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GHANA: Efforts insuffisants pour réduire la mortalité infantile

    By Jonathan Migneault et Jamila Akweley Okertchiri

    ACCRA, 10 mai (IPS) – Le Ghana a fait un pas important vers la réduction de son taux de mortalité des moins de cinq ans en devenant le premier pays africain à introduire deux nouveaux vaccins contre le rotavirus et la maladie à pneumocoques.

    Mais un responsable du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) dans ce pays d’Afrique de l’ouest estime que cette mesure ne suffira pas pour atteindre le quatrième Objectif du millénaire pour le développement (OMD) de réduire le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans de deux-tiers d'ici à 2015.Actuellement, 80 enfants sur 1.000 n’atteignent pas l'âge de cinq ans au Ghana. Selon l'UNICEF, la Somalie a le taux le plus élevé de mortalité infantile, 180 décès pour 1.000 naissances vivantes, tandis que la Suède et la Finlande ont le taux le plus bas estimé à trois décès pour 1.000 naissances vivantes. Afin d'atteindre le quatrième OMD, le Ghana devrait réduire son taux de mortalité des moins de cinq ans à 40 décès pour 1.000 naissances vivantes."Le Ghana fait beaucoup, mais je ne pense pas que ce soit assez", a déclaré Dr Anirban Chatterjee, directeur de la santé et la nutrition à l'UNICEF au Ghana. Il se référait aux efforts de ce pays avec les nouveaux vaccins et la campagne du Service de santé visant à sensibiliser les mères sur la nutrition. "Je pense qu'il y a certainement une possibilité et la nécessité de plus d'amélioration".Le rotavirus et la maladie à pneumocoques sont les principales causes de diarrhée et de pneumonie chez les jeunes enfants ghanéens. Ensemble, elles représentent près de 25 pour cent de mortalité des moins de cinq ans et sont seulement derrière le paludisme en tant que principales causes de décès des enfants dans le pays.Maintenant, les vaccins contre le rotavirus et la maladie à pneumocoques sont à la fois administrés aux jeunes enfants avant qu'ils n'atteignent l'âge de quatre mois. Cette mesure est en train d’être introduite dans l'ensemble du pays et dans les principaux hôpitaux à Accra, la capitale ghanéenne.

    L'Alliance GAVI, un partenariat public-privé en santé à travers le monde, a aidé à financer ces vaccins, qui seront disponibles gratuitement pour tous les enfants ghanéens. Plus de 400.000 enfants dans ce pays de 25 millions d’habitants sont censés être vaccinés contre les deux maladies.Les deux nouveaux vaccins sont censés prévenir 12.000 décès liés à la pneumonie et 10.000 autres décès dus à la diarrhée, a indiqué Dr Antwi Adjei, directeur du programme élargi de vaccination au Service de santé du Ghana.Le 26 avril, le ministre de la Santé du Ghana, Alban S.K. Bagbin, a déclaré, dans un communiqué de presse, que les nouveaux vaccins donneraient à ce pays le coup de pouce supplémentaire dont il a besoin pour atteindre le quatrième OMD d'ici à 2015.Mais pour l'UNICEF, les efforts visant à améliorer la santé nutritionnelle des enfants et à leur fournir des vaccinations, doivent se faire en tandem afin de réduire le taux de mortalité des moins de cinq ans. Chatterjee a expliqué que la malnutrition peut parfois doubler ou tripler les chances de mourir d'une condition comme la diarrhée ou la pneumonie."Les enfants malnutris sont plus susceptibles de contracter la maladie, d’en développer des formes graves, et aussi d’en mourir", a-t-il souligné.L'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie d'un enfant est la seule façon de prévenir la malnutrition dans cette période cruciale. L'UNICEF a fait la promotion de cette pratique parce qu'elle aide également à créer l'immunité contre les maladies meurtrières de la petite enfance, telles que la pneumonie et la diarrhée.Au Ghana, 63 pour cent des enfants sont exclusivement allaités pendant cette période, ce qui est relativement élevé par rapport à d'autres pays en développement. Cependant, beaucoup de femmes n'allaitent pas leurs enfants parce qu'elles ne sont pas conscientes des avantages, ou qu'elles travaillent dans un environnement – tel que le secteur informel – où il est difficile de le faire.Adjei a déclaré que le Service de santé du Ghana a une coopération régulière entre les départements tels que ceux des vaccinations et la nutrition. Les différents départements du service se réunissent actuellement pour la Semaine de promotion de la santé de l'enfant afin de développer de nouvelles stratégies et de nouveaux programmes relatifs à la santé de l'enfant.Un grand défi pour le Service de santé du Ghana sera d'atteindre tous les enfants avec les vaccins contre le rotavirus et la maladie à pneumocoques. Environ 87 pour cent des enfants de moins d’un an au Ghana ont été vaccinés contre la tuberculose, la poliomyélite, le tétanos, l'hépatite B, la rougeole et plusieurs autres maladies infantiles. Mais, il s'est avéré difficile d’atteindre les 13 pour cent restants."Partout où se trouve une personne, nous avons une responsabilité de l’atteindre et de la vacciner", a déclaré Adjei. "La hausse des coûts fait également que cela est de plus en plus difficile".Certaines communautés isolées situées autour du lac Volta, dans le centre du Ghana, par exemple, ne peuvent être atteintes que par barque. Il est beaucoup plus coûteux pour le Service de santé du Ghana d’atteindre ces petites communautés que de desservir les populations urbaines.Un petit nombre de Ghanéens ne fait pas les vaccinations en raison de croyances religieuses ou traditionnelles. Adjei a indiqué, par exemple, que le dialecte local Twi n'a qu'un seul mot pour "médecine", et il ne fait pas de distinction entre les vaccins préventifs et les médicaments utilisés pour traiter les maladies. Il a affirmé qu'il est difficile de surmonter de telles croyances."Heureusement pour nous, ce sont des cas isolés", a-t-il dit.L’Hôpital général d’Accra était l'un des premiers établissements à offrir des vaccins dans la capitale le vendredi 4 mai. Environ 40 mères étaient rassemblées dans l'hôpital avec leurs nourrissons pleurant au dos, et attendaient leur tour pour faire vacciner leurs enfants.

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