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ETHIOPIE: Une nouvelle variété de blé pour combattre les maladies du blé

    By Omer Redi

    GADAB ASSASSA, Ethiopie, 24 sep (IPS) – Comme la plupart des agriculteurs en Ethiopie, Jundi Hajji s'attendait à ce que le bénéfice obtenu de sa récolte de blé suffise pour nourrir sa famille de huit personnes jusqu'à la prochaine récolte dans presqu'un an.

    Mais, à la suite d'une épidémie de rouille jaune du blé à travers le pays et sur sa ferme, il est préoccupé par la façon dont sa famille survivra si la rouille détruit toute sa récolte. (La rouille jaune du blé rabougrit et affaiblit la plante et peut parfois tuer tout un champ de blé.)Hajji possède une ferme de cinq hectares de blé dans le village de Qawa, à Gadab Assassa, un district rural au cœur de l'Ethiopie centrale, productrice de blé. Il est l'un des millions d'agriculteurs dont les plantations sont gravement touchées par la rouille jaune du blé. Hajji récoltait habituellement jusqu'à six tonnes de blé par hectare dans les années précédentes. "Cette fois, j’ai peur que nous finirions par nous retrouver sans récolte", a déclaré Hajji à IPS.L'épidémie de rouille jaune du blé a atteint toutes les régions productrices de blé de l'Ethiopie, couvrant plus de deux millions d'hectares de terre, et elle occasionnera une perte de plus de 50 pour cent sauf si les fermes sont pulvérisés de produits chimiques dans quelques semaines, a indiqué Solomon Gelalcha, directeur du Centre de recherche agricole de Qulumsa, l'une des organisations sous l'Institut de recherche agricole de l’Ethiopie.Mais cette épidémie survient à un moment où l'Ethiopie vient de mettre au point deux nouvelles variétés de blé qui selon les chercheurs sont durables contre toute maladie du blé. Malheureusement, ces nouvelles variétés ne sont pas disponibles pour l’usage public pour le moment. Ces variétés, qui ne sont pas encore officiellement nommées, sont résistantes aux multiples agents pathogènes actuels tueurs du blé et aux éventuels futurs agents pathogènes de la rouille jaune, de la rouille de la tige et des feuilles du blé, affirment les chercheurs.Ces variétés ont été développées par des chercheurs à Qulumsa à travers une nouvelle approche appelée "Résistance durable à la rouille du blé", a déclaré Gelalcha. La dernière approche est axée plus sur le renforcement de la durabilité des nouvelles variétés de blé contre n’importe quelle maladie du blé. Le modèle précédent a donné aux variétés une "résistance verticale" à une seule maladie, et elles sont facilement vaincues par de nouvelles maladies ou lorsque la maladie à laquelle elles sont résistantes a connu une mutation."A cause de la réaction naturelle gène-pour-gène (de l'agent pathogène à l'hôte/la variété de blé), la résistance prend fin lorsque le photogène évolue ou mute", a expliqué Gelalcha. "Mais la nouvelle approche de résistance horizontale donne au blé des gènes multiples qui se complètent mutuellement face aux différents agents pathogènes".L'effet cumulatif ou additif dans la "résistance horizontale" fera que les maladies mettront beaucoup plus de temps pour détruire le blé, si tant est qu'elles le font. En ce moment, le blé sera prêt pour la récolte, a indiqué Gelalcha.Ces variétés se sont avérées résistantes à la rouille jaune, à la rouille de la tige et des feuilles lorsqu'elles ont été expérimentées sur les fermes du centre de recherche. Toutefois, les nouvelles variétés doivent encore être approuvées par le Comité d'autorisation des semences du ministère de l'Agriculture avant de pouvoir atteindre finalement les agriculteurs. L'autorisation et les processus de propagation et de multiplication subséquents durent normalement des années.Mais les fermiers du pays ne peuvent pas attendre aussi longtemps. "L'état de la récolte de blé en Ethiopie cette année n'est pas du tout bonne", a déclaré Gelalcha à IPS. "En raison de l'apparition précoce de la saison des pluies des mois plutôt, des spores de la rouille (des particules qui causent la rouille jaune du blé) ont été accumulées dans presque toutes les régions productrices du blé".La plupart de ces régions se situent dans les parties de moyenne et haute altitude du pays, ce qui les rend très vulnérables à la rouille jaune. Pendant que Gelalcha estime la perte de récolte à plus de 50 pour cent, sauf si des produits chimiques sont pulvérisés d'urgence, d'autres pathologistes craignent que cette perte puisse atteindre 90 pour cent.Jusqu'à présent, le gouvernement a pulvérisé quelques fermes privées et toutes les fermes d'Etat. La plupart des agriculteurs doivent payer pour que leurs fermes soient traitées. Afin de sauver son blé, Hajji a payé 150 dollars pour que 2,5 litres de produits chimiques soient pulvérisés deux fois sur sa ferme. Mais il n'est pas sûr que cela sauvera sa culture. Il verra les résultats en octobre, lorsque la culture arrivera à maturité.La plupart des agriculteurs ne peuvent pas acheter les produits chimiques. Et s'ils le peuvent, les approvisionnements en produits chimiques ont été maigres, se plaignent les fermiers. Mais, Dr Abera Derressa, vice-ministre de l'Agriculture, a dit à IPS que le gouvernement vient d'importer des produits chimiques, à plus de 1,2 millions de dollars, qui sont arrivés le 13 septembre. "Il y aura une perte mineure mais maintenant que les produits chimiques sont disponibles, nous pouvons sauver une grande partie de notre récolte", a déclaré Derressa.En attendant, Qulumsa tente d’émettre les nouvelles variétés de blé avant qu’elles ne soient officiellement autorisées. Le centre espère que d'ici à 2011, au moins cinq pour cent des agriculteurs auront accès au nouveau blé."Mais nous suivons maintenant une approche différente. Contrairement à un quintal (environ 100kgs) dans le passé, nous avons maintenant fourni aux propagateurs privés et publics de semences 18 à 28 tonnes [de blé] que nous avons développé grâce à l'agriculture irriguée. De même, ils sont censés multiplier et fournir aux agriculteurs ces variétés à un rythme plus rapide que par le passé", a confié Gelalcha à IPS.Même de cette façon, les nouvelles variétés n’atteindront qu’une petite partie des producteurs de blé pour la prochaine récolte, qui est dans un an presque."A la prochaine récolte, au moins cinq pour cent des fermiers recevront les nouvelles variétés", a affirmé Gelalcha. Et si les millions d'agriculteurs, comme Hajji, survivent à la présente épidémie, ils auront la chance d'être parmi les cinq pour cent qui recevront les nouvelles variétés l'année prochaine.

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