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GHANA: La mort du président pourrait conduire à l’unité nationale

    By Portia Crowe

    KUMASI, Ghana, 27 juil (IPS) – La mort du président John Atta Mills donnera à réfléchir sur la politique nationale dans les mois précédant les élections de décembre 2012 au Ghana, selon le secrétaire exécutif du Réseau ouest-africain pour l'édification de la paix (WANEP), Emmanuel Bombandey.

    Il a déclaré que cet événement dissipera probablement la caractéristique des agressions interpartis de la politique ghanéenne, et ne conduira pas à l’instabilité ou à la violence.Selon certains experts, cela constitue en lui-même une histoire de succès."Au cours de ces dernières années, les transitions ont été un problème dans de nombreux pays africains, et elles le sont encore", a souligné à IPS, Emmanuel Akwetey, le directeur exécutif de l'Institut pour la gouvernance démocratique au Ghana."Pour un pays qui a un passé d’interventions militaires et d'instabilité politique… il n'y a rien eu comme un vide de pouvoir, notamment au sommet", a-t-il dit. "Quelqu'un pourrait agir par nervosité ou opportunisme".Cependant le vice-président du Ghana, John Dramani Mahama, a prêté serment en tant que président quelques heures après le décès de Mills le 24 juillet.

    Bien que certaines questions aient été soulevées quant à savoir celui qui deviendra le porte-flambeau du parti au pouvoir, le Congrès national démocratique (NDC), et comment la sélection sera faite, le professeur Kwame Ninsin, un enseignant des sciences politiques à l'Université du Ghana, a affirmé que cela ne créerait pas un vide du pouvoir."Je ne pense pas que ce soit insurmontable. C'est une situation que je suis sûr que la direction du parti est capable de gérer efficacement", a-t-il affirmé.Il a ajouté que le succès du parti repose plus que sur le visage de sa direction."Les élections sont organisées ou non en fonction de la capacité organisationnelle du parti concerné, et je voudrais croire que le NDC est suffisamment préparé pour soutenir son candidat à la présidentielle pour gagner une élection".Une stabilité enracinée dans des institutions solidesPour la plupart, a déclaré Bombandey du WANEP, la transition au Ghana a été considérée comme une histoire de succès, principalement du fait de la force de ses institutions."Je ne m'attends pas à une forme quelconque d'instabilité et cela devrait témoigner de la bonne marche de la gouvernance du pays et de la constitution", a-t-il indiqué à IPS. "Nous allons continuer avec des élections présidentielles pacifiques", a-t-il ajouté.Selon Ninsin, même l'armée a été "professionnalisée" au cours des années depuis l’insurrection de 1981 au Ghana, et ne constitue aucune menace à la stabilité du pays."S’il devait y avoir une menace quelconque pour la sécurité, cela se serait produit dans les premières heures suivant l'annonce du décès du président. Mais, le processus de transition s’est déroulé en douceur".Akwetey a également attribué cette transition politique relativement calme à la stabilité des institutions démocratiques émergentes du pays."Nous avons mûri de nos luttes, l’armée, les gouvernements autoritaires, les combats politiques", a-t-il affirmé."Autant l'occasion était solennelle et triste, autant c’était agréable de savoir que nous savons comment aller de l'avant et réussir dans la vie".Il a ajouté: "Nous étions capables de démontrer au monde que nous prenons au sérieux notre constitution".Selon Akwetey, l'importance de la procédure et de l'ordre est profondément enracinée dans la culture ghanéenne."Même dans les systèmes traditionnels, nous sommes un peuple dans lequel la procédure est profondément ancrée. C'est comme un code génétique", a-t-il affirmé à IPS.Kofi Owusu, un journaliste primé et directeur de la station 'Radio Ultime', à Kumasi, a déclaré que ces institutions traditionnelles, ainsi que celles démocratiques plus récentes, pourraient contribuer à une période de transition pacifique."Selon la coutume, les Ghanéens respectent les morts. Ils veulent rendre hommage à la personne décédée et c'est pourquoi Akufo Addo, le leader du parti d'opposition ('New Patriotic Party' – Nouveau parti patriotique), a suspendu sa campagne pour faire le deuil avec les Ghanéens", a-t-il indiqué à IPS.Il a dit que cela a créé une "accalmie" dans les querelles habituelles, et a ajouté que "les Ghanéens étant ce qu'ils sont, ils vont observer cela par respect". Il n’est pas sûr de la durée que cela prendrait.Une interruption des hostilitésOwusu a décrit l'état des discours politiques au Ghana avant la disparition de Mills."Le débat était juste vicieux", a-t-il dit. "Les enjeux étaient si élevés, les gens semblaient mettre tout leur moyen de subsistance sur celui qui a émergé en tant que président".Mais Bombandey a affirmé que la mort du président servira de rappel aux Ghanéens de leur identité commune, et dissuadera les partis politiques à reprendre leurs discours hostiles après la période de deuil."Comme les élections approchent, nous retomberons dans une intense activité politique, une fois le président inhumé. Mais mon estimation est qu’il faudra rappeler aux gens que nous n’avons pas besoin de revenir au niveau élevé de la rhétorique politique que nous avons connu précédemment", a-t-il déclaré à IPS.

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