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat, dirigé par l’armée, "de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires politiques".Tambours pour une interventionToutefois, en lieu et place de l'optimisme que la situation politique se normalisera d’elle-même sous peu à tout moment, des appels pour une intervention étrangère montent au jour le jour.Au début de cette semaine, le ministère malien de la Justice a annoncé qu'il demanderait une enquête de la Cour pénale internationale sur ce qui se passe dans le nord, y compris sur l'utilisation des enfants soldats.En effet, jeudi, la Fédération internationale des droits de l'Homme, une organisation faîtière de plus de 150 groupes, a averti que le Mali "est en train de descendre en enfer" en raison des "viols, exécutions sommaires et des pillages" qui se produisent dans le nord.Toujours jeudi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a fait l’une des déclarations les plus forets jusqu’ici sur ce qui doit être fait au Mali, estimant que "dans le nord, il y aura probablement l'usage de la force".Fabius a précisé qu'il faisait allusion à une action militaire menée par des Africains, mais a indiqué que ceci serait très probablement soutenu par des forces internationales.Jusqu'à présent, les Etats-Unis et le Conseil de sécurité de l’ONU se sont publiquement opposés à la négociation pour une participation de l'Occident à une intervention militaire au Mali.Le 5 juillet, le Conseil de sécurité avait adopté une résolution demandant aux deux regroupements régionaux, l'Union africaine et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l’ouest (CEDEAO), de parvenir à un document expliquant les grandes lignes d'une "force de stabilisation" d’ici à la fin de juillet.

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