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FRANCOPHONIE: Le 14ème sommet arrive dans une Afrique toujours en crise

    By Badylon K. Bakiman

    KINSHASA, 10 oct (IPS) – A quelques jours du 14ème sommet de la Francophonie, du 12 au 14 octobre à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC), le pays hôte est toujours sur le banc des accusés des organisations de défense des droits humains, en raison de graves exactions sur des populations civiles.

    Ces organisations dénoncent notamment le viol des femmes, qui continue d’être perpétré impunément dans l’est de la RDC, par des combattants de plusieurs groupes rebelles, mais aussi par des soldats de l’armée régulière.

    Les mêmes organisations dénoncent les violations des libertés démocratiques dans le pays depuis les dernières élections générales de novembre 2011, contestées par l’opposition, mais également par plusieurs groupes d’observateurs locaux et étrangers.

    Aussi, le chef de l’Etat français, François Hollande, a-t-il déclaré mardi à Paris que "la situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition".

    Mais le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a réagi vivement, estimant que cette appréciation du président Hollande "est trop hâtive, sinon excessive", et ne reflète pas la réalité du pays, ajoutant qu’il était "mal informé".

    Le sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) attend une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement dont le président français, ainsi que la participation de 75 pays ayant en commun l’usage du français dans la capitale congolaise, selon le Comité national d’organisation.

    Raymond Kitako, un responsable de l’ONG Agir pour les élections transparentes et apaisées (AETA), rappelle à IPS que "Les irrégularités qui ont émaillé les élections de novembre 2011 ont été décriées par le Centre Carter des Etats-Unis et par les observateurs de l'Union européenne".

    Face à ces irrégularités, AETA avait recommandé en avril dernier la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour que la société civile soit représentée à 70 pour cent et les partis politiques à 30 pour cent. La réforme de la CENI est l’objet de discussions actuellement au parlement, mais le gouvernement et les partis politiques rejettent les propositions de la société civile.

    Ce sommet se prépare aussi dans un contexte caractérisé par des conflits armés, dont ceux de l’est de la RDC, du nord du Mali et de la Somalie, tuant des milliers d’innocents, mais aussi par des économies fragiles avec des crises alimentaires aggravées par de récentes inondations dans plusieurs pays du Sahel.

    «Si nous ne faisons pas attention, plusieurs pays de notre continent vont connaître la balkanisation. Le cas du Soudan nous interpelle», souligne Léonard Lumeya, un député national de l’opposition en RDC. Il ajoute que les guerres africaines sont des guerres d’intérêt et elles sont, selon lui, le résultat d’une mauvaise gouvernance.

    Pour Israël Tawa, économiste et professeur à l’Université du Bandundu, dans le sud-ouest de la RDC, les pillages des ressources naturelles constituent de grandes pertes pour les économies de beaucoup de pays d’Afrique. Selon lui, le sommet ne peut pas trouver, en trois jours, de bonnes solutions aux problèmes complexes du continent africain.«Qu’est-ce que la RDC, par exemple, gagne si la guerre à l’est occasionne le vol de diamant, de cobalt, du cuivre, du zinc, du manganèse, du coltan, du bois par les différents groupes armés qui pillent ces ressources naturelles?», demande Tawa.

    En outre, citant le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté de 2011, Lumeya indique qu’avec plus de 67 millions d’habitants, «la RDC réalise seulement 45 pour cent de son produit national brut, dont 15 pour cent pour l'agriculture et 30 pour cent pour l’exploitation minière».

    Selon Jean-Baptiste Lubamba, du ministère de l'Agriculture, le pays n'arrive pas à nourrir sa population avec sa production agricole et qu’il importe environ cinq millions de tonnes de nourriture chaque année.

    A cause de la crise postélectorale en RDC, l'opposition politique avait suggéré à l'OIF de chercher un autre pays pour accueillir ce sommet, demandant aux chefs d'Etat de ne pas venir à Kinshasa, sinon ils vont cautionner la réélection contestée du président Joseph Kabila.

    Mais Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF avait répondu le 30 septembre dernier: «Il est bon d’aller à Kinshasa, dire ce que nous avons à dire et essayer aussi de travailler pour amener ce pays dans la voie qui paraît la meilleure».

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