Home » Afrique, Developpement, Droits de L'Homme, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

FORUM SOCIAL MONDIAL: La pauvreté n’a pas de frontières

    By Andrea Lunt

    NEW YORK, 5 fév (IPS) – C’est la terre de la liberté, des lumières et des hamburgers, où des entrepreneurs audacieux arrivent de toute la planète pour chercher fortune et célébrité. Les Etats-Unis ont été un symbole d’espoir depuis des siècles, mais derrière cette vision de richesse et de merveille, se trouve une histoire souvent inédite.

    La sécurité alimentaire, l’absence des droits à l’eau et le chômage pouvaient sembler être le genre de problèmes qui relèvent d’un pays en développement, mais ils sont aussi des problèmes bien prouvés ici sur la "terre de la liberté".

    Pendant que les organisations de base se préparent pour le Forum social mondial (FSM) de cette année, qui démarre ce dimanche 6 février au Sénégal, les ONG américaines exhortent les dirigeants politiques à se souvenir des luttes sociales qui ont lieu à travers le globe, que ce soit dans la banlieue de Détroit (Etats-Unis), ou au sein de la communauté de Dakar, la capitale sénégalaise.

    "A certains égards, il y a dans le monde cette idée fausse selon laquelle, parce que nous vivons aux Etats-Unis, nous ne sommes pas confrontés à la pauvreté, mais elle est réelle, notamment au Michigan", a déclaré Oya Amakisi, une activiste social qui participe au FSM cette année.

    "Nos vies sont très précaires en ce moment même. Un pourcentage énorme de personnes n’en parlent pas, mais il y a des gens en costumes trois pièces qui vivent dans des voitures", a-t-elle indiqué à IPS.

    Amakisi faisait partie des organisateurs du Forum social régional américain (USSF) de l’année dernière, qui a réuni jusqu’à 20.000 participants venus du monde entier pour une conférence de cinq jours à Détroit.

    Elle est aussi affiliée à l’initiative 'De Détroit à Dakar' (D2D) qui a été lancée pour mettre en exergue les comparaisons entre les luttes sociales en Amérique du nord et dans les pays en développement d’Afrique.

    Amakisi a déclaré qu’elle espérait que le prochain FSM serait un lieu où les activistes peuvent se réunir pour partager des expériences et proposer des solutions, pas pour discuter seulement des problèmes.

    "Nous voulons vraiment apprendre comment créer un changement et une transformation effectifs à long terme. Un autre monde est possible…, ceci n’est pas notre seule option; lutter chaque jour n’est pas notre seule option, essayer de comprendre si nous pouvons nous trouver un logement et nourrir nos enfants ne devraient pas être notre seule option".

    "Comment pouvons-nous obtenir les choses essentielles – la nourriture, l’eau, l’abri, le respect, la sécurité, l’éducation. La seule chose dont nous avons besoin, c’est d’être traités comme des êtres humains et de faire entendre notre voix sur la façon dont on s’occupe de nos vies".

    Participe également au FSM de cette année un collaborateur ami de D2D, William Copeland de 'East Michigan Environmental Action Council' (Conseil d’action environnementale de Michigan de l’est – EMEAC).

    En tant que coordonnateur de la jeunesse, Copeland voit tous les jours les luttes auxquelles sont confrontées de nombreuses familles à Détroit, qui était l’une des villes les plus durement touchées par la crise financière mondiale.

    Comme la plupart des communautés en Afrique, il a expliqué que les citoyens de Détroit ont été obligés de défendre de pareilles choses comme les droits fonciers, la sécurité alimentaire et l’accès équitable à l’eau.

    "Il est quatre à cinq fois plus facile d’avoir un magasin de vins et spiritueux ou un restaurant fast-food que d’avoir n’importe quelle aliments frais nutritifs… en ce moment même, les gens cultivent la nourriture sur des terrains abandonnés et dans des arrière-cours" a-t-il expliqué à IPS. "Il y a également beaucoup de luttes sur la propriété et l’accès à l’eau".

    A la suite de l’USSF de l’année dernière, des groupes communautaires de Détroit ont lancé de nouveaux programmes visant à résoudre les problèmes sociaux auxquels la ville est confrontée.

    Ceux-ci comprennent la 'Detroit Digital Justice Coalition' (Coalition pour la justice numérique de Détroit), qui exploite les médias et les moyens de communication pour aider les personnes sans emploi à développer des compétences entreprenariales, et le 'Detroit Food Justice Task Force' (Groupe de travail pour la justice alimentaire de Détroit) qui vise à reconstruire la chaîne alimentaire de la ville en vue de soutenir plus de fermiers locaux et de fournir un accès plus facile aux aliments sains.

    Bien que ces programmes aient autonomisé les citoyens de Détroit, Nunu Kidane, de 'Priority Africa Network' (Réseau priorité Afrique), basé en Californie, a affirmé que la délégation de D2D au FSM voudrait apprendre d’autres modèles de développement communautaire auprès des collègues activistes du monde entier.

    "Des alliances doivent être bâties et la solidarité doit être bâtie si nous voulons avoir une solution alternative au problème de la pauvreté dans les différentes parties du monde", a-t-elle souligné.

    "Les gens ont toujours cette idée selon laquelle l’Afrique est l’endroit nécessiteux et que nous devrions envoyer de l’argent, envoyer de l’aide. Mais nous essayons de faire le parallèle selon lequel aux Etats-Unis, il y a aussi des poches de pauvreté qui font honte à d’autres pays, et qu’en Afrique, il y a différentes régions où les gens sont très riches", a-t-elle ajouté.

    Le FSM a été lancé au Brésil en 2001 comme un espace apolitique, non-partisan pour un débat d’idées démocratique.

    Kidane a indiqué que bien que le forum ait été confronté à des critiques comme un débat creux, il est encore l’une des plus importantes tribunes pour les leaders communautaires de faire entendre leurs voix.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa