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ETHIOPIE: Des appareils d’IRM pour faire du bien et réaliser un bénéfice

    By James Jeffrey

    ADDIS-ABEBA, 22 avr (IPS) – Depuis un moment, les appareils d'Imagerie par résonance magnétique (IRM) sont généralement devenus un luxe que les hôpitaux publics et privés en Ethiopie se ont battu pour acheter en vue d’un usage interne.

    Addis-Abeba, la capitale éthiopienne avec une population sans cesse croissante de l'ordre de 3,8 millions d’habitants, dispose actuellement de quatre appareils d’IRM fixes seulement qui offrent des services à 30 hôpitaux publics et privés, indique Zelalem Molla, un chirurgien basé à Addis-

    Abeba.

    En dehors de la capitale, il existe seulement deux appareils IRM. Mais les six scanners – dans ce pays de la Corne de l'Afrique d’environ 92 millions d’habitants – sont démodés et loin derrière le virage technologique en Occident.

    "Ce serait faux d’affirmer que l'appareil d’IRM mobile permettrait de sauver des vies", déclare Zelalem, dont la discussion à l’heure du déjeuner avec l'entrepreneur américain Peter Burns III sur la pénurie de scanners a suscité une idée d'entreprise.

    Mais, note Zelalem, plusieurs appareils d’IRM – qui utilisent de forts champs magnétiques et des ondes radio pour produire des images de l'intérieur du corps qui peuvent être analysées sur les ordinateurs – permettraient d’une manière décisive à plus de médecins de diagnostiquer des maladies beaucoup plus tôt quand elles sont opérables et potentiellement curables.

    "Souvent, il n'est pas possible pour les médecins de diagnostiquer des maladies telles que les tumeurs jusqu'à ce qu'elles apparaissent physiquement à un stade où les chances de sauver le malade sont faibles – ou c’est trop tard", indique Zelalem à IPS.

    Cependant, les chiffres réels sur le nombre de personnes directement touchées ici par le manque d'appareils d’IRM n'existent pas.

    Dans le passé, certains Ethiopiens ont dû se rendre dans d'autres pays africains tels que le Kenya et l'Afrique du Sud, ou en Europe pour avoir des examens par scanner. Cela a même inclus Haile Gebrselassie, un coureur de fond éthiopien, qui avait l’habitude de se rendre à Munich, en Allemagne, pour des examens par scanner afin de pouvoir diagnostiquer les blessures dues à la course.

    L'Ethiopie offre techniquement des soins à tous, qui sont fournis par les hôpitaux publics. La réalité, cependant, est "qu’il n'y a pas assez d'hôpitaux et la plupart souffrent de l'insuffisance du personnel, des budgets et des machines", affirme Zelalem. Les hôpitaux privés existent, mais comme une option abordable pour très peu d'Ethiopiens.

    Et le coût d'un examen par IRM appliqué par les hôpitaux privés est un chiffre effrayant pour la plupart des Ethiopiens, dont la plupart gagnent entre 500 à 1.000 birrs (28 à 56 dollars) par mois.

    L'ampleur de la demande dans les hôpitaux publics pour des examens gratuits par IRM signifie que les malades peuvent être laissés avec le choix de devoir attendre et de risquer leur santé, ou de réunir des fonds pour payer un examen par scanner dans un hôpital ou établissement privé.

    De telles lacunes dans les soins de santé en Ethiopie sont des sujets de préoccupation pour le gouvernement et plusieurs ONG puisque trois des huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) pour 2015 sont focalisés sur les soins de santé, se concentrer sur la réduction de la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle ainsi que combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies.

    Mais des gens comme Burns profitent de ces lacunes pour faire du bien tout en faisant un profit au même moment.

    "Ce projet représente la plus grande forme d’exploit édifiée par le mantra: 'Faire bien en faisant du bien'", déclare Burns, qui est basé à Addis-Abeba comme un prétendu "ExPatrepreneur".

    Burns décrit le projet comme étant destiné à fournir au pays des scanners en tant qu’entreprise à but lucratif ayant un volet caritatif.

    "Nous offrirons au total 25 pour cent de nos examens par scanner gratuitement à ceux qui sont incapables de payer pour cela", souligne Burns.

    Jusqu'à présent, Burns dit qu'il amènera uniquement un seul appareil IRM mobile à Addis-

    Abeba et vendra ses services sur une base de paiement par examen au scanner.

    Aussi, il y a un plan pour une partie de bénéfices pour financer une entreprise à but non lucratif appelé 'Doctors Within Borders' (Médecins à intérieur des frontières', qui vise à fournir des incitations financières pour encourager les médecins éthiopiens à rester dans leur pays, ainsi qu’à travailler dans les zones rurales reculées.

    Un service privé d’IRM antérieur à Addis-Abeba a créé un précédent pour la rentabilité, indique Zelalem. L'entreprise effectuait environ 30 examens par scanner par jour – un examen par IRM coûte généralement entre 115 et 150 dollars pour la réalisation et le traitement des images – faisant au total des recettes annuelles de plus d'un million de dollars. Toutefois, ce scanner est fixe et les malades sont transportés vers lui à partir de divers hôpitaux à travers la ville.

    "[Dans une économie en développement] l'accent d'un gouvernement sur la stabilité du marché financier et les questions de sécurité peuvent faire que les problèmes de santé restent sur la touche", explique à IPS, Alayar Kangarlu, qui dirige le groupe de physique et d'ingénierie au centre de recherche sur l’IRM à l'Université de Columbia, à New York. Dans le même temps, cela crée une ouverture pour l'entreprise privée, note-

    t-il.

    Et la génération d’un résultat financier sain peut avoir un rôle bénéfique dans la fourniture des soins de santé, estiment certaines personnes.

    "Les ONG humanitaires qui fournissent des soins de santé se battent généralement pour la durabilité et opèrent de subvention en subvention", déclare à IPS, un travailleur dans le secteur de la santé en Ethiopie, qui a requis l’anonymat en raison des engagements de travail actuels.

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