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ETHIOPIE: "D’importants progrès vers l’amélioration des moyens de subsistance"

    By Mekonnen Teshome*

    ADDIS ABEBA, 2 mars (IPS) – L'Ethiopie déclare que la croissance économique à deux chiffres qu'elle a enregistrée au cours des sept dernières années a commencé à profiter à la majorité des gens du pays en augmentant leurs revenus et la productivité dans l'agriculture et les petites entreprises.

    Bien que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale disent que le pays a enregistré 8,7 pour cent de croissance du produit intérieur brut (PIB), le gouvernement affirme que l'économie a progressé de 11,4 pour cent.

    Cependant, le pays a été déclaré la deuxième économie à croissance plus rapide en Afrique pour 2011, après le Ghana, dans le rapport économique annuel de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA).

    Dans le passé, l'Ethiopie a fait la manchette des journaux pour avoir enregistré certaines des pires situations de famine en Afrique, et pour ses mauvais indicateurs de santé – elle a affiché l'un des taux les plus élevés de mortalité maternelle dans le monde. En 2005, 871 femmes étaient mortes pour 100.000 naissances vivantes.

    Mais cela change lentement puisque le gouvernement a fait des progrès dans la fourniture de services sociaux tels que la santé, l'éducation et les infrastructures.

    "En 2010, l'Ethiopie a continué d'enregistrer la croissance la plus rapide, comme elle l’a fait pour les cinq années précédentes. La croissance du PIB en 2010 est demeurée forte pour être à 8,8 pour cent. Cette croissance est soutenue par le secteur des services (14,5 pour cent), suivi des secteurs industriel (10,2 pour cent) et agricole (six pour cent)", indique le rapport de la CEA.

    Dans une interview exclusive accordée à IPS, le secrétaire d'Etat chargé des affaires de communication du gouvernement, Alemayehu Ejigu, a déclaré que l'Ethiopie a enregistré une croissance remarquable en augmentant la production des principales cultures, de 11,9 pour cent en 2005 à 18,08 pour cent vers la fin de 2010. La vie des gens change pour le meilleur dans les zones rurales et urbaines grâce aux installations sanitaires et au développement des infrastructures, a-t-il dit.

    Ejigu a attribué ce succès à la mise en œuvre efficace du 'Growth and Transformation Plan' (Plan national de croissance et de transformation – GTP) sur cinq ans. Il a indiqué que le GTP du pays pour la période 2011-2016 permettrait à l'Ethiopie de rejoindre le groupement des pays à revenu intermédiaire.

    Ejigu a également affirmé à IPS que le gouvernement a prévu des opportunités de création d'emplois par la construction de 73.000 kilomètres de routes rurales. "Cela créerait une opportunité pour les agriculteurs de transporter facilement les produits agricoles au marché", a souligné Ejigu.

    Abeba Bezu, un consultant des affaires économiques à Addis Abeba, a dit que dans le cadre du plan ambitieux du pays pour un développement accéléré et soutenu pour mettre fin à la pauvreté, le gouvernement avait réduit la pauvreté de 38,7 pour cent en 2005 à 31 pour cent cinq années plus tard.

    "Bien qu’étant aux prises avec une grande population estimée à 82 millions d’habitants, faisant de lui le deuxième pays le plus peuplé en Afrique subsaharienne, il y a eu d’importants progrès vers l'amélioration des moyens de subsistance. Il y a un développement remarquable".

    Toutefois, le professeur assistant Teshome Adugna, au Département d'économie de la 'Ethiopian Civil Service University', a prévenu que parce que le PIB considère la valeur du marché des biens et services, il ne peut pas être un bon instrument pour afficher la croissance réelle du pays, étant donné les mauvais systèmes de traitement et de gestion des archives de l’Ethiopie.

    "Puisque le rapport sur le PIB ne fournit pas d'informations sur qui produit combien, il est difficile de savoir comment les citoyens bénéficient de la croissance annoncée", a-t-il déclaré.

    Adugna a qualifié la croissance de l'Ethiopie de "large", qu'il a attribuée à la croissance des secteurs agricole, industriel et des services.

    "Bien sûr, nous ne devons pas espérer mettre fin au chômage en milieu urbain de si tôt", a-t-il souligné.

    "Je peux affirmer que beaucoup de gens bénéficient de la croissance économique en Ethiopie, mais je ne dirais pas que la vie de la majorité s'est améliorée. Il nous faut du temps pour réaliser le développement social qui peut changer la vie de la majorité".

    Il y a dix ans, seulement deux-tiers des Ethiopiens avaient accès aux services de soins de santé, laissant 68 millions d’autres personnes à travers les vastes zones rurales dans un besoin terrible.

    "Depuis 2004, le ministère de la Santé a élargi l'accès aux soins de santé à travers le 'Health Extension Programme' (Programme de vulgarisation sanitaire – HEP), qui cible la population rurale", a déclaré Amanuel Ayalew, un agent de santé bénévole dans le nord de l'Ethiopie.

    En conséquence, le rapport national sur l'Ethiopie publié par le Département pour le développement international (DFID), le service du gouvernement britannique chargé de la promotion du développement et de la réduction de la pauvreté, a révélé que l'impact du programme de santé est remarquable puisque le HEP atteint neuf millions de ménages. Le DFID dépensera en moyenne 524 millions de dollars par an en Ethiopie jusqu'en 2015.

    Avec plus de 35 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide contre le paludisme, il y a eu une réduction de 73 pour cent des cas de la maladie. Ceci, couplé avec un programme de vaccination massive et conséquente pour les enfants de moins de cinq ans contre les maladies mortelles, a entraîné une réduction significative de 62 pour cent des décès dans cette tranche d'âge dans les villages qui ont accès au HEP.

    Aujourd’hui, il y a environ 1,4 million de femmes de plus sous contraceptifs qu'il y en avait en 2005, et le taux brut de scolarisation dans le primaire est passé de 91,3 à 96 pour cent entre 2005 et 2010.

    Toutefois, des défis restent.

    "En dépit d'une croissance économique constante à deux chiffres au cours des cinq dernières années, avec des analystes économiques projetant une croissance tout aussi impressionnante, une croissance durable et la réduction de la pauvreté demeurent un défi", a indiqué Bezu.

    La majorité des pauvres dans les zones rurales sont toujours aux prises avec des changements climatiques sévères et sont encore très prédisposés à la sécheresse.

    C’est une situation que le gouvernement reconnaît en partie.

    "Quand nous disons que le pays se développe, cela ne signifie pas que tous les citoyens n'ont pas de problème. Même aux Etats-Unis, il y a des gens qui reçoivent de l'aide alimentaire", a souligné Ejigu. Il a cependant ajouté que personne ne mourrait de faim puisqu’il n'y aurait pas de pénurie alimentaire dans le pays.

    * Avec un reportage supplémentaire de Miriam Gathigah à Nairobi.

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