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FORUM SOCIAL MONDIAL: Plaidoyer pour une éducation inclusive pour tous

    By Koffigan E. Adigbli

    DAKAR, 7 fév (IPS) – La Coalition en synergie des organisations de défense de l’école publique au Sénégal (COSYDEP) a tenu, mardi à Dakar, une réunion sur l’éducation inclusive, soulignant l’urgence de garantir l’accessibilité de l’école pour tous les enfants du Sénégal et des pays en voie de développement.

    Cheikh Mbow, coordonnateur de la COSYDEP, qui tenait cette rencontre dans le cadre du Forum social mondial (FSM) organisé depuis dimanche dans la capitale sénégalaise, affirme que des milliers d’enfants sénégalais sont toujours exclus du système scolaire, alors que c’est leur droit d’être instruits.

    «Il faut que les choses changent. Les enfants ont droit à l’éducation, nous devons tout faire pour qu’ils aillent à l’école. Ils ne doivent plus rester dans les rues comme nous le voyons ici à Dakar», déclare-t-il. «Ils ne doivent plus mendier ou accompagner leur parent non-voyant ou sourd-muet à travers les quartiers. Les autorités de nos pays doivent prendre à bras le corps ce problème pour qu’on ait dans le futur des cadres pour notre développement», ajoute-t-il.

    Mbow a plaidé également pour la gratuité de l’école, seul gage, selon lui d’une massification des effectifs dans les écoles.

    Absatou Traoré, la représentante d’Aide et Action, une organisation non gouvernementale (ONG) intervenant dans le domaine de l’éducation, a souhaité que les autorités des pays du Tiers monde s’investissent davantage dans l’éducation, notamment dans celle des enfants issus des couches vulnérables.

    «En encourageant les parents à instruire leurs enfants dans les écoles où la scolarité est gratuite, nos autorités luttent sans le savoir contre le banditisme des jeunes. Parce que les enfants non instruits deviennent pour la plupart des délinquants ou des dangers pour la société», explique-t-elle.

    Les enfants qui ont pris part à la rencontre ont souligné les violences de toutes sortes dont ils sont victimes. Les enfants ont établi une liste incluant notamment la pauvreté, les violences corporelles, et d’autres freins sociaux qui sont des handicaps pour eux, insistant qu’ils aspirent à une éducation inclusive et achevée.

    Ami Konté, une fillette de 11 ans, élève à l’école primaire de Guinauw Rails, une banlieue lointaine de Dakar, qui a participé à la rencontre, affirme que les enfants ont aussi des droits que les adultes doivent respecter.

    «Nous avons droit à l’éducation, à la nourriture, à l’habillement et à la santé. Nous n’avons pas demandé à venir sur cette terre, alors nos droits ne doivent pas être bafoués. La gratuité de l’école ne peut que nous aider, nous les enfants dont les parents sont pauvres», ajoute-t-elle.

    Louis Sagna, 13 ans, un autre élève ayant pris part à la rencontre, venu de la Casamance, dans le sud du Sénégal, a plaidé pour le désenclavement de certaines localités afin que les écoles soient plus proches des maisons.

    «Pour aller à l’école, je fais plus de cinq kilomètres à pied. Je souhaite que les établissements scolaires ne soient pas loin de nos maisons», indique-t-il.

    Alioune Diop, vendeur de divers au marché de Grand-Dakar, une banlieue de Dakar, estime qu’une éducation inclusive ne peut que profiter aux parents pauvres. "Lorsque je sais que mes enfants iront à l'école sans payer de scolarité, je ne peux que m'en réjouir. Cela va me motiver à les mettre dans des conditions un peu plus acceptables", explique-t-il à IPS."J'ai huit enfants, mais seuls deux vont à l'école. Je n'ai pas d'argent pour les mettre tous à l'école. Si on peut nous aider de ce côté-là, je ne peux que dire Dieu merci", ajoute-t-il.Selon les organisations de défense des droits des enfants, le FSM est l’occasion d’accentuer le plaidoyer à l’endroit des décideurs. Ainsi, elles comptent mettre à profit la présence des sommités nationales d’envergure internationale comme les professeurs Amadou Makhtar Mbow, ancien directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

    Ces organisations appellent également les parents à croire en l’éducation, un secteur incontournable pour le développement d’un pays.

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